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Samedi 19 janvier 2008

C'est le matin, l'heure où on ouvre les yeux, le décor se plante, c'est mercredi ou lundi ou même samedi et la réalité rattrape les songes. Les songes qui ont bercé depuis la veille au soir et on se jette du lit en disant : "Coupez !" Impossible de rester flemmarder sous la couette, les images, les voix, les souvenirs se mêlent pour danser une drôle de sarabande qui finit par nous donner le tournis.

Debout ! Ne reste pas dans cette ronde vertigineuse, laisse la réalité et le quotidien te reprendre en main, tous ces cailloux qui roulent au fond du coeur et qui parfois s'éjectent en larmes chaudes, on les ravale et on se lève. Et chaque matin, le coeur est plus lourd, le sac de pierres pèse sur un coeur mou que l'on pensait blindé.

Le matin, c'est 2 secondes de mise au point, c'est le jour qui vient au secours des cauchemars qui piétinent les rêves du soir et intiment de revenir pieds et poings liés dans le monde des vivants.

Et on met des priorités dans son âme, mais l'âme se nourrit elle du superficiel ?

Un rendez-vous à prendre, du travail à finir, des objectifs à remplir, l'organisation des tâches, un coup d'oeil sur les relevés bancaires, de l'utilité de ce qu'on passe 3/4 du temps à faire : travailler. Faire tourner la machine, assurer les échéances, rendre service, tout dupliquer, essayer de bien faire, être compétent et s'améliorer pour tout faciliter.

Lorsque le soir arrive, avec la satisfaction toute relative du travail accompli, la tête à peine posée sur l'oreiller, c'est un autre monde qui prend forme autour de soi. Un monde qui rassure ou fait mal, de toute autre couleur, de toute autre saveur. Le monde onirique à qui on donne une direction avant de sombrer et qui fera ce qu'il veut dès qu'on aura les yeux fermés.  

A la surface de ces jours, pour quelques secondes de rêve sur 24 heures, rêves qui ne sont qu'illusions et utopies, qui parfois appuient où ça fait mal, révoltent notre foi qui se débat quand, avant de dormir, hurle d'effroi lorsque les farfadets grimaçants l'enivrent de la danse du désespoir. 

Refuser d'admettre, refuser de se plier, refuser de ne plus croire, refuser de laisser broyer l'espoir. Et si un bref instant, la probabilité toute mathématique de penser que le bonheur perdu ne reviendra jamais atteint un farouche et tenace entendement, le miroir se brise, la bombe de douleur explose et le cri résonne en mille échos : NON ! 
Affronter des hordes de mercenaires sanguinaires parait possible, tout plutôt que de livrer son âme à cette amère résignation.

L'espoir laisse le livre ouvert, même à la dernière page, celle qui précéde un feuillet blanc avant la couverture de fin, vous savez ? Là, où on peut écrire notre propre fin...

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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