Quelle est la seule chose que l’ont peut donner sans compter, entièrement, profondément, intimement, gratuitement, en quantité infinie, sans s’appauvrir, sans arrêt, et quelquefois à notre propre insu ?
Vous ne savez pas ? Je suis sûre que si, cette « chose » là c’est l’amour.
Celui que l’on reçoit n’est jamais un problème, il aide à grandir, à s’épanouir, à se nourrir, à devenir adulte, à s’enrichir, à avancer, à évoluer.
Mais celui que l’on donne, peut il être parfois un cadeau empoisonné pour celui qui en est le sujet ? Je ne sais pas, toujours est-il qu’aimer l’autre c’est sans condition, sans exception, sans même savoir pourquoi, sans compromission.
Pensez-vous qu’il faille cacher l’amour que l’on a pour quelqu’un ? Pensez vous que l’être humain puisse être assez vil pour s’en servir ? Pour vous détruire ? Pour jouer ? Pour dominer ?
Moi, oui, je le pense parfois mais heureusement, celui qui aime à l’âme pure et ce qu’il reçoit, il le transforme en excuses, en prétextes, en compréhension, en tolérance, en explications.
Comme notre conscience et notre raison sont faciles à endormir lorsqu’on aime, n’est ce pas ?
Comme on pardonne, comme on se convainc que l’autre ne réagit pas comme notre inconscient nous l’indique instinctivement mais plutôt qu’il ou elle a ses raisons.
Aimer de loin, aimer tout bas, sans déranger, sans bouger, mais le dire c’est déranger. D'ailleurs, sans même le dire, notre comportement fait qu’on dérange. Pourtant, qui y t-il de plus pur ? On fait preuve de patience, d’une compréhension démesurée et on continue d’aimer, malgré les désillusions que l’on s’empresse d’enfermer dans la plus vieille malle poussiéreuse au fond du grenier, malgré les preuves qu’on se trompe peut-être et que l’on s’égare dans une voie sans issue, malgré les conseils avisés de ceux qui disent tout comprendre : on s’en fout, on continue, on ne peut pas pousser le bouton « stop ». Ca se saurait...
Et pourquoi ?
Car l’amour ne se commande pas, il ne s’éteint pas avec la lumière, il ne s’envole pas à la première tempête, il reste là, chaud ou froid au fond de notre cœur mais il est toujours là. Et on agit en fonction de lui, guidé par lui, sans s’en rendre compte, avec humilité, avec respect et dignité.
Et pourtant… Comment est-il reçu ? Comment est-il perçu ? Pourquoi ne nous revient il pas ? C’est incompréhensible, inadmissible, parfois révoltant, très déroutant, très bouleversant.
Quand les choses changent, le passé revient à la charge, au triple galop et ne souffre pas la comparaison.
Parfois on se sent humilié, moqué, ridicule, affaibli. Et ce qu’on espère de l’autre ne vient plus, plus un pas, plus une miette, plus de soutien, alors pourquoi ? On se remet en question. Puis on trouve des raisons : c’est une protection, c’est pour dénouer les liens doucement, c’est pour nous permettre d’être fort(e) sans l’autre, c’est par respect, par peur peut-être aussi … ou simplement et plus monstrueusement par indifférence, par envie d’oublier, de tracer un trait sans savoir le faire vraiment, noyé dans les non-dits, pour s’en sortir avec un tantinet de lâcheté.
Mais sortir de quoi ? Quand celui qui aime respecte chaque décision, accepte et reste en retrait tout en restant à l’écoute de celui qui est aimé et qui parfois vient se confier, pour ensuite jeter celui qui a servi, comme un kleenex, peut-être pour se venger d’un passé…
Comment savoir ? Comment comprendre ? Sans indice, sans complice ?
Quelqu’un a dit, sûrement un adepte du Dalaï Lama : « L’amour que tu donnes à une personne te sera rendu par une autre si ce n’est celle là, à un moment ou un autre ».
Ironique consolation, je croyais qu’aimer était la clef de l’enrichissement et qu’en aucun cas, cela ne pouvait apporter autre chose qu’au minimum le respect, au maximum la réciprocité.
Dans ce cas, pourquoi, suis je souvent persuadée que c’est le contraire qui m’est retourné, comme un boomerang affolé ?
Je me dis, j’ai fait une erreur, avancé de travers, mais j’ai beau retourner sur mes pas, je ne trouve pas où j’ai flanché…
Moi, je n’ai pas changé, j’ai écouté, j’ai eu confiance, j’étais persuadée qu’en cas de problème comme cela m’a été dit, on me relèverait, on ne me laisserait pas lutter toute seule. Même si un moment j’ai souhaité le contraire, chaque jour j’ai assoupli la violence de ma douleur, fait demi-tour pour expliquer, j’ai cru avoir été comprise. J’ai pensé que l’épaule qui disait être solide ne se déroberait jamais, connaissant les affres par lesquels je passe ou suis passée. Mais elle s’est éloignée, avec un rictus d’ironie que je me persuade de transformer en maladresse, en mal être. En attendant, je traverse seule un ‘hell’ qui me demande davantage de forces, et que je dois décupler, pour vivre le quotidien et aussi m’obliger à penser que le diable qui s’entretue avec l’ange dans ma tête n’aura jamais le dernier mot, mais il est coriace en ces temps troublés.
Alors, il faut abandonner, baisser les bras, se détourner, changer de chemin et avancer. Facile à dire : et puis une autre personne a dit : « Quand tu aimes quelqu’un, tu ne vois plus les autres autour »….
Fin de transmission.
Plume…Récolte l’ouragan…
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