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Jeudi 17 mai 2007

Et voilà, la colère est passée et elle pleure de nouveau, elle fait pitié...

Elle sait que sa colère n'était que fausseté, pour donner le change, pour rouler des mécaniques, pour dire "je suis forte, je suis gonflée à bloc" et tout ça c'est que du chiquet, du pipeau, de la daube pour adolescentes attardées...

Elle sait que la colère n'est pas bonne conseillère, qu'elle est la copine de la vengeance, de la froideur, un du blindage de série TV, elle en sait trop c'est ça le problème. Elle sait la vérité et elle sait aussi qu'elle ne peut pas juger car ce serait malhonnête.

C'est la peur qui rend les gens agressifs, c'est pire quand ils s'aperçoivent que leur colère n'est tournée que vers eux même. Elle sait juste qu'elle a le droit de détester mais que ce n'est pas son problème. Son problème est tout autre: elle sait la vérité, elle sait beaucoup trop de choses, elle voudrait n'avoir rien entendu, rien retenu.

Mais elle ne veut pas passer ce qui lui reste de vie à attendre comme une débile. Qu'elle ne veut pas être comme ça, comme ceux qui attendent toute leur vie jusqu'à l'hospice... Elle ne veut pas, ça lui fait trop peur.

Elle ne s'en donnera pas le temps mais elle ne peut pas non plus se faire lobotomiser... Alors quoi, il va falloir étirer des jours, des mois des années, pour rien pour être vieille avec son secret ? Pathétique à souhait...

Elle n'a aucun pouvoir, aucune porte de sortie ou d'entrée. A ceux qui disent, on est maître de son destin et on doit agir pour ne pas crever, elle arracherait bien la langue et la tête avec !

Elle subit les choses et elle n'y peut rien, parce qu'elle est trop trouillarde, trop flippée. Pourtant, faire ou ne pas faire, qu'est ce que ça changerait ? Au moins, pourrait-elle faire le deuil, tirer un trait, après une bonne gifle bien frappée, ça doit remettre les idées en place...

Sauf qu'elle a peur comme une damnée, qu'elle se dit qu'elle saura attendre, même des années, plutôt que de tout foutre en l'air et de passer à autre chose. C'est d'un ridicule achevé...

Plume tombée dans une flaque de pétrole

 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Mercredi 16 mai 2007
Le bonheur parfait selon vous ?
Se sentir bien, aimer et être aimée
Qu'est-ce qui vous fait lever le matin ?
En ce moment, je me le demande...
La dernière fois que vous avez explosé de rire ?
Quand j'ai entendu la dernière expression culte de JLC
Quel est votre trait de caractère principal ?
Paradoxale
Votre principal défaut ?
Trop naïve
À quelle figure historique vous identifiez-vous le plus ?
Euh....
Quels sont vos héros, aujourd'hui ? Ceux de romans ou ceux de la vie courante ?
Des gens souvent décèdés, c'est dans la mort qu'on devienne culte... et qu'on sait ce qu'on a perdu
Votre héros de fiction ?
Jennifer Love Hewitt dans Ghost Whisperer ou Patricia Arquette dans Medium
Votre voyage préféré ?
Celui que je n'ai pas encore fait
Quelle est la qualité que vous préférez chez un homme ?
Sa sensibilité et sa loyauté
Et chez une femme ?
Sa lucidité
Vos écrivains préférés ?
Marguerite Duras, Amélie Nothomb, Daniel Pennac, Voltaire, Baudelaire, Romain Gary et pleins d'autres encore...
Vos compositeurs préférés ?
Mahler et  Mozart
La chanson que vous adorez en ce moment ?
"ca" de Zazie
Votre livre culte ?
J'en ai pleins
Qu'aimeriez vous faire avant de mourir ?
Private
Votre film culte ?
La liste de Schlindler
Vos peintres préférés ?
Magritte, Renoir, Gainsborough, Delacroix, Monet, Picasso mais pas tout
Quel fut votre premier choc architectural ?
Bêtement, la Tour Eiffel
Votre boisson préférée ?
Le coca light sans caféine
Quels sont les lieux communs qui vous agacent ?
Quand on ne sait pas quoi dire à quelqu'un et qu'on parle de la météo
Que considérez-vous comme votre plus grande réussite ?
Je n'ai pas compris la question
Votre plus vif regret ?
Aucun, strictement aucun
Quel talent voudriez-vous avoir ?
Jouer du piano
Votre chef-d'Œuvre inconnu ?
Un coffre de griffonneries sans intérêt
Votre plus grande déception ?
La trahison des miens
Votre devise ?
Tomber sept fois, se relever huit...
Comment aimeriez-vous mourir ?
Violemment, vite
Quel serait votre épitaphe ?
Je suis enfin en paix
Si vous rencontriez Dieu, qu'aimeriez-vous qu'il
vous dise ?
Tu as fait ton possible, maintenant tu peux te reposer

Plume

Si vous voulez vous aussi y répondre, copiez les questions et renvoyez moi les réponses dans ma bal, ça me fera plaisir.

plumepismoi@wanadoo.fr

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Mardi 15 mai 2007

L’ironie, parfait ! J’ai encaissé, comme un boxeur sur un ring, jusqu’au K.O. final et puis le sac de larmes a crevé comme une baudruche, comme une arcade sous l’uppercut. Tellement gonflé qu’il a tout inondé, jour et nuit, une éternité et puis enfin il s'est vidé...

 

 

L’indifférence, ok ! J’ai glissé, comme un fantôme dans un château hanté, j’ai vu les regards me transpercer comme si j’étais transparente, vide, effacée, comme un néant sidéral. J’ai continué d’exister, derrière mon masque invisible, enfin j’ai essayé…

 

 

La cruauté, bien fait ! Je n’ai même pas moufté, comme le soldat qu’on abat sous la grenaille, j’ai senti mes veines s’ouvrir, mon sang couler aussi brûlant que la lave d’un volcan, j’ai vu mes mains chercher à l’arrêter et ma peau griller sous le feu des attaques répétées. Je sais maintenant la douceur de la rémission…

 

 

Les sarcasmes, adjugé ! Je les ai lus et je n’y ai pas cru. J’ai demandé qui était l’auteur d’un tel parjure, qui avait transformé un être humain en horreur de la nature. J’ai pris une gomme et je me suis acharnée à les effacer de mon esprit blessé. Mais le papier s’est froissé, s’est déchiré et ils étaient toujours ancrés en moi . J’ai pris l'indélébile pour tout griffonner, mais l’encre sur mes doigts s’est gâchée. Je n’avais pas de feu pour tout brûler…

 

 

Le manque de respect, cassé ! L’alternative : ni pute, ni soumise mais quoi alors ? Enfermée dans une prison aux règles immuables, pas moyen de se défendre, de résister, d’arrêter les hostilités. Et quoi faire de toute façon ?  Le respect se mérite mais ne s’achète pas et comme je ne vaux rien, de toute façon…

 

 

Le coup de poignard, stoppé ! J’ai réussi à l’éviter, par un coup du sort, l’instinct de survie peut-être, utilisant ce qu’on m’avait appris, le paroxysme d’une leçon appliquée à la lettre. Je n’y avais jamais pensé. Pour la première fois, j’ai esquivé…Et ma tête s’est redressée, un peu moins près du sol, elle était…

 

Le drapeau blanc, demandé ! Mais muet, sans courage, sans hommage. Je ne refuse pas la paix mais j’ai un peu de force pour dégainer. Alors je m’arme aussi d’indifférence, c’est ma seule chance. Avant que, rangé dans son étui cuivré, je n’admette que mon colt n’est pas chargé…

 

 

Le silence, récupéré ! Pour moins souffrir, pour ne plus demander pitié, pour ne plus prier, implorer, à genoux, ce monde qui me secoue. Cœur enfermé, à triple tour dans une armure blindée, intouchable et secret. A qui j’intime de se taire, de ne plus battre, ne plus cogner...

 

 

L’incohérence ? Je sais, j’attends un cadeau enrubanné, empoisonné, prêt à exploser à peine déballé, comme le détonateur de l’horreur, pour me défigurer, me démembrer, faire de moi un pantin abandonné. Mais je le veux, encore un peu...

 

 

Pourquoi ? Parce que c’est une lettre d’excuses, excuses que je trouverai, marchant au pas, comme des hordes de légions, sans mine pour les arrêter, armées de blindés, inexorables, imperturbables.

 

 

Ne me laissez pas retourner dans les tranchées, il y  fait si froid, le sol est glacé, le sang baigne mes pieds et les larmes déchirent les plaies qui ne cicatriseront jamais.

Mais sachez que quoi qu’il advienne de cette guerre involontaire, aveugle, sourde, mutilée, à terre et prête à tout lâcher, je prendrais ce cadeau que tout l’or du monde ne saurait m’acheter...

Plume 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Lundi 14 mai 2007

Lorsque Cyprien Antinace entra dans le laboratoire du médecin légiste, un frisson lui parcourut la nuque. Il ne faisait aucune concession avec la mort et encore moins avec celle de victime innocente. Son collègue lui serra la main et l’invita à s’asseoir. Cyprien l’interrogea du regard. Il se racla la gorge et dit :

-         Il n’y avait aucune substance chimique dans son sang, pas de traces de coups, de blessures cachées ou de piqûres, pas non plus de sévices sexuels…

-         Ca veut dire quoi ça ?

-         Je continue mes recherches, mais on va droit vers la crise cardiaque ou la rupture d’anévrisme subites.

-         Mais…

Le légiste leva un œil vers Cyprien, ils se connaissaient depuis des années et celui-ci savait que son collègue penchait vers une autre explication.

-         Je n’ai pas vérifié toutes les substances chimiques, je n’ai fait que les plus connues : drogues, alcool et tout le baratin…

-         Tu penses à quoi ?

-         A quelque chose de plus sournois, qui s’inhalerait ou qui s’avalerait. Je n’ai pas encore vérifié toutes les pistes.

-         Enfin bref, pour toi c’est un meurtre. Pas un suicide ?

-         Indéniablement, j’ai fait des centaines de suicidés, je pourrais écrire des bouquins entiers sur les techniques qu’ils peuvent imaginer. Cette fille a été tuée par une tierce personne.

-         Super, dit Cyprien en faisant claquer sa bouche. Ca me promet des longues heures de boulot et d’interrogatoires...

-         Désolé, vieux. Mes analyses le prouveront sous peu. Reste à savoir comment et pourquoi ?

-         Ca, c’est mon job, dit Cyprien en se levant et en lui serrant la main pour prendre congé. Bosse bien, Doc, tu sais que j’attends tes conclusions.

 

 

Il sortit de l’institut médico-légal et releva le col de son pardessus. Après les grosses chaleurs d’avril, le mois de mai ressemblait à une douche mal réglée. Des ondées venaient rafraîchir l’air orageux toutes les fins de journée. En roulant vers la gendarmerie, il dressa son planning du lendemain. Il irait interroger Léonie Després, amie proche de la victime et essaierait de questionner Charlotte qui travaillait depuis quelques années avec Alicia. Il faudrait faire le tri, dresser des listes et procéder par élimination. Il ignorait que le lendemain lui apporterait un nouveau lot de mystères.

 

 

Sagamore n’entra pas le cœur gai dans l’église ce matin là. Il craignait d’y voir encore cette substance étrange sur le visage de l’ange mais celui-ci n’avait pas versé de larmes nocturnes et il entreprit de nettoyer la face de la statue avec un coton imbibé d’eau froide. La police était venue faire les prélèvements, l’autorisant à remettre en ordre la nef. Il crut être saisi d’hallucinations auditives en entendant comme un petit cri qui venait des bancs derrière lui. Il se retourna avec précaution. Il vit un morceau de tissus clair oublié sans doute par une paroissienne et continua avec minutie d’ôter les salissures sur la joue pierreuse de l’ange blanc. Il entendit la porte s’ouvrir et se retourna lentement sur son escabeau. Satine Carmi entrait avec précaution dans ce lieu solennel.

-         C’est toi Satine, dit le curé presque rassuré. Entre, approche. Qu’est ce que je peux faire pour toi ?

La jeune fille paraissait intimidée. Elle avança à pas comptés dans l’allée et s’apprêtait à ouvrir la bouche pour parler lorsqu’elle tourna la tête vers un des bancs. Elle ouvrit des yeux ronds.

-         Qu’y a t-il ma fille ? demanda Sagamore.

-         C’est … un bébé ?

Sagamore descendit d’un bond de son escabeau, oubliant ses vieilles douleurs lombaires. Elle montrait le tissu qui à présent s’agitait sur le banc. Avant même que le curé soit parvenu à sa hauteur, des pleurs retentirent sous la coupole de l’église.

-         Quelqu’un aurait oublié son bébé ici ??? pensa tout haut Satine stupéfaite.

Le Père Costier se glissa entre les bancs et vit un enfant d’à peine 4 mois qui vagissait dans son couffin. Il remarqua que le bébé était soigneusement emmitouflé dans une couverture rose pastel.

-         Ca doit être une petite fille, dit Satine, attendrie comme à cet âge on l’est devant une poupée, qui rappelle l’enfance pas si éloignée.

L’esprit de Sagamore galopait dans sa tête, aucune habitante de Garance n’avait récemment accouché. Qui était cet enfant ? D’où venait-il ? Il y avait belle lurette qu’on abandonnait plus les enfants sur les marches des églises !

-         Je vais chercher le maire ! Dit-il à Satine. Tu peux rester auprès d’elle ? D’accord ? Je reviens de suite !

Satine n’eut pas trop le choix car il avait déjà traversé l’église et courait presque dans les escaliers extérieurs. Elle regarda le visage de l’enfant qui pleurait à chaudes larmes. Vérifiant qu’on ne l’observait pas, elle s’empara de la couverture et prit le bébé dans ses bras. Surpris, celui-ci arrêta de vagir et planta ses yeux dans les siens. Satine lui sourit et crut déceler une risette sur les joues de la petite fille.

 

 

Sagamore traversa la rue des Amandiers comme si le diable le poursuivait, Lucy Mayeur le vit passer et jeta un œil dans le ciel qui se couvrait de nuages orageux.

-         C’est reparti ! Emilien, tu ne m’aides pas beaucoup ! Regarde ton village qui sombre dans le brouillard et maintenant cet enfant… Décidément…

Charlotte vit arriver le curé et fronça les sourcils. Elle déballait les courses du coffre de sa voiture et voyant l’air affolé du prêtre se demanda avec angoisse ce qui l’amenait chez elle.

-         Madame le Maire ! Dit-il essoufflé d’avoir couru.

-         Qui y a t-il Monsieur le Curé ? Demanda t-elle en voulant garder un calme tout relatif. L’ange a encore pleuré ?

-         Si ce n’était que ça ! Dit-il sans réfléchir. Mais quelqu’un a laissé un bébé à l’église ! Venez voir !

Les bras de Charlotte lui en tombèrent. Un bébé ? Elle le suivit dans l’édifice, pensant confusément qu’elle n’avait jamais été si souvent dans ce lieu dit saint. Ils trouvèrent Satine berçant l’enfant qui la regardait toujours avec fascination. Sagamore raconta leur trouvaille.

-         Bon, bon, dit Charlotte. Je vais appeler le lieutenant. Ils ont probablement un avis de recherche ici ou ailleurs pour cette enfant. Ne vous inquiétez pas, je m’en occupe.

 

 

Cyprien ferma un instant les yeux en entendant le récit de Charlotte. Il se demanda qui était le metteur en scène de cette sombre comédie. Il l’assura de son aide et diffusa la description de l’enfant à toutes les brigades alentours ainsi qu’aux commissariats de police.

-         Je suis sûr que dans moins de 12 heures, on saura qui est cette enfant, lui dit-il. Tu peux t’en occuper en attendant ?

-         Rappelle-moi que j’ai voulu être maire pour prendre le relais d’Emilien et que je m’en sentais la force, dit Charlotte avec un humour légèrement teinté d’ironie.

-         C’est le baptême du feu, ma vieille, lui dit-il sur le même ton. Je te rappelle dès que j’en sais davantage.

Encore une fois, la nouvelle serpenta dans les rues à la vitesse de la lumière. Satine suivit Charlotte chez elle et demanda si elle pouvait l’aider à prendre soin du bébé. Voyant que la jeune fille oubliait un peu la mort d’Alicia, celle-ci accepta. Son mari s’enfuit au fond du jardin avec sa tondeuse à gazon lorsqu’il vit le paquet surprise dont ils avaient hérité.

-         Il ne se passe jamais rien à Garance, bien tiens donc… pensa t-il en lançant le moteur. Pour l’heure, c’est le bouquet…

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Jeudi 10 mai 2007

Gisèle Carmi était entrain de peler des pommes de terre dans sa cuisine lorsque Thomas et Léonie frappèrent à la porte. Elle les accueillit avec ces mots :

-         C’est épouvantable ce qui se passe à Garance en ce moment… Epouvantable.

-         Ouais, dit Léonie en relevant les épaules comme elle faisait toujours quand elle voulait faire croire qu’elle tenait bon. Et j’ai l’impression que ce n’est pas fini…

-         Satine est allée chez Aristophane, dit Gisèle en jetant les pelures qui jonchaient la table. Il est venu voir comment elle allait. Elle me donne bien du souci en ce moment, j’ai parlé avec elle tout l’après-midi et j’ai bien vu qu’elle me cachait quelque chose…

-         A cet âge, c’est pas évident, dit Thomas.

Léonie accepta le café que lui proposait son amie. Elle tourna sa tasse dans ses mains plusieurs fois avant de raconter l’intervention de Lucy Mayeur devant la mairie.

-         Cette vieille folle est fatigante, dit Gisèle qui coupait à présent du persil, cherchant manifestement à occuper ses mains autant que son esprit.

-         Les gens parlent de suicide, j’aurai dû être plus vigilante… pensa tout haut Léonie.

-         Ne commence pas à culpabiliser, lui dit Thomas. On ne sait rien encore, la police va enquêter.

Léonie soupira et croisa les bras, elle sentait un grand froid en elle avec la perte de son amie, et des flash-back envahissaient ses pensées à tout instant.

 

 

Cyprien et Charlotte entrèrent dans l’église alors que l’obscurité du soir envahissait déjà les lieux. Le Père Costier vint à leur rencontre et leur serra vigoureusement la main ce qui surprit le maire mais elle ne releva pas cette soudaine chaleur dans cet échange de salut.

-         Qu’est ce qui est si urgent, Mon Père ? demanda Cyprien.

-         Je ne sais pas si cela a quelque chose à voir avec la mort d’Alicia Fairise mais… Venez voir…

Ils le suivirent dans la nef et regardèrent le doigt qui leur montrait les tâches sur le sol.

-         Je n’ai jamais vu ça, regardez !

Il leur montra le visage de l’ange ensanglanté, Charlotte réprima un frisson. Le village de Garance vivait deux décès en moins de trois mois et elle ne se sentait pas d’en débattre avec l’au-delà.

-         Et la vieille Lucy Mayeur m’a dit qu’Alicia était morte avant même que vous ne nous l’appreniez, dit Sagamore, visiblement troublé.

-         Vous savez pourquoi il arrive des choses comme ça ? dit une voix qui venait du fond de l’église.

Ils se retournèrent tous les trois. C’était Baptiste qui les avait suivis et avait entendu leur conversation.

-         Pourquoi ? Vous le savez vous ? demanda Sagamore, reconnaissant un des païens les plus convaincus du village.

-         Oui, je le sais. Parce que vous avez refusé votre église à un défunt et parce que vous choisissez ceux qui ont le droit d’applaudir dans ce lieu dit saint !

-         Baptiste… murmura Charlotte, trouvant que l’heure n’était vraiment pas aux règlements de compte.

-         Je n’ai rien refusé, j’ai simplement suivi les consignes, voulut se défendre Sagamore en rougissant violemment à l’évocation de cet incident, survenu lors du décès d’Emilien Cépa, maire du village.

-         Ben voyons ! s’emporta Baptiste. Vous ne savez rien du respect, du pardon, du partage, vous ne savez qu’écrire des mots que vous ne savez même pas lire et dont vous ignorez jusqu’à la signification ! Et vous enseignez à des enfants !

-         Baptiste ! dit un plus plus fermement Charlotte. Nous sommes là pour Alicia.

-         Oui, et Alicia n’est plus là, dit Baptiste en prenant appui sur ces deux jambes. Alors, que cet ange pleure ou pas, qu’est ce que ça change ? Hein ?

Il tourna les talons et s’éloigna rapidement vers le fond de l’église.

-         Il en a gros sur le cœur, on dirait… dit Cyprien, notant au passage qu’il lui faudrait penser à rendre une petite visite à cet homme révolté.

-         Bon, qu’attendez-vous de nous, Monsieur le Curé ? demanda Charlotte, afin de ne pas perdre le fil de la discussion.

-         Je ne sais pas, avoua Sagamore en levant puis laissant retomber ses bras.

-         Nous allons venir faire des prélèvements pour analyse, dit Cyprien. En attendant, je dois monter en ville. Le légiste a peut-être quelques premières conclusions à me communiquer.

Ils sortirent tous les deux de l’église et ne croisèrent pas âme qui vive. Charlotte s’engouffra dans sa voiture et apprécia de voir sa maison allumée en se garant devant chez elle. Elle vit Satine qui rentrait de chez Aristophane et lui fit un petit signe amical mais la jeune fille ne sembla pas la voir, plongée dans ses pensées.

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Mardi 8 mai 2007

Sagamore Costier entra dans son église cette après-midi là, comme il avait l’habitude de le faire tous les jours à la même heure. Il jeta un regard circulaire sur la nef, toujours satisfait que ce havre de paix et de prières soit baigné de la lumière du soleil qui irisait sa coupole en traversant les vitraux. C’était un jour de confessions et, n’en déplaise à son sacerdoce, il était parfois lassé de ses grenouilles de bénitier, comme les appelaient certains paroissiens, qui venaient confier leurs péchés chaque semaine pour mieux recommencer le lundi matin. Mais il pardonnait et renvoyait la pécheresse à sa vie quotidienne. Il donnait des conseils qui n’étaient jamais entendus et se disait, tout au fond de lui-même, qu’il n’était pas apte aux remontrances  et que celui qui régnait là haut et en qui il croyait, se chargerait bien de faire le tri au jour du jugement dernier. Ses ouailles auraient été effarées d’entendre ses pensées, mais Dieu merci, la science ne permettait pas encore cette infamie.

Il s’approcha de l’autel, changea les cierges consumés, lissa du plat de la main le drap qui couvrait  le pupitre et son regard fut attiré par une tâche sur le sol. Il avança, ajusta ses lunettes sur son nez et s’agenouilla pour regarder de plus près ce qui avait tâché les pierres du sol. Il remarqua que la petite flaque était rouge sombre, il y posa son doigt et vit que la consistance du liquide était fraîche et coulait au bout de son ongle. Il leva machinalement les yeux pour voir d’où venait ce liquide étrange dont il commençait à craindre que ce soit du sang. Son cœur s’arrêta un bref instant de battre dans sa poitrine. Au-dessus de sa tête, sur son piédestal doré vieilli, la statue d’un angelot qui tendait une main vers les fidèles avait le visage sali par une traînée rouge qui semblait venir de son œil droit.

Sagamore Costier se signa, se releva et reprit ses esprits. C’était probablement une blague de très mauvais goût d’un villageois païen. Lorsque les portes de l’église s’ouvrirent avec fracas, il sursauta et vit Lucy Mayeur qui rentrait. Cette vieille chouette de mauvaise augure lui glaça le sang. Elle avança dans l’allée centrale sans paraître le voir, s’agenouilla au premier rang sur un vieux prie-dieu et leva les yeux sur le curé figé sous l’ange maculé.

-         Sagamore, ils ont retrouvé la p’tite dans les bois… Prie donc avec moi au lieu de rester les bras ballants avec cet air stupide.

Elle ne semblait pas avoir vu la tâche et le visage de l’ange. Elle joignit les mains et ferma les yeux, grommelant plutôt que priant, elle parut oublier la présence du curé à ses côtés.

 

 

Cyprien Antinace descendit de l’estafette au milieu du bois. Des promeneurs habitués à arpenter les sentiers forestiers avaient par hasard trouvé le corps d’Alicia au milieu d’une clairière. Ils avaient aussitôt appelé la brigade et l’équipe d’Antinace qui cherchait à l’autre extrémité des bois de Garance, s’était ruée à l’endroit indiqué. Cyprien avait appelé Charlotte Magani. Celle-ci revenait de son travail en catastrophe.

-         Est-ce qu’elle est vivante, Cyprien ?

-         J’en sais rien, j’en sais rien. Les randonneurs ont dit qu’elle semblait ne pas respirer. Je te rappelle.

Il suivit ses hommes dans le sentier qui menait à la clairière, en marchant, malgré l’obscurité, il vit une énorme théière faite de branchages, œuvre d’artiste qui embellissait la forêt pour le plus grand plaisir des promeneurs. Les écrits que Lucy lui avait confiés lui revinrent à l’esprit, la fourchette sculptée dans un tronc ne se trouvait pas loin de là, il comprit une partie du mystère. Sur ce bout de papier, Alicia indiquait où elle se rendait et ce pour la seconde fois. Elle avait aussi parlé d’un chien mais les promeneurs interrogés n’avaient fait mention d’aucune présence autour de la jeune femme. Le cœur battant, malgré ses différentes interventions professionnelles, Cyprien s’approcha du corps sur lequel ses hommes avaient respectueusement posé une couverture.

-         Elle est morte ? Avait demandé le chef.

-         Pas de pouls, pas de respiration, rien, avait dit le gendarme qui l’attendait sur les lieux.

-         Meurtre ? Demanda à nouveau Cyprien, incapable de faire des phrases entières.

-         Apparemment pas, il faut pratiquer l’autopsie. Elle n’a aucune trace d’étranglement, pas de coups, ni de blessures, pas de signes de lutte.

-         Suicide peut-être… ajouta le gendarme, manifestement troublé.

-         Fouillez les alentours, ramenez tout ce que vous pouvez trouver. Et embarquez le corps dans l’estafette, dit Cyprien parlant comme un automate.

Il retourna vers le véhicule et colla son téléphone à son oreille. Il appela les services médico-légaux  afin qu’ils dépêchent un médecin légiste dès qu’ils arriveraient à la ville voisine. Il entendit la voiture de Charlotte freiner sur les graviers de l’allée du bois. Elle descendit de la voiture et au visage qu’il lui montra, elle comprit et son pas se fit moins assuré.

-         C’est pas possible…

-         On mènera l’enquête jusqu’au bout… A moins que ce ne soit un suicide…

Charlotte ne répondit pas, elle savait qu’Alicia n’était pas au mieux de sa forme ces temps-çi, mais elle n’imaginait pas qu’elle aurait mis en scène sa mort de cette façon.

-         Ca ne lui ressemble pas, c’est presque théâtral, l’endroit et… Non, je ne crois pas…

-         Désolé, Charlotte…

Elle baissa la tête, encore hébétée par la nouvelle lorsque son portable sonna.

-         Allô ? Oui, non, bonjour Monsieur le Curé… Malheureusement… Comment ? Oui, il est avec moi. D’accord, d’accord.

-         Il est pressé d’avoir des clients lui ou quoi ? Grogna Cyprien à qui il ne fallait pas en compter avec les bondieuseries.

-         Il dit qu’il a quelque chose à nous montrer  à l’église de Garance…

-         Ca peut pas attendre ?

-         Apparemment, non, ça ne peut pas. Il avait l’air bouleversé…

La nouvelle se répandit plus vite qu’une traînée de soufre. Alicia Fairise avait été retrouvée, morte dans la forêt. La vie du village sembla s’arrêter. A la mairie, instinctivement, quelques conseillers se retrouvèrent, attendant Charlotte. Léonie Desprès arriva la dernière, blême et décomposée avec son mari. Elle  remarqua que la mère de Satine n’était pas là ainsi que le père d’Aristophane.

-         Elle nous a appelés, dit David, le premier adjoint. Satine est très choquée par la nouvelle, elle est restée avec elle.

Ils étaient tous massés dans le couloir et par la porte restée ouverte, Léonie vit passer Lucy Mayeur, le dos voûté et son panier de légumes à la main.

-         Mon pauvre Emilien, dit elle sans s’adresser à aucun d’entre eux. Voilà ton village bien éprouvé. Quand l’ange pleure, il faut laisser le destin éclater.

-         Elle est vraiment folle celle là, dit Baptiste en secouant la tête.

Baptiste n’était pas conseiller mais avait un rôle prépondérant dans la commune. Il était écrivain et jouissait d’une bonne popularité au sein de l’équipe municipale. Mais Léonie éprouva un malaise après le passage de Lucy et dut s’asseoir pour ne pas tomber. Charlotte passa en coup de vent, ne sachant que dire aux visages qui se tournèrent vers elle. Elle confirma que l’enquête allait démarrer, que des interrogatoires seraient organisés par la police qui venait prêter main forte à la gendarmerie dans un cas comme celui-ci et qu’il faudrait se rendre disponibles à toute heure.

-         Où est-elle ? Demanda Baptiste, en enfonçant les poings dans ses poches.

-         A l’institut médico-légal de Manet pour l’autopsie. Je dois partir, Cyprien m’attend. Je vous tiendrais au courant…

Elle laissa derrière elle un silence pesant. Léonie  et Thomas décidèrent d’aller rendre visite à la mère de Satine, pour ne pas rentrer et être obligés d’apprendre la nouvelle à Mila.

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Vendredi 4 mai 2007

Cyprien Antinace soupira, sa brigade avait écumé tout le village en vain, une équipe spéciale s’apprêtait à débarquer pour draguer le bras du Rhône qui baignait Garance. La nuit allait tomber et les opérations n’en seraient pas facilitées. Dans la maison du bout de la grand rue, Satine avait rejoint sa chambre et essayait de se concentrer sur ses devoirs mais mille et une pensées se bousculaient dans sa tête et elle leva la tête pour regarder par la fenêtre. L’envie la démangeait de retourner au cimetière, pour voir ce que Lucy Mayeur avait pu entendre, s’il y avait de quoi. Mais elle ne s’en sentait guère le courage toute seule. Un SMS arriva sur son portable et elle pensa que c’était l’aubaine qu’elle attendait. Aristophane,  fils d’un conseiller municipal, était un de ses plus vieux amis d’enfance et il lui donnait rendez-vous sous l’abri bus après le souper. Elle referma définitivement ses livres de classe et descendit à table, aidant sa mère à dresser le couvert.

-         Tu parais bien pressée de dîner ce soir, lui dit celle-ci.

Elle répondit évasivement en posant les assiettes pour elle-même et sa petite sœur Elise. Leur père rentrerait tard de la ferme et elles avaient l’habitude d’être à table sans lui. Sa mère tenait également une place au conseil municipal de la commune. Elise, 11 ans, n’était préoccupée que par les emails qu’elle échangeait à longueur de journée avec ses copines. Elles soupèrent toutes les deux. Satine étrangement silencieuse, attira quelque peu l’attention de sa mère qui, néanmoins, n’y accorda qu’une importance relative. Elle savait sa fille en pleine « crise » d’adolescence et surveillait de loin les agissements de celle-ci, en lui laissant un semblant d’autonomie qui évitait les conflits inutiles. Lorsque Satine demanda à rejoindre ses amis, elle accepta. Le week-end arrivait et c’était coutumier que les jeunes du village se retrouvent à cet endroit. Satine remonta la rue jusqu’à la place avec le cœur battant. Elle voulait parler à Aristophane, Ari pour les intimes. Celui-ci était déjà assis sous l’abri bus et sourit en la voyant arriver.

-         Faut que je te parle d’un truc… dit il.

-         Moi aussi, ça tombe bien.

 

 

Charlotte Magani tournait dans sa cuisine, elle avait fait brûler son souper, préoccupée qu’elle était de voir les gendarmes quadriller le village. Elle guettait sans cesse la venue de Cyprien, qui lui donnerait des nouvelles des recherches, mais en vain. Elle passa des coups de fil pour s’occuper, sursautant à chaque sonnerie lorsqu’elle était elle-même appelée. Elle ne vit pas deux ombres furtives remonter la route de Jonquières et se glisser dans le cimetière sans faire grincer la porte dont les gonds couinaient à chaque passage.

-         Elle est un peu folle la mère Mayeur, tu sais, disait Aristophane en jouant les braves. Non pas qu’il avait peur des cimetières, mais la ballade lui semblait inappropriée à la nuit tombante.

Satine marcha d’un pas décidé vers la tombe d’Emilien. Elle indiqua à son ami le pourtour où elle avait vu Lucy Mayeur s’agenouiller. A la lueur de la lune ronde, Ari vit quelque chose se refléter au pied d’une gerbe de fleurs. Il se pencha pour mieux distinguer et extirpa délicatement un morceau de papier, coincé sous un pot.

-         C’est quoi ? demanda Satine, en se rapprochant de lui car un vent frais venait de se lever et lui donnait la chair de poule.

-         Une feuille déchirée mais il y a quelque chose d’écrit dessus, plusieurs lignes, allons voir à la lumière.

Les deux adolescents sortirent avec précaution du cimetière et coururent jusqu’à la place du village où Ari se plaça sous un réverbère pour déchiffrer les mots écrits sur le papier trouvé. Tout n’était pas lisible et certains mots étaient même effacés, l’encre bleue avait décoloré au soleil.

« … dans la forêt, entre fourchette et théière… c’est là… J’en suis sûre maintenant… le chien m’a suivie… y retourner… c’est là … »

Satine et Ari échangèrent un regard étonné.

-         Ca veut rien dire ça…

-         Tu crois que c’est Lucy qui l’a oublié ?

-         Tu parles ! Elle l’aurait pris ! Ce n’est pas son écriture…

-         Et si on allait lui montrer ? Elle avait l’air de chercher quelque chose cet après-midi.

-         Ok, on ira demain.

Les deux jeunes gens se quittèrent sur la place mais Satine prit soin de se voir confier le morceau de papier. Elle remonta la rue et jeta un œil sur la maison de Lucy Mayeur où la lumière de la cuisine était encore allumée. Un peu fébrile mais déterminée, elle frappa à la porte qui, quelques instant après, s’entrebâilla pour la laisser entrer...

 

 

Dans le village voisin, Marius Descimes pianotait sur son clavier d’ordinateur. Il savait –qui ne le savait pas dans cette campagne où les rumeurs se répandaient comme une traînée de poudre- qu’Alicia Fairise avait disparu depuis 24 heures. Il avait parcouru les alentours de sa maison à la recherche de son chat, se disant qu’elle finirait bien par revenir, ne serait-ce que pour se nourrir. Mais Mine n’avait pas remis les pattes chez Alicia. Il se demandait bien pourquoi, du jour au lendemain, la jeune femme avait disparu, sans crier gare. Il la savait perturbée ces temps ci, elle ne respirait pas la joie de vivre mais Alicia se remettait si vite en selle, retournant les mots avec humour et dérision, qu’il s’était simplement dit que c’était un petit passage à vide et qu’elle finirait par se faire une raison. Il était plus de 23 heures et il se gratta le menton en lisant les informations sur Internet. Si les investigations se révélaient vaines, il se doutait que la police viendrait l’interroger. Il soupira et regarda par la fenêtre la pleine lune qui éclairait la route. Il avait un mauvais pressentiment mais pourquoi…

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Jeudi 3 mai 2007

Rien sauf que j'ai peur alors je ne bouge pas, je reste tapie là, en espérant qu'on ne m'y trouvera pas,

Rien sauf qu'il faut faire son devoir, parce que quelqu'un quelque part a édicté des régles de conduite et qu'on ne saurait contredire

Rien sauf que tout est interprétation et que de ces deux êtres abominables et affreux que sont un homme et une femme, l'incompréhension peut être totale et pourtant il faut faire avec elle

Rien que l'ignominie est partout même au coeur des sentiments les plus purs et qu'ils ne résistent pas à ces attaques

Rien que l'inadmissible, l'innacceptable et que je comprends mieux ceux qui s'égarent pour laisser parler au fond d'eux ce qui choque les masses dites humaines

Rien que la désespérance ne puisse faire et conduire sur des sentiers mal éclairés, aux indications contrariées, à d'autres questions sans cesse renouvelées

Rien sauf le silence après la fête, les cris après la joie, les larmes après l'espoir et que 95 % de nos vies ne sont faites que d'après...

Rien que le répit tant attendu et qui tarde à venir, qui fait porter aux malheureux des fautes lourdes qu'ils n'ont pas commises

Rien que l'amour sauvera, que la foi délivrera

La vie ne m'apprend rien... que je ne savais déjà...

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Mardi 1 mai 2007

Un jour, je partirai

Là où tout est luxe, calme et volupté (Baudelaire)

Là où je pourrais parler aux beaux poissons d'argent (Berger)

Loin où blanchit la campagne (Hugo)

Loin de J'implore ta pitié toi l'unique j'aime... De profundis Clamavi (Baudelaire)

Loin de ce toit tranquille, où marchent les colombes (Valéry)

Pace que la vraie douleur est incompatible avec l'espoir (Lautréamont)

Parce qu'il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple (Prévert)

Et parce que je n'aime pas la poésie...

Plume

 

 

 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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