Vaste débat n’est ce pas ?
Vous avez remarqué qu’on veut toujours être plus vieux ? Vivement Noël, vivement les vacances, vivement le printemps, vivement le week-end etc.
Que fuit –on exactement ? Le présent est il si pesant ? Avons nous tellement foi en l’avenir que nous y mettons toute notre énergie pour y concrétiser nos envies ?
Pourquoi ne savons nous pas dire, « Vivement demain » et le jour suivant la même chose ?
Parce que nous voyons plus loin que le bout de notre nez ? Pas sûre… Parce que nous pensons ainsi assurer le futur ? Pas sûr non plus… Alors pourquoi ?
Parce que nous ne sommes jamais satisfaits de ce que nous avons ? Pas sûre non plus…Encore que… Nous sommes plus sûrs de ce que nous n’avons pas que ce que nous tenons dans notre main.
Ce qui est certain pour tous c’est qu’hier est derrière et que bon an mal an, nous espérons pouvoir, soit l’effacer et tout recommencer, soit en tirer des bénéfices, soit oublier ce qui s’est passé. C’est selon…
Pour moi, il n’y a aucun jour pareil, ce sont les montagnes russes en permanence et c’est épuisant. Alors demain ou après demain… Quel tour va nous jouer la vie ? Il n’y a pas deux poids deux mesures. Ca passe ou ça casse.
On attend pendant des mois une promesse de vacances et c’est déjà fini. Ou pire on attend tellement qu’on a peur que le jour même l’avion ne décolle pas ou qu’on se casse une jambe ou n’importe quoi d’autre et on ne respire qu’arrivé sur le lieu de nos vacances. En fait, on a gâché le meilleur, l’avant vacances celui où rien que d’y penser on s’y sentait déjà.
Quand on attend quelque chose de réalisable, il y 80 % de chances que ça se réalise. Mais quand la vie vous sémaphore des grands panneaux indicateurs qui clignotent rouges et qu’on s’obstine quand même à y croire, ce n’est plus de l’espoir c’est grotesque.
Certains vous diront que c’est faux, qu’il faut croire dur comme fer en ses rêves, que nous sommes maître de notre destin et que c’est en baissant les bras d’avance, même face à un obstacle qualifié par tous comme infranchissable qu’on est sûr qu’on ne le passera pas. Et faites moi confiance, on ne le passe pas. Trop haut, trop lisse, trop difficile, trop trop…
Mais si on y croit au fond de soi, envers et contre tout et tous, on peut pousser ses limites de résistance très très loin. Beaucoup plus loin qu’on ne le croit. Mais pour ça, il faut être seul à avoir les cartes en mains. La grosse différence, c’est quand on ne les a pas, que votre avenir dépend de quelque chose ou de quelqu’un que vous ne maîtrisez pas… Là, vous avez deux assaillants, l’autre et vous même car vous menez deux combats : le votre pour garder opiniâtrement la foi contre vents et marées (et y a de la houle en ce moment et le niveau de la mer monte) et celui de l’autre qui vous casse minutieusement ce que vous mettez tant de peine, chaque matin à reconstruire.
L’image du château de cartes est très parlante.
Il y en a qui reconstruisent sans se lasser, déterminés, sans se rendre compte qu’ils s’épuisent inutilement à enfoncer des portes ouvertes, d’autres qui s’acharnent et obtiennent gain de cause et ils le méritent tellement qu’ils ne l’ont pas volé leur rêve réalisé, d’autres enfin qui laissent les cartes sur le tapis et les balancent d’un revers de la main. Et là, une seule alternative, soit passer à autre chose, soit tomber au fond du puits, mais alors tout au fond, pas les doigts glissants sur la margelle, pas accroché à une vieille barre de fer qui dépasse des pierres, non, au fond, là où tout est noir, suintant, déchirant et glacé.
Et quand on en est là, pousser sur les pieds un bon coup et trouver la force de remonter, même si les pierres se dérobent sous les ongles écorchés, à un moment où un autre la marche d’une pierre mal posée apparaît et c’est un tremplin pour se hisser, ou bien, continuer de patauger dans le noir jusqu’à s’endormir d’épuisement.
Pour résumer la situation, j’approche du fonds, je vois la flaque noire, les cafards et les rats (ben quoi c’est mignon un rat, c’est très affectueux il paraît !) toutes les trois tasses de café et puis je relève la tête et je vois le ciel bleu, la douceur du temps et la lumière qui paraît tout illuminer et puis un gros nuage passe et hop, deux tasses de café plus tard, ça sent le rance, le soufre et une froide humidité tombe sur mes épaules.
C’est le yoyo permanent et si je ne me décide pas pour le haut ou le bas, je vais finir les pieds grignotés par les insectes mais le visage bronzé ! Ouark, on se croirait dans « Le retour des morts vivants » ! N’empêche qu’il serait de bon ton que je prenne une décision. Haut ou bas ?
Je ne suis pas taureau pour rien, je suis monstrueusement lente à prendre une décision. Quand elle est prise, c’est bon mais avant, c’est l’enfer sur terre. Sauf que là, j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui tient la corde et que j’ignore si elle est solide ou pourrie.
Conclusion : le Fog anglais à coté c’est de la gnognotte !
Ah ben, je vous avais prévenus que j’allais me lâcher ! Mais promis la prochaine fois, j’avertirai le public comme à la télé, avec des émoticones genre « à ne pas lire si vous êtes déprimé », « à lire par tout public », « à lire absolument : c’est marrant ! Promis, craché (yeurk), juré ».
Et comme j’y pense, je vais le faire ! J’espère que vous aurez lu le dico des émoticones dans la rubrique bien nommée avant de vous fader ma tartine comme dirait une de mes amies « quand c’est trop long, j’ai besoin de me concentrer… » No comment !
Bonne soirée à tous !
Plume