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Dimanche 10 juin 2007

Un dimanche de juin à 5H30 du matin...

Je n'aime pas trop ces réveils là où je ne sais plus si le sommeil ou la réalité porte ma conscience. Où la frontière entre les deux n'est pas palpable...

Je me lève alors pour que cessent les larmes...

Aucune drogue, aucune substance chimique ne peut me rassurer, me consoler, de me sentir vide de la tête aux pieds, incomplète et abandonnée...

Pourtant je n'en veux à personne, je ne suis pas remplie de haine, de rancoeur ni même d'oubli. Je suis emplie de néant comme si l'essentiel manquait à ma vie, "le comme si " est de trop et l'imparfait aussi...

Je suis juste gonflée de tristesse, privée de paradis...

Ces jours de juin où les soirées sont infinies, les aubes matinales, le temps doux et la nature épanouie. C'est ma saison préférée, lumineuse et pleine des promesses de l'été et pourtant, tout ça semble à peine m'effleurer...

Allez.... il y aura d'autres promesses de lumière, d'autres étés... 

Comprendre ne veut pas dire cicatriser... mais ça doit aider... ou au contraire : fallait il que je m'enroule d'un manteau de haine pour mieux me débarasser ? Non, de ce sentiment là qui assèche le coeur et l'âme et  qui rend rigide, calculateur et venimeux, je n'ai que faire. Hors de ma vue...

Si je savais dessiner, je pourrais en faire une bande dessinée. De ce démon et de cet ange qui se mènent un combat acharné. L'un hurlant avec violence et attisant les plaies pour faire saigner, l'autre murmurant armé de pardon et de douceur dont le seul souffle efface les blessures tout en montrant que la douleur est ailleurs.

Comprendre veut dire accepter, même si les loups hurlent qu'il faut rendre les coups qu'on a reçus, on évalue la "violence" de ces actes involontaires parce que perdus et  on se rend compte que l'ange a effacé ce que le diable a mis d'acharnement à tenir une comptabilité précise et structurée des estafilades, coupures et autres croche-pieds. 

Et ça grésille sous ses pieds, déchaîné et furieux de voir ses efforts vains d'une main apaisante s'effacer. Tout ce qui peut encore le ravir et lui faire vomir des éclats de rire sardoniques, c'est la tristesse de l'ange qui sait apaiser mais ne peut calmer les souffrances qui ne sont pas de son fait. Et le vieux bouc de ricaner de plus en plus fort...

Inquiète toi pas, monstre cornu et corrompu, tu n'auras pas le dernier mot, jamais, et rira bien qui rira le dernier...

ange.jpg

La seule emprise que tu as sur moi encore, c'est cette tristesse et ce manque qui me dévorent, mais même sous tous les aspects, même rendu à plat ventre à mes pieds, suppliant avec le masque de l'affection le plus implorant, je ne te laisserai pas reprendre le contrôle sur cet
Ange qui est toute ma raison d'exister.

Plume



par Plume publié dans : Griffesdeplume
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