1 +1 = 2 + 1 +1 = 4
Mais
1 + 0 ca fait toujours 1
Quand les uns se mélangent aux 2, histoire de ne plus faire 1 avec une bulle en plus, ca fait toujours 1.
Alors on additionne, tout le temps, souvent, au boulot, en week-end, à Berck, à Bergues, au Maroc, en concert, au dessert, à l'apéro qui se prolonge toujours en pizza et gâteaux, on multiplie, à
l'infini et puis ca fait trop 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 2 + 3 += ca fait trop, vraiment trop, alors on recommence 1+ 0 ca fait toujours 1, c'est malin...
On se rapproche, on sms, on s'emaile, on s'appelle, on pense qu'on nous entendra, on double les alertes desfois que ça se voit pas, on ouvre des portes, on laisse aller la vie, café chez moi,
ptit déj chez eux, souper chez elle.
On pense parfois aux bonnes moeurs, aux "on-dit" : pas trop souvent, pas en même temps, pas envahi(s)(e), ca finira dans les orties.
On le sait mais on continue, samedi dimanche et vendredi aussi. Parfois même en pleine semaine, pour rien, pour tout, pour l'occasion, qui font les larrons, pour se bercer, pour se sentir
vivant.
Ils sont 2, ou 3 et moi et moi. Il est seul ou 2 ou 4 mais ça change pas. Faire la vaisselle, laver parterre, pousser des pierres, refaire le monde, pleurer sur une épaule, rire d'être odieux,
d'être gâteux, d'être possessif, explosif, abusif.
A découvert, en marche arrière, regarder la terre avec tous ses solitaires, qui se tiennent la main, ou un bout du coeur, pour avancer jusqu'à demain.
Parfois, on s'arrête et on regarde le film, de nos vies. On voit les jaloux, les envieux, les "pas nous", les 1 qui se croient 2, les 2 qui se savent seuls, les 3 qui en ramènent 2.
On repart backstage, quand on était dans les coulisses, quand on avait rien vu quand on ne savait pas, qu'on ne se connaissait pas, qu'on ne s'aimait pas.
Et on est épaté, éclaté, effaré. On se dit que la vie fait bien le bien qu'elle veut faire pour ne laisser personne en arrière. Derrière nos paupières, il y a des jours de prières, des jours de
galère, des coeurs brisés par la mort, les départs, les vacarmes mais on rebondit à deux pieds.
Parce qu'on est 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 et toi et moi et lui et elle et le chien, le chat, le rat...
1 + 1 + 1 + 1 font des projets pour siliconer leur amitié. Partir ailleurs ensemble, pour les souvenirs, pour le plaisir, pour la visite, pour la musique, pour le coeur, surtout
pour lui.
Parfois aussi on est repu, fourbu, foutu, et l'autre est là, parfois trop mais là quand même. Pour effacer les fantômes qui traînent, les questions des soirs trop noirs, les petites peurs des
nuits glacées.
Et on y va, on refuse de voir les alarmes, celles de la société, que le bloc fait reculer, cancanner, pérorer.
On y va, c'est juste parce qu'on sait, on sait ouvrir les bras.
Et on se dit que rien que pour ça, même si ça s'arrête, on recommencera.
Car rien n'est moins regrettable que l'affection donnée.
Bisous
Plume 1 + 1 + 1 + 1 +
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander






