On se contente de sa vie au quotidien quand on ne fait pas de retour dans le passé. Et puis soudain, le hasard (il a bon dos
celui-là) fait qu'on marche à nouveau sur nos pas et on retourne là où on ne devrait peut-être pas errer. On revoit des flashs, on regarde un endroit sans les yeux de la magie comme
on l'avait autrefois, et les souvenirs reviennent à la pelle, comme les feuilles mortes.
On cherche à retrouver la féérie du moment, comme si le fait d'avancer sur nos propres traces allait la ressuciter.
Mais il n'y a que des parkings, des boutiques et des volets fermés.
Et on trouve soudain la vie si plate (comme disent les québécois), si terne et si fade qu'on n'en revient pas de continuer à vivre comme ça.
Une enseigne, un rond-point, une autre heure, un autre parfum.
Le fantôme du passé hante les lieux dans nos yeux de damné et l'on refuse de croire que ça n'a rien changé, que c'était juste un rêve de quelques secondes inachevé.
Mais c'est ainsi et l'on doit se plier.
Après ça, la vie est insoutenable de morosité, de pâleur et d'absurdité.
On ne sait plus si on préfère penser avoir été bernée ou si c'était un rêve qu'on a enjolivé.
Car si on pense avec ténacité, qu'on n'est qu'un kleenex jeté après l'avoir usé, on fait le tour et on se dit que c'est sans doute notre vocation de looser appliqué.
Sécher des larmes, laver des drames, jusqu'à souffrir, jusqu'à mourir, car rien n'y personne n'a le temps ni l'empathie, pour chercher à soulager de nous la pauvre vie.
A deux on est plus fort, à deux on se défend des mange-morts, à deux on fait rempart de nos corps.
Seul, on n'est qu'un mouchoir où renifler, un objet qu'on jettera quand la peine sera passée, et ils continueront sur le chemin de leur destinée, sans un regard pour celui qui a aidé, abandonné
dans un ravin, si possible enterré, muet et qui doit le rester, seul et il l'a bien cherché...
Constat : je ne peux toujours pas marcher sur nos pas, ton regard me portait au-delà de tout ça. Je n'ai pas la force de lutter sans toi. Je n'ai plus rien à donner, je suis vidée. Mon énergie
n'a servi à rien, on ne me regrette pas, je ne fais que passer. Consommée, je n'ai plus d'utilité.
C'est l'histoire de ma vie, c'est comme ça. Je n'ai jamais rien dit, je ne me bats pas.
J'ai un trop profond respect pour ceux qui m'ont aimée... ont-ils fait semblant ? Pour eux même avancer, appuyer sur ma tête pour mieux s'élancer...
Peut-être un jour je comprendrais que rien ne sert de donner, puisqu'à la fin des comptes, une fois peine passée, il n'y a que vous qui compte et vous abandonnez, et me faites sentir
que je ne suis qu'un jouet, sans légitimité.
Pigeon, pauvre con, naïve et empesée
Superficielle, gamine écervelée
Coeur gonflé et tendresse rejetée
A peine mes larmes vous font elles regretter
D'avoir mouché vos peines dans un kleenex usé
A l'heure qu'il est, je n'ai plus rien à donner
On m'a tout pris, tout cambriolé
J'ai tout plaqué, tout ce que j'aimais
Car je ne peux plus vivre sans jamais recevoir,
Ne serait-ce que une bribe, un grand soupir d'espoir.
Plume sortie du paysage
Les autographes