Je crois que je suis revenue à Boissy une ou deux fois après ça. Dont une fois en voiture quand j’étais « grande », histoire de
marcher dans les pas de la môme que j’étais.
Les souvenirs sont revenus et les anecdotes aussi :
- Avoir enguirlandé ma cops qui mangeait des gaufrettes sur les marches de l’église (5km à pied, ça creuse) parce que ça faisait un boucan pas
possible (crunch, crunch) et que c’était irrespectueux au possible ! (fallait pas me chercher à cette époque là, mdr mdr mdr !)
- Etre entrée de nuit dans le cimetière (qu’est ce que je faisais là la nuit, je ne sais plus) toute seule et les cops qui flippaient comme des
héros à la porte en me disant de revenir vite fait alors que j’avais l’impression d’être éclairée de l’intérieur et que j’ai retrouvé la tombe sans problème et ce malgré les froussardes qui
brandissaient leurs lampes torches dans tous les sens vers les cieux sous le coup de la panique.
- Avoir imaginé qu’après Laurent j’allais réussir à contacter Alain (Delon et oui rien que ça) mais que dans ma grande condescendance du moment et
ne sachant pas si je pouvais faire vraiment confiance à un type qui était quand même parti avec une autre en abandonnant mon Nidole, si échec, et ben
« parle à ma Main » que j’y aurais dit ! ;0)))
- Sur ma liste, y avait aussi le frère de Romy (mais mon talent littéraire germanique me faisant plus que gravement défaut j’ai oublié l’affaire assez
vite) et la petite Sarah bien sûr mais de loin pour ne pas effaroucher une petite fille qui était aux antipodes de Fan De et à qui on devait ficher une paix royale d’après moi. Elle avait
perdu sa Maman, j’avais perdu la mienne 2 ans auparavant et ça créait forcément un lien béton de respect entre nous.
- Avoir noirci des pages et des pages de mes cahiers de collégienne pour réécrire l’histoire sans mort, sans accident et sans larmes.
L’année où j’ai rencontré Sarah, j’avais déjà apprivoisé Saint Germain en Laye, je savais lire un plan de ville comme personne et le RER je
maîtrisais à donf. Je n’étais pas à la fête pour autant, le souvenir de l’accident de David dans cette maison me glaçait des pieds à la tête et je n’étais prédisposée à aucune concession avec les
habitants : faut bien un coupable aux choses, c’est plus facile pour passer sa rage et sa tristesse…
J’avais été briefée par Laurent qui ne voyait plus Sarah et je ronchonnais âprement en arpentant le trottoir avec ma cops qui commençait à
avoir le tournis.
A l’époque, c’était une vraie vie paralléle par procuration dont je m’étais emparé à
bras le corps.
Nous étions accompagnées d’une amie coréenne qui n’a rien trouvé de mieux que d’appuyer sur la sonnette de la maison. Lorsque j’ai vu ma cops
venir me chercher de l’autre coté de la rue, toute sirène hurlante, hystérique et piétinante, me disant qu’on allait voir Sarah, j’ai eu un bref doute sur le respect de mes convictions, mais bref
le doute car la tentation était trop forte. Superwoman n’était pas loin, j’allais affronter le pire du pire (franchir cette maudite grille de
l’enfer) et savoir si les poupées qui me coutaient mon argent de poche en frais postaux étaient arrivées à destination (et oui j’ai fait ça aussi, je
me souviens d’une Charlotte aux Fraises toute mimi que j’avais mis deux heures à emballer et à expédier à la Poste comme si c’était les Bijoux de la Couronne). La visite a été courte mais
toute mignonne, un bisou et voilou. Je me suis demandée au fond de moi ce qu’une enfant de cet âge devait penser de ces visites bizzaroïdes et pourquoi ma copine coréenne avait trouvé judicieux
d’expliquer à ses grands-parents que moi aussi j’avais perdu ma mère. Dans la série « faites pas attention, elle est un peu à l’envers mais elle n’est pas dangereuse ».
Pffff ;0)))
C’est hallucinant ce que les souvenirs de ces moments là sont clairs dans ma tête, comme un film.
Je me souviens aussi que j’ai écumé les endroits de Paris où des films avaient été tournés (Notre Dame, rue Barbet de Jouy – pas de film
là non- les Champs Elysées en long en large et en travers, même désespérément cherché le café de la Passante du Sans Souci à Balard sauf que c’était un décor, je l’ai su après) et aussi
Saint Tropez accompagnée d’une copine branchée comme moi (coucou Cendrine !).
Coté cinéma, curieusement il ne fallait pas me gaver avec Sissi, je n’avais plus 6 ans (très
légèrement influencée par les propos de l’Idole qui disait n’avoir plus rien à voir avec ces films là, mais alors très légèrement ! mdr), et pour moi la carrière de Romy avait commencé
à « La Piscine ».
A ce propos, je me souviens avoir squatté les toilettes de la maison pendant la diffusion de ce film à la télé et qu’on m’avait sommé d’aller
au lit et que je n’avais pas de magnétoscope. Je regardais le film assise sur la lunette, à travers le miroir de la penderie du couloir qui offrait
une vue très honorable sur l’écran de télé. Je n’ai jamais vu la fin ce jour là car j’ai été démasquée et recollée au lit séance tenante. Mdr !
Les films de Sautet je les connaissais par cœur. C’étaient mes préférés. Et le Vieux fusil ! Et mon admiration rejaillissait sur ces
partenaires : le Grand Montand, le Tendre Noiret, le Ténébreux Samy Frey, l’Enigmatique Jean-Louis Trintignant, Le Sautillant Brialy.
J’avais une famille qui couvrait les murs de ma chambre. Je crois que ça m’a aidée à vivre ma solitude d’orpheline de Maman. Romy et elles
étaient au ciel et c’était rassurant de les savoir toutes les deux.
J’ai une grande tendresse pour cette période et je remercie Monsieur Laurent Pétin et
Sarah d’avoir été ces douceurs sur mes plaies d’ado.
C’est quand j’ai vu que Sarah était au Théâtre dans « l’Antichambre » à Paris et que j’ai ressenti l’envie d’aller la
voir et que pour moultes raisons, ça ne pourra se faire et que spontanément j’ai dit « Alors, je pourrais pas voir ma piote ? » que j’ai compris ce que cela me
rappelait.
Abby, si tu m’entends, tu ne me renieras pas je crois ! Mdr mdr !
Plume Fan de
Les autographes