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Mardi 26 juin 2007

J'étais partie pour vous faire un article morbide et puis je me suis dit, non, ils vont finir par zapper et se lasser de mes élucubrations de folle dingue. 

Je vais me forcer pour essayer de vous amuser :

Imaginez ça : je suis là, je suis entrain de bosser dans mon petit bureau douillet et je tape un truc qui prend toute mon attention et brutalement, comme dans je ne sais plus quelle série américaine chère à mon coeur, viennent se superposer des images, des souvenirs qui n'ont rien à faire là. 

Diantre ! J'étais persuadée d'être sur mon traitement de texte avec une belle page remplie de mon écriture tapoteuse et bien voilà ti pas que quelque chose (de surnaturel sûrement ) a fait : "insérer fichier image" et me voilà complétement paumée dans mes beaux paragraphes. 

Les images que je vois ne me sourient pas, non ce serait plutôt comme dans Nip/Tuck, un personnage qui s'anime, à qui on crierait bien "tais-toi !" et à qui on voudrait tordre le cou mais il s'échappe en ricanant (Vous le sentez le super scénario de film d'horreur là ?) 

Et ledit personnage continue son chemin et parle dans ma tête avec une voix qui n'est pas la mienne - pétard ! si je suis comme Jeanne d'Arc maintenant, les blouses blanches se rapprochent je vous le dis ! - ladite voix se marre comme une hyène édentée :

- " Tu vois comme t'es nulle, comme tu t'es fait bernée en beauté, regarde ces images, tu te souviens ? Regarde, ma ptite cocotte, t'es vraiment pitoyable et tu trouves des excuses de pacotille à tout, t'es vraiment trop crétine !".

 - Serait-ce possibeul que je finisse mon compte-rendu tranquille ? (Vous remarquez que je suis toujours extrêmement polie - du moins au début - avec les emmerdeurs de premier ordre).

Mais l'infâme chose parlante trouve ça trop drôle pour disparaître et les images continuent. Je soupire - veuillez noter ma grande patience - je lâche un instant l'écran des yeux en me disant naïvement qu'il va se carapater si je ne le regarde plus. Mais il revient dès que je pose un oeil prudent sur Word : 

- Dieu que tu es bête ! Et tu as fait tout ça pour quoi ? Hum ? Finalement, on t'a pris pour ce que tu es, une idiote palme d'or ! C'est marrant de te voir ramper et croire des trucs que même un enfant de trois ans refuserait d'admettre ! Tu vas te faire justice armée d'une rose sans épines, j'imagine ???

- Shut up le streumon ! ( Eh oui, j'insulte en anglais, c'est moins choquant même si personne n'entend)

- Mais cela dit, t'as une qualité certaine, c'est que t'es super gentille comme fille, tellement gentille que tu te coucherais parterre pour qu'on s'essuie les pieds sur tes vêtements neufs, franchement là, tu devrais tendre l'autre joue même !"

Je me lève, légèrement excédée, je n'ai pas fini mon travail et je mets trois ans à finir ma mise en page, mon chef va se demander si je ne fais que ça de mes journées, à papillonner entre la cafetière, le journal et les WC. Ca l'fait ! Dans ces cas là, on a vachement l'impression d'avancer dans son job ! Ca m'éneeeeerve ! Mais il faut que je me dégourdisse les jambes pour m'aérer. Comme je n'ai vraiment pas que ça à faire de perdre mon temps, je retourne courageusement me rasseoir devant mon ordi. Et l'autre se remet à déblatérer au bout d'un demi paragraphe :

- Et en plus, tu pars la bannière à la main ! Ha ha ha, la défenseuse (ça existe ça, comme mot ?) des causes perdues ! Non mais là franchement, t'es pathétique ma vieille, pa-thé-ti-que- et ridicule ! Mais regarde, bon sang, regarde !
 
J'vais m'le faire ! Je vais m'le faire ce tordu qui me gonfle, fait défiler des images truquées de ma vie et ne me laisse pas en paix. Je vais lui arracher les yeux ! Le film défile et je me sens comme un poisson rouge dans une salade de tomates trop vinaigrée. 

- C'est ça, fais toi taper dessus et excuse toi d'avoir été méchante ! Ben oui, t'es coupable d'exister, faut dire ça doit être vrai, nulle et débile comme tu es, comment veux-tu inspirer le respect ? Tu veux pas non plus payer pour qu'on te colle des baffes ? Dis pas non !!! T'en s'rais capable !!!

- Ta gueule le serpent à sonnettes ! Tu vas m'lâcher oui ??? (et oui, je suis vulgaire, je sais)

- Mais c'est que tu fais peur à te fâcher en silence comme ça ? Arrête, je tremble ! Alors comme ça, tu vas laisser ça passer ? Sans bouger ? Sans te défendre ? Sans montrer que tu n'es pas une couche culotte usagée qu'on balance après usage ??? En toute impunité ? P'tet même que tu vas chialer ? Ha ha ha !

Gros plan sur l'imprimante (ben oui faut bien regarder quelque chose ! ) Il n'y a pas de bouton "muet"sur cette voix là ? Je remue des papiers en les remettant exactement où ils étaient,  pire je ne les ai même pas regardés. Je m'accroche aux branches, je finirai mon taf, y a pas à tortiller !

- J'en reviens pas ! J'ai rencontré la reine des gourdes ! Où t'as planqué ta couronne, Ton Altesse ? Non parce que pour en arriver là sans bouger le ptit doigt , tu te prends pour Mère Térésa ?  T'as payé cher, j'espère, pour vivre un truc aussi sensationnel ?  dit la petite vermine en se pliant de rire.

La meilleure défense c'est le mépris, je continue de taper, scotchée à mes phrases.

- Tu sais que tu es un miracle de la science ! La première nana à vivre sans cerveau ! Tu sais des martyres, y en a plein sur terre et ils ne finissent pas tous canonisés ! Cela dit, chacun ses ambitions !

- Tu vas te la fermer, espèce de sale teignasse ! Je crie très fort en silence dans ma tête. 

Il gambade sur les quatre coins de mon XP et je vais finir par éteindre l'ordi à l'arrache pour m'en débarasser.

- Allez, je m'en vais, maintenant que je t'ai bien sapé le moral, j'ai plus rien à faire ici. Et surtout ne brise pas ton code d'honneur et continue à mordre la poussière, quand t'en auras assez qu'on te mette minable, tu sortiras peut-être les crocs mais d'après moi, tu seras morte avant ! Ha ha ha ha !

J'ai même plus envie de trucider la Chose à coups de sabre, j'imprime héroïquement mon travail fini avec difficulté. Au final, ma mise en page est bâclée, j'ai pas relu forcément ! C'est mon truc de pas relire en ce moment, c'est bizarre non ? Enfin, bref, mon cerveau fume et je ne peux plus rien enregistrer.
 
Il doit avoir raison, j'ai rien dans le disque dur...

Plume format C deux points

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Lundi 25 juin 2007

J'ai sommeil, forcément avec la nuit made in barbare que j'ai passée, il est à peinse 20H30 et je suis secouée.

Ce matin, c'était Zombie city, j'ai gravité jusqu'au bureau, les collègues ont cru que c'était le Retour des Morts Vivants, je me suis cramponnée au clavier toute la matinée.

J'essaye de faire de l'humour mais j'en ai pas le coeur et je veux la paix.

J'arrive pas à prendre tout au second degré, le monde m'agresse dans ma douleur fatiguée et pourtant faut que je vous raconte :

Le pire m'est arrivé cette nuit justement : je m'étais dit , pour passer le temps je vais faire un SMS, je ne suis pas copine avec ces bestioles là mais je laisse toujours une deuxième chance aux autres (choses, gens, animaux, tout ça) avant de se viander alors j'ai pris mon temps et j'ai tapé avec mes petites mimines sur le clavier miniature de mon portable. J'avais droit à 1000 caractères, j'en avais écrit 800 quand j'ai voulu effacer une mauvaise lettre, j'ai trop longtemps appuyé et tout mais alors tout le message s'est effacé !!! Et pas de sauvegarde automatique sur ces soit disant miracles de technologie !!!

Je ne me suis pas découragée, j'ai souri de ce coup du sort sournois et j'ai recommencé. Ca m'a quand même pris presque 1h30. Je suis nulle en T9 (écriture automatique qui n'écrit jamais les mots auxquels je pense) alors je tapote vitesse limace. J'avais presque fini, je n'avais plus qu'à conclure, l'enregistrer en brouillon MAIS ! j'ai voulu à nouveau effacer un S mal placé et paf j'ai à nouveau tout effacé !!! Imaginez ma tête livide devant l'écran blanc alors que j'avais écris des trucs limite secret défense au niveau importance !!

Et alors je vous jure que j'en aurais pleuré de fatigue ! Le portable a failli voler par la fenêtre !

Alors, j'ai foncé sur mon pc et j'ai tout tapé pour ne rien oublier, j'ai imprimé et je me suis recouchée. J'ai rallumé juste 6 fois pour modifier les phrases que je me repassais dans la tête. 

J'ai cru que j'allais péter un cable et je ressemblais à peu de chose près à une martienne sous neuroleptique puissant.

Je me suis dit, fataliste, que c'était un signe et que je ne devais pas écrire ce "salpurscrogpourcrash" de SMS qui décidément n'est vraiment pas un mode de communication pour moi.

J'ai remis à demain ce que je pouvais faire aujourd'hui car, si j'avais recommencé à taper sur le liliputien clavier ce que j'avais tapé en un clin d'oeil sur le clavier de mon ordi, j'allais finir avec une belle chemise blanche à grandes manches nouées dans le dos.

Alors j'ai éteint la lumière et j'ai maudit les portables (enfin pas trop fort parce que quand même c'est utile parfois) et j'ai voulu m'endormir sur ma rage. 

J'ai du tomber dans le coma parce que ce matin, je me demandais ce que je faisais là, quel épisode de X-Files j'avais traversé en guest star et surtout j'en ai oublié mon portable sur le sofa, et ben tanpis ! Ca lui apprendra !!!

Plume, pas copine avec le progrès
 

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Lundi 25 juin 2007
Cette nuit, elle est là et elle m'oppresse comme dans un étau
Cette nuit, elle est revenue et enfle de plus en plus et je me sens si mal

J'ai peur, comme une enfant qui ne sait plus où est son chemin,
J'ai peur et le sommeil ne vient pas m'apaiser
J'essaie de me rassurer, de me bercer pour m'endormir mais c'est bien pire
J'ai peur de perdre la raison, de ce froid qui vient de l'intérieur 

Je ne veux pas être à demain, ni après, ni après
Je voudrais tant dormir et nepas rêver

J'ai peur au point que je voudrais quelqu'un pour me tenir la main
J'ai peur tellement que je voudrais que ça s'arrête
Mais ça ne s'arrête pas et  plus grand est mon effroi

Je vois tout ceux qui sont partis et qui me manquent douloureusement
Je vois tout ce que j'ai compris et la maison est immense autour de moi

Pitié, arrêtez ça, j'ai peur de ce que je dois affronter
Je n'y arrive plus, il fait trop noir...

Plume affolée...

kill.jpg
par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Dimanche 24 juin 2007

Charlotte Magani fit le tour de la maison. Elle avait frappé plusieurs fois à la porte de Lucy Mayeur mais celle-ci n’avait pas répondu. Charlotte avait remarqué ses sabots dans la véranda et savait que la vieille femme les portait toujours pour sortir. Elle contourna la maison et aperçut une silhouette dans le jardin. Elle s’avança vers la septuagénaire et la salua cordialement.

-         Bonjour Madame Mayeur, vos fleurs sont magnifiques.

-         Inutile de me flatter, ma fille, répondit Lucy sans même lever la tête. Je sais pourquoi tu es là. Ote toi de là, dit elle en la faisant quitter l’allée gravillonnée.

Charlotte ne s’offusqua pas du comportement quelque peu cavalier de la vieille dame. Elle obtempéra et relança la conversation :

-         Excusez moi, je pourrais vous parler ?

-         Mais oui tu peux me parler, Gamine. Depuis quand met-on des mômes à la tête de la mairie ? Le monde tourne à l’envers je vous jure… ajouta t-elle comme pour elle même.

-         Madame Mayeur, qu’avez vous dit à Satine Carmi ? renchérit Charlotte sans se laisser décontenancer par les provocations de Lucy.

-         Ce qu’elle voulait savoir.

-         Mais encore ?

-         Ecoute, ma petite, ces histoires te dépassent. Reste dans ta mairie à griffonner du papier et oublie tout ça d’accord ?

-         Je vous trouve bien catégorique pour quelqu’un qui passe son temps au cimetière ! lâcha Charlotte que l’attitude irrévérencieuse de la vieille femme finissait par agacer.

Elle avait fait mouche. Lucy leva un œil inquisiteur sur elle et la dévisagea avant de soupirer.

-         Ah c’est vrai, c’est toi la petite dont m’avait parlé Emilien. Il croyait en toi… Bon et généreux comme il était, il pensait que tout le monde était capable… Enfin, soit, dit elle en lavant ses mains terreuses dans un petit seau d’eau de pluie. Tu récupères un village qui s’enflamme avec des évènements que tu ne maîtrises pas et ce ne sont pas des arrêtés ou des délibérations de scribouillard qui arrangeront tout ça…

-         Emilien n’a pas eu le temps de tout m’apprendre… dit Charlotte jouant la carte de l’humilité.

-         Assurément, dit Lucy. Mais viens par ici, tu as un regard honnête et le sourire qui va avec. Je peux peut-être t’aider…

Charlotte remarqua, sans en faire mention, que le langage de la vieille femme pouvait être familier tout autant que châtié. Où avait-elle appris cette culture là ? Courbant le dos, Lucy Mayeur la précéda jusqu’à la cuisine de la maison où elle lui servit un thé aromatique. Et avant même que Charlotte ne lui pose d’autres questions, elle raconta à la jeune femme l’histoire du village.

-         Garance ne fait pas exception, il y a ici des bons et des mauvais. La véritable alchimie est de faire cohabiter des êtres très différents et pas toujours responsables de leur propre destin. Néanmoins, tu dois savoir que Garance renferme bien des secrets. Il y a ceux que tout le monde croit connaître et qui courent les rues et puis il y a ceux que personne ne sait sauf quelques uns et ceux là sont les plus lourds. Car ils ne survivront pas à la lumière du jour. Sais- tu que là où est morte Alicia Fairise est un lieu dit de la forêt qui s’appelle « En Enfer » ?

-         Vous plaisantez ?

-         Vérifie sur les plans cadastraux et tu verras. Cette gosse a été tuée par autre chose que la main d’un homme ou que la griffe d’un animal. Vos médecins qui cherchent et cherchent encore en dépeçant un corps qui n’a rien demandé…

-         Je vous en prie… murmura Charlotte, choquée de tant de réalisme irrespectueux.

-         Il faut appeler un chat un chat, ils ne trouveront pas la cause de la mort car ça les dépasse. Il leur faut des causes rationnelles, des balles de gros calibre, des cordes qui étranglent, des mains qui étouffent mais ils ne trouveront rien de tout ça. Cette môme est morte à cause de la folie des hommes et de leur entêtement à renier leur foi et à croire en quelque chose d’autre que l’argent, la guerre et l’honneur.

Charlotte écoutait les paroles de la vieille, presque fascinée. Elle s’exprimait comme un professeur ou un poète ou même un avocat. Mais qui était donc Lucy Mayeur ? Tout le village semblait ne l’avoir connu qu’âgée, traînant ses guêtres dans les rues poussiéreuses, psalmodiant et râlant. Les enfants la traitaient de pauvre folle, les adultes ne manquaient néanmoins jamais de la saluer et les plus âgés étaient persuadés qu’elle était la doyenne de tous.

-         Mais tu n’es pas venue pour un cours sur l’historique de Garance, pas vrai ?

-         Je voudrais savoir ce qui se passe avec Satine.

-         Elle détient la clef du crime, dit Lucy en souriant. Mais elle ne le sait pas encore. Elle est porteuse de la voix de celle qui s’est tue. Laisse là aller son chemin, elle ne craint rien.

-         Mais vous voulez dire que le meurtrier est parmi nous ?

-         Ca, je n’en sais rien, seule Satine le sait mais elle n’en a pas conscience encore. Un peu de patience, fillette, laisse passer le temps.

-         Et si d’autres personnes sont tuées ou menacées ? Vous croyez que je vais attendre tranquillement qu’on égorge tous les habitants ?

-         Tu n’as pas le choix. Et de toute façon, ce ne sera pas le cas. Emilien veille.

Ces derniers mots firent brutalement retomber la colère mêlée de crainte qui avait emporté le jeune maire.

-         Tu vois, tu le sais, confirma Lucy avant même qu’elle ne réponde. Alors, ai confiance et laisse faire le temps et les choses reprendront leur place.

-         Et le bébé trouvé ? Vous avez une explication à cela ?

Une ombre passa sur le visage de Lucy, Charlotte frissonna sans trop savoir pourquoi.

-         Cette petite fille est simplement venue éclairer vos lanternes. Il y a des coïncidences quelquefois.

Mais Charlotte ne se satisfit pas de cette explication là et Lucy le sentit mais elles se quittèrent sans ajouter un mot, après avoir échangé les politesses d’usage.

Plume

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Dimanche 24 juin 2007

Sauver un peu parce qu'on ne peut pas tout sauver, et pourtant se dire qu'on aurait pu faire tellement plus mais que faire les mains liées...

Il ne m’appelle jamais

Je ne l’appelle pas, je ne m’en donne pas le droit

 

Il me demande comment ça va sans écouter la réponse

J’écoute et je ressens ce qu’il ne dit pas rien qu’au son de sa voix

 

Il soupire si je dis que je suis triste

Je rétablis aussitôt la situation en disant que ça n’a pas d’importance

 

Il se fâche si je lui dis doucement qu’il me fait du mal

Je m’excuse de m’être peut-être mal exprimée et je rassure

 

Il ne voit plus ses amis

Je les vois souffrir, je pense que c’est à cause de moi

 

Il parle d’abord de lui

Je ne parle pas de ma douleur, je suis trop heureuse d’entendre sa voix

 

Il ne me défend pas, il préserve sa vie avant moi

J’encaisse tout, les gifles virtuelles, l’ironie ou l’indifférence, après tout je n’ai rien à revendiquer

 

Il est venu me chercher à plusieurs reprises

J’ai dit non tant que j’ai pu…

 

Il m’a demandé de le suivre dans son projet

J’ai dit oui et il a changé d’avis

 

Il me voit comme une erreur à oublier

Je ne suis en aucun cas un danger sinon je ne ferai pas tout pour le protéger

 

Il peut facilement faire comme si je n’existais plus

Je mets ½ heure à me remettre de ses visites

 

Il me fait subir sa mauvaise humeur

Je n’y suis pour rien, hormis d’exister et d’être un boulet… bien léger

 

Il estime qu’il ne me doit rien

J’ai respecté sa décision, du coup il pense que c'est réglé

 

Il compte sur les autres pour s’occuper de moi à sa place

Je ne suis pas sûre qu’ils méritent un tel poids, ils valent plus que ça

 

Il répond très rarement aux messages

Je dois ne pas comprendre les siens non plus, le silence c’est éloquent

 

Il m’a demandé du temps

Je me demande si c’est toujours d’actualité

Il joue l’ignorant quand il voit que ça ne va pas

Je m’en sens d’autant plus misérable et minable

 

Il a dit être surpris que j’ai pu avoir des sentiments

Je ne suis pas une Marie Couche Toi là, dommage apparemment...

 

Il ne veut plus rien assumer de ce qu’il a fait

J’ai servi de kleenex et je plains la prochaine s’il y en a

 

Il m’a dit « Je t’aime » le premier

J’ai attendu d’en être sûre aussi, je l’ai dit et depuis …

 

Il n’a pas été là aux plus durs moments qu’il connaissait pour moi

Je veille de loin à ce qu’il ne souffre pas

 

Il ne m’a laissé qu’une feuille de papier

Je n’ai pas le cœur à jouer les vénales même si j’ai trop donné, j’ai donné point barre

 

Il pense que si je travaille et que je ne maigris pas, je vais bien

Je lis dans sa démarche et dans ses yeux, tout ce qui ne va pas

 

Il a changé du tout au tout

Je ne le reconnais plus et ça me rend malade de le voir se renier comme ça

 

Il croit que je suis dupe du rôle qu’il joue

Je sais qui il est vraiment et je trouve ce gâchis tellement triste

 

Il ne dit pas ce qu’il veut ou pas, il joue l’esquive à chaque fois

Je ne sais plus ce que je dois faire ou pas, si je dois m’effacer définitivement, régler mes comptes, faire payer ou payer la note toute seule

 

Il prend des risques, il a une confiance inouïe en moi

Je ne lui ferai jamais aucun mal et on dirait qu’il le sait

 

Ce que je m’efforce de penser :

Qu’il essaye vainement de me rayer de ses pensées pour ne pas voir qu’il a fait le mauvais choix mais que son devoir l’emporte sur le coeur, mais malgré ça, c'est moi qui meurs...

 

Alors vous en pensez quoi ?

Allez…dîtes-moi…
par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Dimanche 24 juin 2007

Satine s’était prêtée de bonne grâce aux examens du médecin de la famille venu lui rendre visite ce matin là. Il lui trouva une petite mine, une tension anormalement basse et une anémie attestée. Il l’interrogea sur son état mais elle ne donna aucune réponse satisfaisante. Gisèle Carmi l’avait appelé au chevet de sa fille après la nuit cauchemardesque qu’elle avait passé auprès de Satine. Dans son sommeil, la jeune fille avait crié puis parlé. Ses propos étaient décousus comme ceux d’un patient emporté par la fièvre. Elle avait tenté de la calmer mais Satine était très agitée, elle avait balbutié qu’il lui fallait retrouver Cloé, que le bébé était en danger loin d’ici et que le troisième chêne de l’enfer était le seul témoin de la mort d’Alicia. Très inquiète, Gisèle avait réveillé sa fille qui ne se souvenait plus de rien à son réveil. Du moins, le soutenait-elle mais on pouvait lire dans ses yeux qu’elle était consciente de ce qui la bouleversait. Au matin, elle avait refusé son petit-déjeuner et avait demandé qu’on la laisse dormir encore un peu.

-         Si tu ne manges pas, nous seront obligés de t’emmener à l’hôpital, l’avertit le médecin de famille. Tu devrais faire un effort, tu sais…

Satine promit de s’alimenter. Dans ses plans, il était hors de question qu’elle soit privée de son autonomie. Gisèle attendait avec impatience que le médecin sorte de la chambre pour l’interroger.

-         C’est une petite dépression, lui dit il avec précaution. Et nous allons veiller à ce que ça n’aille pas plus loin, par exemple vers l’anorexie. Soyez attentive à ses repas et vérifiez qu’elle n’aille pas se faire vomir ensuite. Je pense qu’il serait vraiment sage de la faire consulter, un psychologue sera plus apte que moi à l’aider. Il y en a un très compétent au centre hospitalier de Manet.

-         Manet !!! Mais ce n’est pas la porte à coté ! s’exclama Gisèle.

-         Oui, mais c’est une promesse de résultats assurée, dit il en se voulant rassurant. En revanche, savez-vous pourquoi elle semble porter tant d’attention au bébé trouvé ? Elle m’a demandé à plusieurs reprises si elle pouvait aller la voir à la pouponnière…

Gisèle raconta qu’elle s’était sentie investie du rôle de gardienne de cette enfant à la minute où elle l’avait rencontrée chez Charlotte Magani.

-         C’est souvent comme ça chez les adolescentes, elles ne jouent plus à la poupée mais se sentent petite mère en même temps, dit il pour minimiser ses propos et rassurer Gisèle qu’il sentait prise de panique. Reposez vous, Gisèle et ne vous affolez pas, c’est juste une question de temps, il n’y a rien de grave.

 

Sybille Messager ouvrit la porte de sa maison sur des visages qui lui étaient parfaitement inconnus. Elle se montra néanmoins affable et les fit entrer lorsqu’ils évoquèrent Nathan.

-         Vous avez de ses nouvelles ? leur demanda t-elle en les faisant asseoir.

Thomas et Léonie se regardèrent : ça commençait mal. Ils comptaient sur elle, justement, pour leur en donner. Elle secoua la tête d’un air attristé.

-         Malheureusement, je ne peux pas vous aider. Il n’a donné aucun signe de vie depuis deux ans au moins.

-         Et personne de votre famille ne l’a revu depuis tout ce temps ? demanda Léonie qui n’avait pas l’habitude de perdre la partie si facilement.

-         Mon autre frère peut-être mais cela m’étonnerait, dit Sybille en leur servant du café. Vous habitez Garance, c’est ça ?

-         Oui, dit Léonie. Le village dont tout le monde parle en ce moment, à cause du meurtre entre autre.

-         Oui, j’ai lu ça dans les journaux. C’est affreux ce qui est arrivé à cette jeune femme, et ce bébé trouvé…

-         A propos…

Léonie n’avait pas quitté sa maison sans cartouches et elle sortit une photo de son sac à mains.

-         Est ce que ce visage vous dit quelque chose ? Est ce que vous l’avez déjà vue ?

Thomas jeta un œil sur le cliché. C’était une photo d’Alicia avec Mila, prise à la fin de l’été.

-         Non, je ne la connais pas. C’est elle la victime ?

Léonie rangea la photo dans son sac sans insister.

-         Oui, c’est elle. C’était une amie à nous…

-         Comme l’était Nathan à l’époque, ne put s’empêcher d’ajouter Thomas tout en regardant Mila qui avait jeté son dévolu sur le chat de la maison.

-         Oui, je crois que je me souviens maintenant, nous nous sommes déjà rencontrés n’est ce pas ?

Ils évoquèrent la fête commune dont ils avaient été les invités.

-         Nathan était heureux ce jour là, se souvint Sybille avec nostalgie. Il me manque beaucoup…

-         Si je peux me permettre, dit Léonie qui n’avait pas fait tout ce chemin pour repartir bredouille, quitte à bousculer les conventions. Vous avez eu vous même de gros soucis il y a quelques années…

-         Oui, avoua Sybille. Et il m’a beaucoup soutenu, sans lui je ne sais pas ce que je ferais…Je vous ressers du café ?

Thomas et Léonie refusérent et se levèrent pour prendre congé. Ils avaient encore à faire. Léonie griffonna quelques chiffres sur un papier et juste avant de partir, le tendit à Sybille.

-         C’est mon numéro de téléphone portable. On ne sait jamais, si vous aviez des nouvelles un jour, appelez moi.

-         Sans faute, dit Sybille avec un sourire léger. Ca m’a fait plaisir de parler avec vous. Bonne journée.

Ils remontèrent dans la voiture sans un mot. Thomas prit le volant et soupira :

-         La piste s’arrête là, Scully, dit il avec humour en faisant allusion aux personnages d’X-files.

-         Pas sûre, dit Léonie qui suivait son idée. Car je suis persuadée qu’elle nous a menti…

-         Hein ? Mais pourquoi ?

-         Elle s’est trahie, tu n’as pas remarqué ? A un moment, elle a dit «  Sans lui, je ne sais pas ce que je ferais », ce qui veut dire qu’elle le voit encore.

-         Elle a peut-être voulu dire «  ce que j’aurais fait », dit Thomas qui ne voyait pas matière à penser dans cela.

-         Nan, c’est un lapsus révélateur. C’est pour ça que je lui ai laissé mon numéro et quand elle l’a pris, elle m’a regardé dans les yeux mais elle a rougi, je l’ai vu et ses mains tremblaient.

-         C’est vrai ça, elle a eu du mal à plier le papier, confirma Mila observatrice assidue.

-         Et en plus, elle a dit ne pas connaître Alicia avant même que je pose la photo à l’endroit devant elle… c’est bizarre… pensa tout haut Léonie.

Thomas ne dit mot. Si Léonie disait vrai, les recherches ne faisaient que commencer.
par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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Samedi 23 juin 2007

Je savais que ma sérénité ne durerait pas, je ne savais pas que c'était pour aujourd'hui. Le destin marche en crabe et ne me fait que des crasses, c'est vache !

J'ai passé un sale samedi, sale dans tous les sens du terme. 

J'étais décidé à passer la journée en paix et y avait aucune raison pour que ça ne marche pas. Sauf que je n'avais pas prévu que le hasard jouait contre moi...

Je me suis réveillée très tard et j'ai fait un cauchemar, je vous raconte pas c'est effarant, une histoire de drogué, d'ex  number one qui est décédé et qui revient parfois dans mes nuits...

Je ne me suis pas laissée décontenancer, j'ai décidé d'aller aux archives départementales, faire des recherches pour finir mon presse book, pas de bol, le site internet me dit " ouvert du lundi au vendredi"...

J'ai résisté encore et je me suis dit: j'ai cassé mon verre à brosse dents (fascinant n'est-il pas ?) je vais aller en acheter un autre... Et j'irai peut être à la médiathèque, si je peux commencer mes fameuses recherches...

J'ai sauté sous la douche après avoir blogué un moment avec Freedo (coucou Freedo !) et j'ai bien ri.

J'ai mis la musique à fond dans la voiture sous la pluie (super le premier week-end estival !) et je suis partie, déterminée et pleine de bonne volonté. 

Avant d'arriver à destination, j'étais déjà plombée, j'avais trop cogité et trop regardé le... paysage... mais j'y étais et il fallait accomplir ma mission.

J'ai trouvé le verre à brosse à dents (deux gobelets pour être précise) l'un ne va pas dans le support et l'autre est trop grand...

J'ai acheté Gala, ça c'est un signe que ça ne va pas mais vraiment pas !

J'ai fait un demi pas dans la médiathèque et j'ai rebroussé chemin, je ne me sentais pas en état de rechercher quoi que ce soit...

J'ai quand même poussé jusqu'à la boutique de loisirs créatifs, pour acheter de la cire à bougie, afin de tester mon idée pour le prochain Téléthon.

Je suis rentrée à la maison et le hasard m'a joué un sale tour de con (scusez mais c'était trop tentant pour la rime !), j'étais là au mauvais moment, il s'en aurait fallu de quelques minutes et ben non, le hasard ne m'a pas épargné. Bing, je me suis sentie étouffée, écrasée, rétrécie et oubliée et la zen attitude est partie en fumée. 

J'ai failli vomir sur le volant, je me suis demandée subitement si mes potes n'avaient pas raison sur toute la ligne. Ca m'a fait méchamment flipper. Tatatata ! Il ne fallait pas que je me laisse harponner par Monsieur Blues qui rôde toujours dans le coin. 

Je me suis expulsée (le mot n'est pas trop fort) jusqu'à la maison- enfin pour être tout à fait honnête c'est la voiture qui m'a raccompagnée- et en fermant le garage j'ai dit ouf tellement j'étais soulagée d'être rentrée.

Je me suis refusée à y penser alors j'ai trié des bouchons en plastique (certains un peu crado) pour le Téléthon, en suivant Nip/Tuck d'un demi oeil, j'ai trié des centaines de bouchons, des roses, des bleus, des rouges, des verts, j'ai trié pour ne pas penser que je me sentais si mal si inutile, si abandonnée... Les bouchons, y a rien de tel ! 

J'ai commencé une belle guirlande pour le rideau dudit Téléthon, j'ai tout redémonté après m'être fracassé les doigts à les trouer avec une grosse aiguille et à les enfiler sur du fil de pêche. Pour changer, j'ai continué à trier. Le temps passait. Puis j'ai refait la guirlande de deux couleurs cette fois, je voulais voir le résultat. Diantre, c'est quand même long. Et pif, je me suis piquée ! J'ai pansementé mon pouce handicapé et j'ai continué. Hein que je suis tenace quand je veux ? Je sens votre admiration pantoise en lisant !

Nip/Tuck était fini, j'ai enchaîné avec le film "Entre deux rives", je craignais un mélo sentimentalo glauquissime qui allait avoir raison de mes dernières resistances, mais c'était pire. Je n'ai RIEN compris à cette histoire. Mais alors rien !

J'ai regardé, avec une satisfaction que vous n'imaginez pas, mes sacs de bouchons et ma belle guirlande. Je me suis dit que j'étais top quand même, quel dévouement ! Minable oui, plongée dans des sacs poubelles de bouchons pour ne pas penser à autre chose et ne pas sentir mon ptit coeur qui partait en lambeaux.

Je me suis réconfortée myself, en me disant que ce soir TF1 nous offrait la vraie bonne daube qui permettrait à mon cerveau de ne pas fonctionner "Secret story" le loft le retour de la vengeance 2 !

J'ai lu les commentaires de Freedo sur la chanson de Maurane. J'ai trouvé ses efforts très louables mais il y a des fois je me dis que, oui la phrase en rose, elle est tout moi. Parce qu'en fait, ce qui me fait le plus souffrir, c'est de ne pas pouvoir communiquer, et sans doute que je ne pourrais plus jamais. Les SMS merci, j'ai donné. Alors non Freedo, je ne vais pas me supprimer (Qui triera les bouchons et fera les guirlandes pour le Téléthon ? Hein ? ma best potesse viendra crier sur ma tombe pour me reprocher de l'avoir laissée avec tout le boulot ! Ah nan pitié !)

J'ai bien ri de la mignonne psychothérapeute ! Y a pas de danger ! Ca ne le ferait même pas frémir, il ne penserait jamais qu'il puisse être la cause de ma souffrance. Il n'en a pas les moyens, il faut qu'il pense à lui d'abord. Le mal qu'il fait à coté, si on lui demande gentiment d'arrêter, il se fâche et trouve ça méchant et il boude. Et il faut le rassurer, parce qu'il ne sait pas pourquoi ni s'il a bien compris, mais il ne cherche pas d'explications... 
 Je ne suis pas une fille frappeuse alors un esprit frappeur, je  ne crois pas, je suis pas assez rancunière pour ça. 

Je serai un ange très heureux et je pourrai veiller sur lui d'en haut, sans que personne ne gave ! Yo ! Ca, j'adorerai ça !!!

Je suis rassurée question de ça, je peux bien passer sous un autobus, tomber du toit de l'église (mais que faisais-je donc là-haut ?), partir en vacances en Afghanistan, devenir anorexique, boulimique, et finir dans un caniveau rongée par l'héroïne, il ne verra pas le rapport, tout au plus lira-til le fait divers dans les journaux. Alors, non, je préfère prévoir de partir en vacances quelques jours, je vais rouler dans des contrées inconnues, moi, mon ptit singe et ma tuture et je vais voir la mer (enfin peut-être) le bon-heur !

Et je finis mon samedi en écrivant cet article, toujours sous la pluie, en me disant que je n'ai pas hâte de savoir mais qu'en même temps j'en crève.

Mais je suis résolument optimiste, c'est bientôt le début de Secret Story !!!

Plume tire-bouchonnée

PS : Les potes, zavez raison, je suis é-pa-nou-ie ! A force de défendre l'indéfendable, j'ai bouffé toute mon énergie... Bisous mes Loulous.

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Jeudi 21 juin 2007

Je suis un paradoxe, c’est ce qui rend mes amis complétement oufs. Je suis un paradoxe et je m’en nourris.

Je m’explique : plus je vois la distance s’installer, la rancœur grossir et forcer l’oubli avec une rage inouïe chez les autres, moins je cherche à convaincre, à batailler, à argumenter. Plus cela me conforte dans mon instinct (d’autres diront :  « ouais, être raide dingue crapotte morte d’amour, c’est pas de l’instinct, c’est de la bêtise en tranche !) que comme dit Céline (vouais vouais Céline Dion) « s’il n’en reste qu’une, je serai celle-là ».

 

Mon entourage en est écrasé et confondu. Pour eux, il n’y a pas deux poids deux mesures.

-         Rien n’est excusable quand quelqu’un vous tourne le dos alors que vous avez toujours été là pour lui (encore faudrait il en avoir la preuve)

-         Pas de pitié pour ceux qui ne savent s’imposer et se battre pour leurs amis, c’est qu’en fait ils n’avaient pas d’amitié pour nous donc basta (Ses vrais amis comprendraient ça, et ne dîtes pas qu’il n’en a pas…)

-         A mort les lâches et les  peureux qui craignent leurs 4 vérités, qui flippent d’avoir à s’excuser ou à se justifier (Ils n’ont peut-être pas envie de jouer à « Qui veut gagner des gnons ? », surtout qu’ils le savent suffisamment alors pourquoi jouer ? )

-         Ceux qui ne savent plus que vous existez et qui oublient les bons moments que vous avez passés : rayés de la carte et pas par un simple trait, par un gribouillage enragé (même le stylo en a pâti et fait grise mine –ouah le jeu de mots glauquissime !)

-         Au pilori ceux qui ne tiennent pas leurs promesses et dédaignent leurs responsabilités, piétinement sauvage de cette catégorie de gens (pourtant y en a à foison partout autour de nous et on ne les en aime pas moins pour autant)

-         A la potence, même dans dix ans, même dans trente, ceux qui reviendraient après coup, sans s’excuser, sans avocat (c’est ptet plus la saison ? Ha !)

-         A la guillotine les pleurnicheurs, les enfoirés affectifs (comme dit Bridget), qu’on leur coupe la tête et le reste (oooooohhh !)

-         Au bûcher les hypocrites, les ironiques, ceux qui font du mal après avoir été bercés, qu’on crâme à petit feu leur inconscience et leur manque d’humanité (un lance flammes dans les mains et en un clin d’œil c’est Beyrouth !)

 

Ledit entourage est terrassé devant mon obstination paisible, au jeu infâme et adolescent de la vérité, même en y allant avec la pic de la pioche et même le manche, ils disent non et ils trouvent des arguments :

 

-         Non, je ne veux plus le voir chez moi ! (Et chez moi ? Silence…)

-         Non, je ne pardonnerai pas ! (Pardonner quoi ? Liste trop longue ou rien à énumérer ?)

-         Non, je n’écouterai pas ses arguments, je les connais par cœur et je vais en faire de la chair à pâté ! (Je demande à voir et pis d’ailleurs le chat n’aime pas ce genre de mets)

-         Non, de toute façon je l’ai déjà oublié (En en parlant au moins une fois par jour, ça va être difficile mais on veut bien se forcer pour y croire)

 

Ledit entourage s’aplatit dans des lapsus révélateurs de mauvaise foi extraordinairement insensés :

 

-         Je m’en fous mais alors je m’en fous ! J’ai même vu Truc et Machin à Chose et à 10h, j’ai vu ce qu’il faisait et je sais qu’il fera ça parce que j’ai remarqué ça, mais je m’en contrefous royalement ! ( C’est c’là même…)

-         C’est toi qui en parle, nous pas !(Exact, ça fait exactement 6 minutes qu’ils n’en ont pas parlé, c’était long ! Mouarf !)

Ledit entourage s’en sort en me tombant dessus à bras raccourcis (comme le druide du même nom) en ponctuant mes réponses par des grimaces outrancières et des ricanements effarés :

-         Ma parole, mais tu crois à ça ? (Euh ben, pourquoi pas ?)

-         Ma parole, mais tu le prends pour un Dieu ? (Euh non, un ange c’est plus juste- aux abris anti atomiques !  ils vont me trucider ! Hi, hi !)

-         Ma parole, mais tu rêves ? (Euh non, pas vraiment, sans quoi je pendrais déjà au bout d’une corde)

-         Ma parole, mais qu’est ce qu’il a de bien ? (Euh ben, vous pouvez pas comprendre) et là ils haussent les épaules, pas convaincus et ajoutent :

-         Ma parole, mais c’est quand même pas Bruce Willis ? (Euh ben je sais pas, je connais pas Bruce Willis dans la private life alors au bénéfice du doute, non c’est pas Bruce Willis c’est mieux - imaginez la tête de mes potes masculins ! – mélange d’envie et d’admiration – ha ha ha ! c’est drôle en tabarouette comme ils disent au Québec !)

-         Ma parole, mais tu crois qu’il pense à toi ? (Euh non, probablement pas… sans quoi il prendrait un peu plus soin de moi mais je préfère manger de la cervelle crue – beurk !- que de leur dire ça…)

-         Ma parole, mais tu penses qu’il t’épargne toi ? (Euh non plus, mais tous les hommes sont égoïstes n’est ce pas ?)

-         Ma parole, mais tu acceptes d’être giclée comme une bonne à rien comme ça ? (Euh bon, zavez pas une autre question là ?)

-         Ma parole, mais comment tu peux aimer un mufle pareil ? (Euh, j’aime bien les bovins, chuis taureau, ça doit venir de ça ! – là y m’énervent parce qu’ils me sapent le moral)

-         Ma parole, mais tu le défends encore après ça ? (Euh oui et je continuerai jusqu’à preuve du contraire et pour le moment, je ne l’ai pas)

-         Ma parole, mais t’es conne ou quoi ? (Euh conne ou quoi ? Voyons… je  choisis « quoi »)

 

Mon entourage préféré ne comprend pas, et quand les nuages sont très bas, moi non plus je ne comprends pas où je vais puiser tant de tolérance, tant de pardon, tant d’arguments, tant de bonnes raisons, mais quand le soleil brille, je sais précisément où je remplis mon cœur de tant de douceur, de compréhension et de raison : là où personne n’a vécu ce que j’ai vécu moi, là où une petite voix me dit que j’ai raison d’absoudre et d’oublier les mauvais pas, là où mon cœur s’affole lorsque j’entends sa voix, cet endroit qui ne sera jamais qu’à moi et à moi seule, là où je me réfugie loin des coups et des flèches empoisonnées de la vie, c’est de là que je suis, de l’amour et de ses bras…

Plume plus déterminée que jamais

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Jeudi 21 juin 2007

Thomas secoua la tête et fit le tour du rond-point.

-         T’es sûre que c’est par là le magasin de bricolage ? Parce que je crois me souvenir qu’il faut prendre la direction de Manet centre.

-         Ouais ouais, répondit Léonie évasive. Va par là.

Mila, plongée dans un dvd, jeta un œil sur la route et se permit de renchérir.

-         Papa a raison, c’est pas par là. C’est là-bas le magasin, on voit le panneau sous le pont !

Elle soutenait d’autant plus son père qu’elle détestait les longs trajets en voiture et n’avait qu’une hâte, c’était de sortir se dégourdir les jambes.

-         Ok, mais je voulais voir quelque chose avant.

-         Dans la banlieue de Manet ? Tu veux voir quoi ? demanda Thomas.

-         Pas quoi… Quelqu’un… dit Léonie en lâchant les informations avec parcimonie.

-         Quelqu’un… Punaise je sais ! répondit son mari soudain frappé par une révélation. Tu as retrouvé la trace de Nathan, c’est ça ?

-         Non pas lui, mais sa sœur habite… ici ! dit elle en pointant du doigt une petite maison aux volets verts sur le bord de la route.

-         Ca, j’aurais pu te le dire sans que tu en fasses un secret d’état. Je suis déjà venu avec lui ici à la grande époque. Et puis, on la connaît, on l’a vue une fois à une fête je crois…

Il évoquait ce temps où Nathan et lui étaient amis.

-         Ouais, bougonna Léonie. M’étonnerait qu’elle se souvienne de nous mais bon.

-         Tu veux lui demander où il est maintenant ??? s’étonna Thomas.

-         Tu ne m’aides pas beaucoup là ! s’écria Léonie qui doutait déjà du bien fondé de ses pérégrinations.

-         C’est débile, comment pourrait-il avoir un lien avec le meurtre d’Alicia ? Ca fait des années qu’il est parti.

-         Je ne dis pas qu’il y a un lien avec lui, je dis qu’il en sait peut-être plus que nous sur sa vie privée.

Thomas ouvrit des yeux grands comme des soucoupes.

-         Tu plaisantes ? Elle n’avait pas de nouvelles, ça la faisait assez flipper, rappelle toi !

-         Elle ne nous a peut-être pas tout dit…

-         Alicia nous a toujours tout dit.