Oui, car ce n’est pas celui qui hurle le plus fort le plus méchant. Il faut fermer ses oreilles aux huées, au doute, aux attaques, aux quolibets et avancer. Se relever quand nos pieds tombent dans des ornières boueuses, même quand notre front touche le sol pierreux et que les loups gémissent à vos oreilles, de plus en plus près.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, pour l’heure, je me fais fi de toute cette liste excepté des quolibets, sarcasmes et autres plaisanteries douteuses. Ce sont eux qui m’atteignent le plus et qui m’empêchent de me relever parfois, ou en tout cas avec plus de difficulté…
La jalousie des autres, la méchanceté, les cailloux jetés sont explicables. Les moqueries moins, car elles remettent en question l’essence même de votre intégrité. Etre la risée de tous parce qu’il est si évident que vous vous battez contre des moulins à vent dresse des obstacles pharaoniques sur un chemin déjà chaotique.
La volonté s’effrite et finalement on se dit que pour bien faire, il faudrait rentrer dans le rang. Etre normale, sociale, mouton de Panurge quoi ! Ne pas se distinguer, marcher dans le flot de ceux qui ont tout compris…
C’est vrai, quoi de plus confortable que de faire partie d’un groupe? Confiance, solidarité et soutien, tout ce qu’un humain désire pour avancer et lutter contre le stress flippant du « Chuis tout seul sur terre, au secours ! Mayday ! Help ! »
Flippante aussi l’idée que notre acharnement à ne pas penser comme les autres peut nous isoler, nous enfermer, voire nous hospitaliser d’office ! Et oui, si vous passez tous les stades de la « normalité » vous pouvez être considéré comme aliéné. Mais nous n’en sommes pas encore là ! Au pire, je peux être dangereuse pour moi mais pas pour les autres, no soucy, les vaches sont donc bien gardées.
Ainsi, se distinguer dans ses idées, dans ses convictions, ça fait un effet kiss pas cool.
Ca me rappelle les discussions politiques en famille où il y en avait toujours un pour casser l’ambiance et s’engueuler avec l’autre. Dans ce cas là, le choix est pourtant facile :
On n’en parle pas ! C’est tout !
Je comprends vite mais il faut m’expliquer longtemps !
Lorsque je sors d’une discussion, aussi ravagée qu’une plage de Thaïlande par un tsunami –non ce n’est pas de l’humour grinçant c’est tout à fait ça – je me dis que j’y ai mis toute mon énergie et mes tripes et que ça ne m’apporte que de la fatigue, de la faiblesse et du tourment. Et quand la « poor girl » est bien convaincue qu’elle en est une, ce n’est pas à la petite cuillère qu’on peut me ramasser, mais à la pince à épiler !
Alors j’ai dit stop, stop aux dissertations sans fin, de toute façon je n’ai plus d’autres arguments que ceux dont j’ai déjà suffisamment débattu et comme on s’acharne, tel une bande de talibans fanatisés, à me faire passer pour une pauvre débile naïve, je redis stop ! Je n’ai pas besoin de ça.
J’ai cru trouver des solutions, des explications dans des discussions (chuis une grande bavarde mais je me soigne !) et finalement je n’y ai trouvé que Bagdad sous les bombes…
L’étripade générale, c’est fini ! C’est toujours mes tripes à moi qui finissaient dans le chaudron ! Forcément : le combat était toujours mal réparti, toute seule contre tous, c’est un peu hard. Quand l’un finissait, c’était au tour de l’autre et ainsi de suite jusqu’à ce que je n’ai plus rien dans ma besace pour argumenter et que mort s’en suive. Pas loyal ça !
Cela dit : mea culpa ! C’est ma faute, j’étais aussi intarissable sur le sujet que nos politics men en ce moment ! J’ai un certain goût pour la tragédie grecque… enfin peut-être…
Toujours est il que, je suis une tête de vache (taureau est mon signe astro) et quand je cale ma volonté dans quelque chose, je vous défie bien de l’extirper de là.
Cela dit, je suis pas Robocop, je peux flancher -un jour de grosse canicule où un imbécile aura pété la clim de mon cerveau- mais ça se mélange trop dans ma tête et je ne trouve plus la porte, alors les chiens aboieront et la caravane passera, boitillante, grinçante et peut-être même qu’elle cassera ses essieux et grillera le moteur au bout du chemin mais elle avancera, avec ses idées, ses doutes, tout un tas de trucs qu’elle porte dans sa tête de caravane (le premier qui me dit que ça explique pourquoi elle est si grosse, je lui mords sauvagement l’œil !) et qu’elle gardera pour elle.
Si elle perd des boulons, elle se retournera pas pour les ramasser, ben non, avancer, faut a-van-cer !
Gentil le chien, gentil… pas bouger ! 
Bonne soirée
Plume "comme chiens et chat" !