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Samedi 24 mars 2007

Il n'y a pas que le temps qui change les choses, il y a les circonstances.

Des moments redoutés, appréhendés peuvent en un clin d'oeil devenir sans conséquence, sans importance lorsque la vie nous attrape et nous renverse vers d'autres priorités.

Ces circonstances qui font que l'on prend le mors aux dents et que brusquement la force qu'on imaginait plus détenir vous revient, comme un boomerang et vous fait gérer des instants qui, quelques jours avant, vous pliaient en deux d'angoisse.

Ce qui veut dire que, vous pouvez imaginer 3 999 999 scénari différents d'une situation ou d'un évènement que vous redoutez, dites vous bien que c'est la 4 000 000 que vous n'aurez pas prévue qui arrivera.

A quoi cela sert il d'échafauder 36 000 solutions, explications, attitudes, mots ?

 Parce que l'on veut pouvoir tout contrôler, on se prépare psychologiquement à toutes les éventualités, on fait des listes  aussi longues que des rouleaux de papier toilette (scusez la comparaison) et on se rassure.

On est sûr d'en avoir fait le tour, on s'est préparé, on a construit des plans, étudié des directions, comptabilisé son temps, chronométré ses actions et on pense qu'on a tellement bossé notre sujet que celui-ci ne peut nous échapper. Tout est sous contrôle. C'est évident, on a disséqué tous les aspects du problème, la nuit, le jour, on se sent avisé, blindé, maître de la suite et puis, tout ce qu'on a mis tant de temps à concevoir, à imaginer, parfois même à tester en live devient inutile. Une circonstance particulière, une réaction pas ordinaire et le BIG problème devient petit, mesquin et passe comme l'ordinaire.

Et même, on se découvre un potentiel inconnu, celui de gérer ces moments avec une assurance qu'on n'aurait jamais pensé avoir. Et plus encore, on ne se laisse non seulement plus marcher sur les doigts par l'angoisse et sa pléthore de copains (stress, sueurs froides, maux de ventre, tremblottages et j'en passe et des meilleures), mais on est debout face à notre "monstre" et on se sent bien, planté sur nos pieds.

Quelle énergie dépensée à se faire 50 000 films qui n'ont servi à rien...

Ca me rappelle une phrase que mon papa dit toujours " La peur n'évite pas le danger" sous entendu, elle est inutile et mauvaise conseillère. Je l'interprétais d'une autre façon, je me disais si j'ai peur, je me protège mais si non seulement j'ai peur mais que je vais aussi me viander, la peur redoublait et bonjour le cercle vicieux !

Pourtant, à bien y réfléchir, je ne suis pas si sûre que nos châteaux en Espagne aient été complétement inutiles. Pourquoi ? Parce que réfléchir tout bas dans sa tête (comme dirait Mémé), ça permet aussi d'apprivoiser la peur, de la rendre plus "humaine", de la dédramatiser.

Pendant tout le temps de la réflexion, on a préparé notre insconcient, on s'est rendu plus fort et comme le hasard (vous ici, très cher ?) se joue de nos circonvolutions cérébrales et nombrilistes, il dénoue parfois les noeuds de notre complexité intérieure face à la réalité.

La vie a remis les choses à leur place sans que je n'ai à m'en soucier et je suis les pas de cette danseuse qui me conduit.

Les circonstances créent les conséquences.

Vous savez quoi ? J'ai appris le silence et je me sens moins fragile, j'en ai eu la preuve ces jours ci.

Et pour boucler la boucle, le respect commence par celui que l'on a pour soi même et de lui découle l'estime de soi et patati et patata...

Bonne journée

Plume

 

 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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