Je suis une, je n’ai pas de maître en ses lieux, je navigue et je vole où je veux
Vous êtes deux, vous avez vos lois, vos priorités et jamais seuls, vous ne vous retrouvez
Je suis une, je tends les bras, j’essuie des larmes, je calme le vacarme, jusqu’au retour du calme plat
Vous êtes deux, vous voulez m’obliger à être de vous le jouet
Je suis une et je dois décider, demander, m’imposer, au risque d’être rejetée, c’est vous qui décidez
Un jour bien, un jour mal, un jour trop, un jour pas assez
Mais de moi vous n’avez que faire pour avancer.
Je devrais sans cesse être en demande : Aujourd’hui ? Demain ? Maintenant ? Plus tard ?
Tributaire de vos états, de vos âmes, je dois savoir, comme par miracle, ce que vous voulez de moi ou pas.
C’était tellement plus facile de se montrer grossier, odieux ou fatigué,
Face à un plateau d’amitié sans cesse renouvelé
Sans nous, elle va quimper…
Inébranlable, indéboulonnable, elle peut tout supporter
L’indifférence, le silence, le refus on peut tout imposer
Parce que c’est sûr, sans nous, elle va crever…
Cogne-toi aux portes, tu n’as que ça à faire.
Ne viens pas, on a autre chose à faire.
Laisse tes cadeaux, ton enthousiasme au vestiaire
Appelle sans réponse, c’est ton calvaire.
Sèche dans ta misère, ce n’est pas notre affaire.
Et par-dessus tout ça, ton défi nous rend vénères.
On préfère que tu nous donnes ce pouvoir très fier
De décider de tes soirées, paradis ou enfer.
Je ne joue pas avec vos règles, je ne suis pas une poupée
Il est juste que je me protège d’une étrange servilité
Je n’ai pas ce rôle de servante à maître à jouer
Je ne peux être sans cesse dans la demande,
La relation est déséquilibrée.
Je propose, vous disposez ?
Non, ces dés sont pipés.
Si j’éteins ma spontanéité, c’est pour mieux me protéger
Des refus constants, des moments mal choisis,
Des fatigues ressenties, de la lassitude qui vous envahit
Je dois tout deviner, ce que voulez ou ne voulez pas
Ce dont vous avez envie ou pas.
Venir sans parachute, sans parapluie
Je ne peux pas, je me sens esclave.
On ne vient pas chez moi, les invitations on n’en veut pas,
On ne vient pas avec moi, ce que je fais n’intéresse pas
On ne m’appelle jamais, je dois sans cesse sonner
Je suis une, c’est un fait, mais je n’en suis pas pour autant dépendante
Je ne peux que mourir à petit feu à sans cesse demander…
Matin, midi et soir ou plus jamais
Il arrive un soir où on ne sait plus où mettre les pieds,
J’ai besoin de me sentir attendue et appréciée
Et non supportée ou repoussée.
Une relation dans un seul sens en est dénuée…
Par respect et tendresse pour ceux qui me sont chers,
Je préfère attendre qu’ils me demandent, sincères…
Y en a trop qui déjà hier, m’ont laissée loin derrière
Pour que je fasse de l’abandon, la force de ma déraison…
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