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Samedi 28 avril 2007

Je n’ai pas choisi d’aimer, c’est venu tout seul comme une lame de fond qui ravage tout sur son passage, qui inonde, qui suffoque, dont la gestation était longue et secrète à l’insu de ma propre conscience,

Et puis une main s’est tendue au moment où je n’y pensais même plus...

 

 

Je n’ai pas choisi, j’ai laissé aller après avoir tenté par trois fois de résister, quelqu’un a dit « tomber sept fois, se relever huit ».

 

 

Je n’ai pas choisi et la danse m’a emportée, pour quelques pas sur un plancher ciré, puis la musique s’est arrêtée. La salle de bal a plongé dans l’obscurité, les vitres des fenêtres ont éclaté, le froid de la nuit est rentré et je me suis dit que peut-être j’avais simplement rêvé.

 

 

Je n’ai pas choisi le calvaire qui m’attendait, j’étais tellement sûre de moi, sûre de déplacer des montagnes avec ma foi, sûre que rien ne ternirait mes croyances, ma confiance car même lorsque les musiciens ne jouent plus, les étoiles brillent toujours au dessus des toits des salles de bal, après la fête. Mais c’était un chemin de croix qui s’ouvrait devant moi avec des ornières que je n’imaginais pas, des règles imposées impossibles à contourner auxquelles aucune loi ne me permettait de déroger.

 

 

Je n’ai pas choisi, je n’en ai pas les moyens et il faut assumer, encore et encore, alors qu’au fond de moi tout dit le contraire, je dois laisser les portes ouvertes et le sourire à l’envers.

 

 

Je n’ai pas choisi de stratégie, je ne sais pas faire ça. Je m’étiole, me consume, un peu plus chaque jour, le poids fait plier mes épaules et il me faut de plus en plus de temps pour récupérer des coups assénés. Parfois, j’en oublie même de respirer… Pas facile de continuer à briller...

 

 

Je n’ai pas choisi d’évoluer sur cette scène de théâtre où un metteur en scène drastique ne dit jamais « Coupez ! » où les répétitions s’enchaînent le jour et la nuit sans répit.

 

 

Je n’ai pas choisi les évènements de cette vie, celui qui m’a enlevé mon guide, mon ami, celui qui me demande d’assumer la famille et les soucis, celui qui bouleverse l’organisation de la vie, celui qui me demande de tenir encore et qui, ironique paradoxe, me tient debout même si mes forces s’amenuisent petit à petit.

 

 

Je n’ai pas choisi, pour la première fois de ma vie, de préférer l’automne au printemps, de désirer le sommeil plutôt que le mouvement, de refuser les vacances au profit du travail pour oublier et avancer même si celui-ci me courbe le dos jour après jour. Il ne me reste que lui, pour celui qui est parti, pour avoir une utilité tout au long de ces jours çi, et cela même si confiante je marche sur la margelle d’un puits que quelqu’un savonne les jours de pluie.

 

 

Je n’ai pas choisi mais ne vous leurrez pas, si je devais le refaire, je recommencerais, même si le chemin devenait plus escarpé, même si il fallait tout revivre, je recommencerais.

 

 

Je n’ai pas choisi d’être résolument confiante avec mes congénères, mais si vous m’entendez crier, même en silence, exploser contre celui ou celle qui prendra pour tout ça alors qu’il ou elle n’a rien à voir avec ça , expliquez lui que je ne l’ai pas choisi, mais que si je ne parviens pas à retrouver un peu de sérénité, il ou elle paiera pour tout ce qui m’a amenée jusque là. Surtout qu’il ou elle ne m’en veuille pas, qu’il soit, ami ou ennemi, personne n’est tout blanc ni tout noir et la vie se charge bien mieux que moi, de remettre sur la bonne voie.

Vous n’y croyez pas ? Moi si, ça au moins, je l’ai choisi…

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Vendredi 27 avril 2007

Lorsque la brigade de gendarmerie débarqua à Garance, tout le monde fut sur le qui vive. Il se passait quelque chose ! Cyprien se rendit chez Charlotte Magani. Celle-ci lui résuma la situation depuis la veille au soir, il demanda qui avait vu Alicia pour la dernière fois et elle nomma Léonie. Celle-ci rentrait de son travail lorsqu’il sonna chez elle. Elle était soucieuse et fatiguée mais répondit à ses questions de bonne grâce. Elle avait exploré toutes les pistes possibles, avait interrogé les plus proches amis d’Alicia mais en vain. Non, elle ne lui connaissait pas de pensées suicidaires, ni d’antécédents de fugues. Alicia avait son travail très à cœur et n’avait plus l’âge des coups de tête d’adolescentes.

Lorsque Cyprien évoqua l’éventualité de draguer le Rhône, Léonie pâlit mais ne dit rien.

-         Vous savez si elle sait nager ?

-         Absolument, elle sait !

Il envoya une équipe inspecter la maison d’Alicia et demanda à Léonie si elle acceptait d’être témoin de la fouille afin d’avoir un garant de sécurité. Lorsque Lucy Mayeur vit passer l’estafette devant chez elle, elle se signa et comprit que ses insomnies de la veille commençaient à se justifier. Elle prit son bâton de marche sur lequel elle s’appuyait pour arpenter les rues du village et se rendit tout droit au cimetière. Satine la vit passer et releva la tête de ses devoirs. Elle abandonna son livre d’histoire pour se précipiter à l’extérieur.

-         Lucy, Lucy attends-moi !

La vieille femme entendit les cris de la jeune adolescente mais ne ralentit pas le pas pour autant. Celle-ci arriva à sa hauteur en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire.

-         Lucy, tu avais promis ! Tu ne m’as pas donné la réponse pour…

-         Tu es trop impatiente ma jolie, répondit celle-ci en continuant sa route. Je t’ai déjà dit que si ton père savait que tu viens me trouver, il serait dans une colère noire.

-         Lucy !!! s’impatienta Satine. Tu avais promis ! Tu avais promis ! répéta t-elle et les larmes lui vinrent aux yeux.

L’octogénaire fit la sourde oreille et continua son chemin. Satine avait un instant ralenti mais se décida à la suivre à bonne distance. Malgré son grand âge, Lucy Mayeur avait l’ouïe très fine et elle entendit ses pas sur le gravier des allées du cimetière. Elle se retourna pour la forme mais ne vit personne, la jeune fille s’était cachée derrière les troènes touffus. Elle sourit en douce et se tourna vers le monument qu’elle venait visiter. En s’approchant de la tombe, elle remarqua un nouveau bouquet de roses roses dont l’extrémité des pétales semblait avoir été trempés dans de l’encre noire qui avait dessiné des coulées sur la couleur pastel diaphane. Elle n’avait jamais vu des fleurs de ce genre. En se penchant malgré son dos douloureux, elle vit que c’était bel et bien de l’encre qui semblait encore fraîche car elle tâcha ses doigts.

-         Emilien, mon grand, dit-elle tout haut, oubliant qu’elle était observée et écoutée. Il se passe des drôles de choses depuis ton départ. Allez, dis-le-moi, elle est venue te voir la P'tite, c’est ça ? Qu’est ce qu’elle t’a dit ?

Toutes les femmes du village en deça de 50 ans étaient des jeunettes pour Lucy et elle les nommait « Gamine » ou « Môme » avec une aisance qui amusait les principales intéressées.

Ajustant ses lunettes, Lucy Mayeur fit le tour du monument mais ne remarqua pas un morceau de papier qui s’était pris dans les branches d’un petit arbuste.

-         Il faut que tu m’aides, dit-elle à nouveau en pointant le bout de sa canne vers la tombe. Qui a mis ses fleurs ici ? Hein ? Hein ?

Satine, cachée dans l’ombre des haies, avait le cœur qui battait. Voir cette vieille femme s’adresser à un mort avec autant de conviction lui donnait des fourmillements dans les bras. Elle savait pertinemment que Lucy Mayeur était loin de perdre la tête et lorsqu’un chat se faufila sous les troènes en courant, elle sursauta.

-         Mon petit Emilien, reprit Lucy alors que Satine se remettait à peine de ses émotions dues à une imagination galopante. Tu es parti avec un secret, je l’ai vue la P'tite à la cérémonie. Je sais que tu gardes tout pour toi mais là, je crois que je vais avoir besoin de toi. Alors ?

Satine semblait halluciner. Elle crut même entendre la colère monter dans la voix de la vieille femme car les réponses ne venaient pas. Son cœur battit plus fort encore dans sa poitrine. Elle se pencha, vit Lucy baisser la tête et psalmodier des propos inaudibles, puis elle entendit distinctement.

-         Merci Emilien, je vais tâcher de m’en contenter…

L’adolescente s’enfuit vers le village avant de croiser le regard de la vieille. Son émotion était telle qu’elle se confia à la première personne qu’elle rencontra sur son chemin, une camarade de classe qui lui demanda ce qu’elle avait à courir comme si le diable la poursuivait. Elle raconta ce qu’elle avait vu et son amie éclata de rire :

-         La vieille Lucy est fin folle ! Tu ne vas pas croire à ses âneries ! Elle parle tout le temps toute seule, ça l’occupe qu’est ce que tu veux !

Reprenant son souffle, Satine fut dédouanée de tout commentaire et accepta d’aller se promener avec sa camarade de jeu. Satine était la fille du plus gros exploitant agricole du village. Elle était appréciée de tous pour sa gentillesse et sa discrétion. Ses parents lui accordaient une très grande autonomie, trop occupés à tenir la ferme. Elle retrouva des jeux de son âge avec sa bande de copains mais l’épisode du cimetière resta dans sa mémoire.

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Jeudi 26 avril 2007

Le petit village de Garance était niché au fond d’une vallée tranquille au bord du Rhône. C’était un village sans histoire dont la vie était rythmée par les heures sonnées au clocher, les cris des enfants dans la cour de l’école et le passage du facteur et du boulanger. Il ne s’était jamais rien passé d’extraordinaire et le calme tout relatif qui règne dans les petites communes rurales n’était troublé que par les commérages habituels sans grande envergure.

Léonie Déprés se retourna dans son lit, 2 heures du matin venaient de sonner et elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. D’un commun accord avec Charlotte Magani, le maire du village, elles avaient décidé d’attendre au lendemain matin pour avertir les autorités de la disparition étrange d’Alicia Fairise. Mais, Léonie avait usé la touche rappel de son portable jusqu’à épuisement de la batterie sans succès, espérant entendre la voix de son amie qui la rassurerait sur son état. Elle se retourna une nouvelle fois en soupirant et jeta un œil sur son mari qui dormait du sommeil du juste à ses côtés. Mais où Alicia pouvait-elle être passée ?

A Garance, quelqu’un ne dormait pas non plus et regardait par la fenêtre de sa petite maison le ciel étoilé d’un printemps précoce. Lucie Mayeur venait de fêter ses 85 ans et ce qu’elle voyait dans le ciel ce jour là, ne lui plaisait guère. Lucie avait la réputation d’être un peu sorcière, elle préparait des décoctions qui guérissaient les enfants des piqûres d’insectes l’été et des cataplasmes qui calmaient leurs bronchites l’hiver. Mais surtout, elle avait le don de voir à travers les gens, il lui arrivait parfois de croiser des villageois et de les regarder d’un air courroucé en proférant des menaces selon ce qu’elle sentait à ce moment là. Elle avait félicité une jeune femme pour son prochain bébé alors que celle-ci ne savait pas encore qu’elle était enceinte, elle les connaissait presque tous, ces mécréants, dont certains qu’elle avait mis au monde et certains d’entre eux la fuyaient même redoutant ses prophéties qui se révélaient souvent justes. Le curé du village, lui-même, voyait comme un mauvais signe la visite de Lucie à l’église car celle-ci n’y allait jamais mais, lorsqu’elle franchissait la porte de ce lieu sacré, il savait qu’elle venait en découdre avec Dieu d’un présage dont elle venait d’avoir conscience. Du fond de la sacristie, il reconnaissait son pas traînant et se faisait tout petit derrière les encensoirs. Il l’entendait parler tout haut et s’adresser à une statue de la Vierge sans comprendre un traître mot de ce qu’elle disait. A son arrivée à Garance, il y avait quelques années de cela, il avait bien essayé de la contraindre au silence consacré dans ce lieu de prières mais elle l’avait superbement ignoré et continuait son monologue à haute voix lorsqu’elle sentait arriver l’orage. Elle ouvrit la fenêtre, laissant entrer trois de ses chats qui n’attendaient que cela pour venir se remplir le ventre et pensa qu’elle irait à l’église dès le jour levé. 

Et quand le jour se leva, Léonie sauta de son lit, délivrée de la nuit, elle pouvait vaquer à ses occupations et matraquer à nouveau le téléphone pour vérifier qu’Alicia ne répondait toujours pas. Elle attendit 6 heures à la table du petit déjeuner et Thomas fut surpris de la trouver déjà là.

-         Tu es tombée du lit ?

-         Il faut appeler la police, Tom, je suis trop inquiète pour Alicia.

Le Lieutenant Cyprien Antinace de la gendarmerie de la petite ville voisine ne s’attendait pas vraiment à passer une journée compliquée lorsqu’il entra à la brigade ce matin là. Le monde rural était relativement calme et rien ne troublait vraiment la quiétude habituelle. Premier au bureau, comme tout bon chef qui se respecte, il se servait une tasse de café bien serré lorsque le téléphone sonna, l’afficheur indiquait Charlotte Magani,  Maire de Garance. Il la connaissait bien, ils avaient usé les bancs de l’école ensemble, c’est pour cette raison qu’il se permit de dire avec bonhomie :

-         Eh bien Madame le Maire, tu es drôlement matinale ! Garance est à feu et à sang ou bien ?

Il fronça les sourcils en entendant le discours de son ancienne copine de classe.

-         Comment ça disparue ? Tu en es certaine ?

Elle en était certaine, elle savait qu’Alicia ne serait pas partie sans prévenir, qu’elle aurait donné des justifications pour son travail. Ca ne lui ressemblait pas de se volatiliser sans explications.

-         Bon, j’envoie une équipe chez toi. Vous avez vérifié le ruisseau ?

-         Franchement Cyprien ! Dans 50 centimètres d’eau, crois-tu qu’on serait passé à coté ?

Il comprit que l’heure n’était pas à la plaisanterie, visiblement Charlotte était vraiment soucieuse. Il raccrocha en ajustant ses galons sur son épaule, finalement la journée n’allait pas ressembler aux autres…
par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Dimanche 22 avril 2007

Lorsque le téléphone a sonné ce jour là, comme d’habitude, en dévalant les escaliers, Mila s’est précipitée pour répondre la première. Toujours intiment persuadée, comme le sont les enfants, que cet appel la concernerait, qu’elle jouerait aux grandes pour répondre à l’interlocuteur. Mais elle ne reconnut pas la voix qui demanda à parler à sa mère. C’était une femme, qui la reconnut avant même qu’elle ne se soit présentée. Elle fit oui de la tête comme si on la voyait et courut chercher sa mère qui rêvassait en plantant des fleurs de printemps dans une vieille auge réhabilitée en massif.

- Maman ? C’est Charlotte !

Elle passa le combiné à Léonie qui prit le temps de secouer ses mains avant de s’en saisir.

-         Allô ? Oui bonjour, comment tu vas ? … Euh je ne sais pas, je l’ai vue hier soir et elle m’a dit à lundi. Tu as essayé sur son portable ? Ok, je comprends…

Elle se redressa et scruta le fond du terrain comme pour mieux réfléchir.

-         Oui, non je m’en doute. Je vais aller faire un tour chez elle dans la soirée pour la prévenir qu’on a besoin de ses services,  je te tiendrai informée.

Elle raccrocha, fronça les sourcils en essayant de relativiser. Charlotte avait la voix angoissée. Elle décida de ne pas attendre la fin de la journée et s’empressa de prévenir son mari qu’elle faisait un saut jusqu’au village voisin. Absorbé par ses travaux de rénovation, celui répondit évasivement et n’y prêta pas plus attention.

-         Qu’est ce qui se passe Maman ? demanda Mila, toujours en quête d’explications.

-         Rien, je vais voir Alicia, reste là.

Mais la fillette ne s’en laissa pas compter et grimpa dans la voiture dont le moteur grondait déjà. Léonie n’insista pas et fit les quelques kilomètres qui la séparaient du bourg voisin en silence, écoutant à peine le babillage de son enfant. Elle arriva à la maison qu’habitait Alicia, remarqua les volets ouverts, une fenêtre l’était aussi. En jetant un œil sous la porte du garage, elle vit les roues de la voiture. Mila, plus désinvolte, clancha la porte d’entrée et celle-ci s’ouvrit sans résistance.

-         Elle ne doit pas être bien loin, pensa tout haut Léonie.

Elles firent le tour de la maison mais n’y trouvèrent même pas le chat. Elle écumèrent le jardin, le chemin, sonnèrent même chez un voisin mais Alicia semblait s’être volatilisée.

-         Quelqu’un est venue la chercher, pis voilà, dit Léonie à bout de ressources.

-         Bizarre quand même que Mine n’est pas là, dit Mila en faisant toujours référence au chat.

Elle s’était mise à plat ventre pour chercher dans toutes les cachettes potentielles où l’animal se serait glissé sans résultat.

-         En tout cas, y a pas son sac, ni son portable, avait elle également observé.

Léonie s’assombrit mais ne dit rien. Elle remonta dans sa voiture et n’attendit même pas d’être rentrée pour appeler Thomas, son mari.

-         Y a un truc qui cloche là, lui dit elle. Est ce que tu peux faire un tour dans le village si tu vois Alicia ?

Thomas tomba des nues, c’était quoi cette nouvelle lubie ?

Elle dut prendre le temps de lui expliquer ses craintes en long en large et en travers.

-         Mais ! C’est rien, elle ne doit pas être bien loin. Je vais l’appeler sur son portable.

Alors qu’elle quadrillait  son village avec sa fille agrippée à la vitre, scotchée à une vision à 180° pour ne rien laisser au hasard, elle finit par aller sonner chez quelques connaissances d’Alicia. Mais personne ne l’avait vue. Elle s’empara de son téléphone, passa quelques coups de fil toujours sans succès. Elle atterrit en désespoir de cause chez Matéo. Il n’y avait aucune chance qu’elle ait pu s’y rendre à pied puisque 10 kilomètres séparaient son village du sien mais elle avait subitement besoin d’en référer à quelqu’un de moins speedé, qui prendrait les choses avec plus de recul et qui aurait peut-être une idée sans alerter Paris Match et VSD.

Matéo bullait devant sa télé et parut ravi d’avoir de la visite.

-         Alicia est chez toi ? demanda Léonie avant même qu’il eut le temps de la saluer.

-         Ben non, pourquoi ?

-  Qu’est ce que c’est que ce souk ?

Matéo comprit que quelque chose l’inquiétait. Il la fit entrer et l’interrogea. Il refit avec elle la liste de tous les endroits où Alicia pouvait être allée, emmenée ou à pied mais Léonie secouait la tête avec obstination.

- J’ai déjà vérifié tout ça, je comprends pas…

Thomas arriva sur ces entre faits.

-         Qu’est ce qu’elle nous fait la zessgon ? dit-il avec son franc parler. J’ai laissé 36 000 messages sur son portable, j’ai tourné dans tous les coins, elle est où ?

Il se gratta le front comme à son habitude quand il réfléchissait et dit à sa femme :

-         T’es sûre que t’as cherché partout ? Mais alors partout ?

-         Oui ! s’énerva un peu Léonie. J’ai appelé, j’ai vu du monde, je te dis qu’elle n'est nulle part.

-         Elle sera allée faire des courses, proposa Mila.

-         Sans voiture et un dimanche, ça me paraît difficile, même avec un lard-feuilles blindé ! commenta très justement son père.

Ils décidèrent de retourner chez Alicia tous ensemble mais rien n’avait bougé. Pas de messages sur son répondeur, pas de feuillet laissé, pas de trucs suspects comme dira Thomas.

-         Dans les films, ils parviennent à localiser quelqu’un avec son portable, où qu’il soit, suffit qu’il soit branché, dit Matéo croyant aider.

-         Et il l’est ! Puisque ça sonne plusieurs fois avant d’avoir la messagerie !

-         Et pour qui on va passer si on débarque au commissariat avec une histoire pareille ? Arrête, tu me fais flipper, dit Léonie qui commençait à se tordre les mains, signe d’une inquiétude grandissante.

-         On disparaît pas comme ça, on n’est pas dans Columbo, les raisonna Thomas. Vous regardez trop la télé !

-         N’empêche, dit Léonie en vérifiant une énième fois les documents sur le bureau de son amie. Si dans 48 heures, elle n’a pas donné signe de vie, j’appelle la police.

-         Elle est peut-être partie en stop ? Qui sait ? émit Matéo.

-         Avec son chat sous le bras, c’est cohérent ça ! répliqua Léonie que la situation rendait un peu agressive.

-         Ou enlevée par des extra- terrestres ! dit Mila avec la candeur de l’enfance. Ben si ça s’peut ! insista t-elle malgré l’œil courroucé de son père qui trouvait que la plaisanterie n’avait déjà que trop duré.

-         T’as appelé les hôpitaux ? dit soudain Thomas à Léonie, comme frappé d’une idée de génie.

-         Ouais ouais ouais, dit-elle. C’est fait. Mais pas d’Alicia.

 

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Dimanche 15 avril 2007

J’ai perdu un ami, qui avait de tous, l’extrême pudeur de ne pas parler de ce qu’il comprenait,

J’ai perdu un ami, avec qui j’ai partagé un long périple dans sa maladie, à qui j’espère j’ai offert les sourires des matins fatigués, pour avoir le courage d’affronter ses journées,

 

 

J’ai perdu un ami qui aimait la philosophie, la littérature, la poésie, qui les utilisait pour illustrer les moments de la vie,

J’ai perdu un ami qui faisait preuve avec habilité de beaucoup d’humaine psychologie,

J’ai perdu un ami qui maniait l’humour bien mieux que d’autres le fusil et en tirait tous les profits,

 

 

J’ai perdu un ami qui préférait admirer les chevreuils aux abois plutôt que de les tuer,

J’ai perdu un ami qui connaissait tous les noms des arbres des bois vosgiens, des champignons et des fleurs des champs en été,

 

 

J’ai perdu un ami, qui savait résumer d’un mot d’interminables discussions sans intérêt,

J’ai perdu un ami, qui ne jugeait personne, jamais, qui cherchait à comprendre, à écouter,

J’ai perdu un ami, qui tolérait tout sauf, ce n’est que justice, l’idiote méchanceté,

J’ai perdu un ami qui malgré la dureté de la vie croyait profondément en l’être humain et sa bonté et qu’il n’est jamais trop tard pour se relever,

 

 

J’ai perdu un ami, un professeur dont le départ provoque l’affolement désorganisé de ses élèves effarés,

J’ai perdu un ami qui doit lever un sourcil songeur en les voyant s’activer tels des petits insectes dont la fourmilière vient d’être bouleversée d’un coup de pied en l’air, comme s’ils n’avaient pas encore compris le message qu’il leur a délivré,

J’ai perdu un ami dont l’œil doit pétiller, la moustache frissonner en sachant qu’ils vont finir par s’épuiser de s’être bien énervés pour rien et qui attend patiemment et avec confiance de les voir plus sereins,

 

 

J’ai perdu un ami qui, dans ses derniers jours, a su encore écouter, analyser et me permettre de moins me disperser alors que sa vie à lui s’achevait,

 

J’ai perdu un ami, qui m’a expliqué ce que les hommes étaient, sans jamais leçon donner,

 

 

J’ai perdu un ami qui m’a laissé en héritage le message souverain «  Quoi qu’il arrive, continue d’aimer ton prochain, tout est possible, tu le vois bien, ne désespère pas de l’être humain »,

 

 

J’ai perdu un ami, qui tel le phœnix, s’était relevé pour arriver à son apogée, et maintenant qu’il est en paix,  peut être fier de ce qu’il a fait,

J’ai perdu un ami qui avait probablement terminé sa mission ici-bas et a passé le relais, avec confiance et générosité.

 

 

Soyons fidèles à sa mémoire, à son profond respect de nous tous car, une chose est sûre au plus profond de moi :

 

 

J’ai perdu un ami que je ne laisserai personne blâmer.

Je ne suis pas en état de supporter cela, alors ne m’en voulez pas si un jour, je sors de ma réserve pour vous rappeler qu’une équipe a un capitaine mais que sans elle, il n’aurait rien fait, il en était profondément respectueux et convaincu

Ne mettez pas en doute son intégrité, ne doutez pas de ses choix qui étaient aussi les vôtres, ne l'oubliez pas ! 

Même paniqués par son départ, faites vous, faites lui confiance comme vous l'avez toujours fait ou peut-être il vous faut, sur vous même vous retourner, car ces jours çi,  je sens en moi monter une onde de mots révoltés…

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Jeudi 12 avril 2007

Quelle est la seule chose que l’ont peut donner sans compter, entièrement, profondément, intimement, gratuitement, en quantité infinie, sans s’appauvrir, sans arrêt, et quelquefois à notre propre insu ?

 

 

Vous ne savez pas ? Je suis sûre que si, cette « chose » là c’est l’amour.

 

 

Celui que l’on reçoit n’est jamais un problème, il aide à grandir, à s’épanouir, à se nourrir, à devenir adulte, à s’enrichir, à avancer, à évoluer.

 

 

Mais celui que l’on donne, peut il être parfois un cadeau empoisonné pour celui qui en est le sujet ? Je ne sais pas, toujours est-il qu’aimer l’autre c’est sans condition, sans exception, sans même savoir pourquoi, sans compromission.

 

 

Pensez-vous qu’il faille cacher l’amour que l’on a pour quelqu’un ? Pensez vous que l’être humain puisse être assez vil pour s’en servir ? Pour vous détruire ? Pour jouer ? Pour dominer ?

 

 

Moi, oui, je le pense parfois mais heureusement, celui qui aime à l’âme pure et ce qu’il reçoit, il le transforme en excuses, en prétextes, en compréhension, en tolérance, en explications.

Comme notre conscience et notre raison sont faciles à endormir lorsqu’on aime, n’est ce pas ?

Comme on pardonne, comme on se convainc que l’autre ne réagit pas comme notre inconscient nous l’indique instinctivement mais plutôt qu’il ou elle a ses raisons.

 

 

Aimer de loin, aimer tout bas, sans déranger, sans bouger, mais le dire c’est déranger. D'ailleurs, sans même le dire, notre comportement fait qu’on dérange. Pourtant, qui y t-il de plus pur ? On fait preuve de patience, d’une compréhension démesurée et on continue d’aimer, malgré les désillusions que l’on s’empresse d’enfermer dans la plus vieille malle poussiéreuse au fond du grenier, malgré les preuves qu’on se trompe peut-être et que l’on s’égare dans une voie sans issue, malgré les conseils avisés de ceux qui disent tout comprendre : on s’en fout, on continue, on ne peut pas pousser le bouton « stop ». Ca se saurait...

 

 

Et pourquoi ?

 

 

Car l’amour ne se commande pas, il ne s’éteint pas avec la lumière, il ne s’envole pas à la première tempête, il reste là, chaud ou froid au fond de notre cœur mais il est toujours là. Et on agit en fonction de lui, guidé par lui, sans s’en rendre compte, avec humilité, avec respect et dignité.

 

 

Et pourtant… Comment est-il reçu ? Comment est-il perçu ? Pourquoi ne nous revient il pas ? C’est incompréhensible, inadmissible, parfois révoltant, très déroutant, très bouleversant.

Quand les choses changent, le passé revient à la charge, au triple galop et ne souffre pas la comparaison. 

Parfois on se sent humilié, moqué, ridicule, affaibli. Et ce qu’on espère de l’autre ne vient plus, plus un pas, plus une miette, plus de soutien, alors pourquoi ? On se remet en question. Puis on trouve des raisons : c’est une protection, c’est pour dénouer les liens doucement, c’est pour nous permettre d’être fort(e) sans l’autre, c’est par respect, par peur peut-être aussi … ou simplement et plus monstrueusement par indifférence, par envie d’oublier, de tracer un trait sans savoir le faire vraiment, noyé dans les non-dits, pour s’en sortir avec un tantinet de lâcheté.

 

 

Mais sortir de quoi ? Quand celui qui aime respecte chaque décision, accepte et reste en retrait tout en restant à l’écoute de celui qui est aimé et qui parfois vient se confier, pour ensuite jeter celui qui a servi, comme un kleenex, peut-être pour se venger d’un passé…

 

 

Comment savoir ? Comment comprendre ? Sans indice, sans complice ?

 

 

Quelqu’un a dit, sûrement un adepte du Dalaï Lama : «  L’amour que tu donnes à une personne te sera rendu par une autre si ce n’est celle là, à un moment ou un autre ».

Ironique consolation, je croyais qu’aimer était la clef de l’enrichissement et qu’en aucun cas, cela ne pouvait apporter autre chose qu’au minimum le respect, au maximum la réciprocité.

Dans ce cas, pourquoi, suis je souvent persuadée que c’est le contraire qui m’est retourné, comme un boomerang  affolé ?

 

 

Je me dis, j’ai fait une erreur, avancé de travers, mais j’ai beau retourner sur mes pas, je ne trouve pas où j’ai flanché…

 

 

Moi, je n’ai pas changé, j’ai écouté, j’ai eu confiance, j’étais persuadée qu’en cas de problème comme cela m’a été dit, on me relèverait, on ne me laisserait pas lutter toute seule. Même si un moment j’ai souhaité le contraire, chaque jour j’ai assoupli la violence de ma douleur, fait demi-tour pour expliquer, j’ai cru avoir été comprise. J’ai pensé que l’épaule qui disait être solide ne se déroberait jamais, connaissant les affres par lesquels je passe ou suis passée. Mais elle s’est éloignée, avec un rictus d’ironie que je me persuade de transformer en maladresse, en mal être. En attendant, je traverse seule un ‘hell’ qui me demande davantage de forces, et que je dois décupler, pour vivre le quotidien et aussi m’obliger à penser que le diable qui s’entretue avec l’ange dans ma tête n’aura jamais le dernier mot, mais il est coriace en ces temps troublés.

 

 

Alors, il faut abandonner, baisser les bras, se détourner, changer de chemin et avancer. Facile à dire : et puis une autre personne a dit : «  Quand tu aimes quelqu’un, tu ne vois plus les autres autour »….

 

 

Fin de transmission.

 

 

Plume…Récolte l’ouragan…

 

 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Mercredi 11 avril 2007

Avez vous réfléchi à ce qui vous fait avancer dans la vie ?

Certains vivent pour leur travail, j'aime énormément le mien, mais j'ai l'impression qu'en ce moment il ne me suffit plus, il m'use un peu plus chaque jour même si les perspectives d'avenir sont sereines, même si je n'ai pas d'angoisses particulières, je me sens le besoin de me poser, un peu plus que 4 jours, un peu plus loin des suites à donner et pourtant ce n'est ni le moment ni l'envie que j'en ai.

Certains vivent pour leur famille, pour leurs enfants, sur ce terrain là je vais m'abstenir de tout commentaire, qu'aurais je à dire de toute façon...

Certains poursuivent un rêve, inaccessible ou non et se donnent les moyens de le réaliser ou bien se contentent de rêver toute leur vie. En ce qui me concerne, il me tient debout depuis si  longtemps que je le vois plier sans rompre pour l'instant mais il touche presque le sol et je suis au bout prête à le lâcher, à force de trop en supporter, je me sens sans espoir, sans droit à l'espoir et pourtant je continue à assumer comme si de rien n'était... Pourtant, il m'arrive fréquemment -de plus en plus- de me dire le soir "je vais finir par péter un cable, c'est obligé". Surtout ne m'amenez pas de chocolat si jamais je pars en cure de sommeil, je n'aime que la vanille, à bon entendeur... !

Certains sont comme les moutons du célébre Panurge et se disent que c'est leur lot et que demain est un autre jour. Y a des jours où ça marche, d'autres où j'ai envie de tout plaquer. De me dire qu'on n'est rien sur cette terre, que tout peut s'arrêter et qu'on continue pourtant à se freiner. Mais, faire quoi pour changer ça ? Aucune idée, et au risque de gâcher une ultime chance, je préfère ne pas bouger et encaisser. C'est peut être là que j'ai tort, qui sait ? Le poulet rôti ne tombe pas tout chaud dans le bec du renard. Au pire, je risque un coup de fusil à plomb, j'en mourrai pas, mais quand même, ça fait mal...

Certains avancent et attendent une terre promise, un eden, qui finira bien par arriver. Oui, ici ou dans l'au-delà, pourquoi pas ? En tout cas, arrêter d'en baver mais comment faire ? Se gaver de pilules ? Se déconnecter de la réalité ? Je ne supporterai pas longtemps, de n'être qu'un fantôme parmi les vivants. Alors autant avancer, avec le temps...

Certains ne savent même pas pourquoi ils avancent et ils s'en fichent, je les envie, ils vivent au jour le jour (enfin c'est eux qui le disent mais sont ils vraiment sincères ?)

Certains attendent le prochain week-end, les prochaines vacances, la prochaine soirée, c'est terrible mais je ne peux même plus m'en contenter. En fait, je m'en fiche, ce que j'attends n'arrive jamais. Il faut changer de direction mais pour l'heure, je n''y suis ni préparée ni n'en ai la volonté.

Certains n'attendent plus rien mais sont encore là, comme des zombies, en attendant qu'enfin quelqu'un s'aperçoive qu'ils sont là. Ils sont résignés, ils ont posé les armes et leur bouclier. Ils en ont assez d'un combat sans cesse renouvelé.

Mais ce que je sais c'est quoi qu'on en dise et quoi qu'on en pense et quoi que même on s'en défende, tout revient toujours à la même chose comme dit Cabrel "Tout le monde veut son billet retour, d'amour" car il n'est jamais question que de ça, partout entre les êtres, dans la société, amour de soi, amour des autres, amour pour soi, amour pour l'autre.

"Et c'est perdu d'avance, s'il n'y en a pas pour tout le monde..."

J'ignore ce qui me fait avancer, ce que je n'aime pas c'est avoir à tout recommencer, surtout quand on est affaibli par la fatigue, mais j'y arriverai... Enfin j'espère... Ce que je n'aime pas non plus, c'est ouvrir brutalement les yeux sur la vérité et ne pas toujours savoir dealer avec elle, alors qu'elle me criait au visage mais que je refusais obstinément de la voir et de l'entendre et quand soudain le voile se déchire, il faut s'adapter. Bon sang, que la vie est compliquée...

La route est longue, mais Cours Forrest, cours....

Plume désenchantée

 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Lundi 9 avril 2007

Je crois que j'aime le silence, il faut juste savoir l'écouter.

Parfois, il nous enveloppe, il nous protège, il est notre refuge, notre intimité. Il s'impose à nous, comme une évidence, comme notre dernière chance, quand on a épuisé tous les mots et que l'on comprend qu'abuser de la parole peut altérer notre existence car on a donné le pouvoir à d'autres sur notre existence, alors il est grand temps de se replier, dans ce silence cotonneux, bulle de douceur et de couleurs, pour mieux se retrouver, ne pas se renier et juger son instinct comme notre guide de pensée.

Parfois, il est assourdissant, retentissant, froid et glacé, à tel point qu'on chanterait bien à tue tête pour le chasser. On écoute plus attentivement mais il est toujours présent, pas de voix connues, pas de musique, pas de claquement de portière, pas d'enfants qui crient dans les cours d'école, même pas le chuchotement de la cafetière aux arômes envoutants, pas de sonneries de téléphone, ni de pas qui résonnent.

Parfois il est médisant, source de non-dit et de malentendus, source de conflits, de remords et de regrets. Il se croit tout puissant parce que l'orgueil le rend omnipotent, parce que l'on croit que grâce à lui on s'en sortira mieux comme ça et qu'au fil des jours, l'oubli effacera ce qu'on veut taire.

Parfois il est dérangeant, cet ange qui passe, ce froid qui coulisse entre les gens, ce malaise qui s'installe quand on croit avoir dit ou ne pas avoir à dire certaines choses et il fait mal, il est violent, décourageant et si quelqu'un rompt sa présence, il se réinstalle très vite car parler pour le chasser ne suffit pas à le désamorcer.

Parfois il est très long ou très court mais aussi oppressant, une minute de silence et le monde prend les couleurs dune larme versée, des semaines de silence et le froid s'installe pour plus longtemps encore, des années de silence et il faut tout recommencer...

Le silence, je l'aime berçant, protecteur et sécurisant mais je le hais sournois et menteur dans le comportement de ceux qui croient que parler avec son coeur de ce qui ne va pas est une preuve de faiblesse ou ne résoudra pas les malentendus installés depuis trop longtemps.

Rompre le silence peut ensoleiller la vie, il suffit de faire un pas, celui qui coûte tant pour certaines personnes.

Se réfugier au creux de ses bras peut protéger l'âme et le quant-à-soi, il suffit de se respecter assez pour ça.

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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