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Mardi 29 mai 2007

Croire, croire, c’est bien naïf, mais ne pas croire l’est aussi...

Je ne peux pas croire en ce que je vois, je ne peux pas comprendre ce qui se passe en si peu de mois, ce qui change les gens, ce qui transforme un ange en démon, ce qui fait de l’amour un conflit dans le silence.

 

 Je ne peux pas croire que c’est ainsi, que tout finit, que c’était la seule issue définie, si j’avais su, Mon Dieu si j’avais su, je n’aurai jamais grandi. Je serai restée naïve, loin de tant de passion furtive, loin de la déraison, loin de cette douleur pesante et lancinante qui vous prend et vous ronge en dedans lorsque les bras qui me serraient, les mots qui me touchaient, la douceur qui m’enveloppait, ne deviennent que lâcheté, poignard et froid glacé.

 

 Je ne peux pas croire que tout a changé, que tout ce que j’ai donné, du plus profond de mon âme, ait été piétiné, comme un mouchoir de papier que l’on jette après les larmes essuyées. C’est comme une révolte qui gronde, un cri qui hurle du fond de mon cœur, qui pense en s’arrachant de mes poumons, en extirper la douleur. Mais j’ai tout  rencontré, les larmes, le sommeil qui ne vient plus ou les cauchemars qui le polluent, les cris, les fous rires et tout me ramène à ce que je suis devenue : une ombre, un tas de poussière, un fou qui rampe, la bouche pleine de terre.

  

 

Ce qui m’a fait renaître, décrocher les étoiles, voir les lumières qui dansent au firmament, donner une force de titan. Ce qui m’a envolé, fait danser, touché du doigt le paradis, m’a repris la vie, m’a rendu la mort la seule issue, pour ne pas voir cette grimace que je ne supporte plus, cet être décharné, qui fait pitié, qui se traîne pour avancer, que l'on traite plus bas que terre, infâme, inutile, abandonnée, jetée à l’écart recouverte d’un sac poubelle, détritus à oublier, baignant dans des larmes amères dont on se fout. Tas de poussière, tas de boue…

   

 

Je ne peux pas croire qu’on m’ait menti, de bout en bout, que rien n’était vrai, que j’étais déjà condamnée, même avant ça. Qu’on ne me respecterait pas, on m’a dit le contraire, on m’a dit savoir que les chagrins du cœur torturaient, qu’on ne me ferait pas subir ce par quoi on était passé, que rien n’était jamais fini quand le cœur mène une vie, qu’on serait là pour moi, que je ne serais pas seule avec tout ça, que je pouvais avoir confiance.

   

 

Et tout cela n’était que mensonges, balivernes et sarcasmes. Que je pleure, que je saigne, que j’ai peur, que je prie, je n’existe plus. Je ne suis plus rien, une ombre à oublier, un nom à effacer, et que je tombe sans me relever, tout ça n’a pas d’importance, il est la parfaite innocence. Que je finisse sur le pavé, naufragée ou noyée, rien ne le fera se retourner, la page est tournée. Je n’avais pourtant rien demandé…

   

 

Je ne peux pas croire à ce cauchemar, qui chaque jour un peu plus, me pousse au fond d’une abîme incongrue. Je ne suis plus aussi convaincue que je vais me réveiller, je ne fais même plus la différence entre le rêve et la réalité. De quoi est il né ? Pourquoi est ce ainsi devenu ? J’ai marché à l’ombre, sans faire de bruit, encaissant tous les coups sans jamais crier  et c’est enfin, quand à bout de force, j’ai demandé pitié -sans oublier "s’il te plaît" - que le pire s’est déchaîné.

  

Ne me quittez pas des yeux... 

 

Je me sens prête à vous renier, à m’endormir longtemps pour oublier, à ne plus vous rendre vos sourires policés, à vous dire ce qu’on m’a fait, à détester l’été, à ne plus faire semblant, à ne plus être celle que vous connaissez.

   

 

Je ne peux pas croire que la vie m’ait aussi vite repris ce qu’elle m’a donné en infime partie. C'est impossible, inconcevable, inacceptable, hors de mon entendement... Qu'ais-je fait pour en arriver là ?

Ne me lâchez pas la main, ne me lâchez pas des yeux...

Vous êtes ma seule chance, si je veux traverser cet enfer de damnés…. Je voudrais croire à nouveau, si ce n'est pas trop tard mais hélas, il vous faudra déployer des trésors d'ingéniosité avant que je ne crois un seul  des mots que dorénavant vous direz...

N'essayez pas, vous vous fatiguerez avant moi et je ne peux vous entraîner où moi j'ai mis les pieds...

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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