J’ai des potes, bon d’accord dans ma vie privée privée de tout j’ai quand même des potes.
Des potes extras, même si parfois ils m’énervent, je les aime très beaucoup fort. Faut dire, j’ai plutôt intérêt, ça fait 6 mois qu’ils m’écoutent sans relâche rabâcher d’interminables scènes vues et archi revues, qu’ils me soutiennent avec leurs petits muskeuls et qu’ils me guettent des deux noeils pour voir si je ne vais pas m’empoisonner à coups de marteau.
Ils ont tout essayé :
L’engueulade, dans toutes les langues. Et même en français ! Mais quand on ne veut pas comprendre, c’est dur, je vous jure, ils crient pendant des heures et quand vous ne comprenez rien, c’est long ! Ils sont allés très fort, mais je hochais la tête et je disais « Je ne vois pas les choses comme ça » (tiens, ça me rappelle quelque chose, mais quoi ???). Ils s’en sont arrachés les cheveux un par un, ils ont rongé leurs ongles et leur frein, ils sont partis à l’autre bout du monde, éreintés, au bord du nervous break-down, là-bas ils en ont mangé leurs tongs et leurs maillots de bain. Mais ils ont du revenir. Et ça a recommencé. Les sauterelles d’Egypte à coté de Votre Calamité, c’est rien. Ils ont continué à m’enguirlander de temps en temps, en digérant une interminable première et sempiternelle impression que je n’écoutais rien. Moi je me suis dit : la vérité sort de la bouche des enfants mais il faut laisser aux grands l’illusion qu’ils l’ont aussi, alors j’ai rien dit et j’ai écouté. Ils se sont lassés…
Le « Regarde les choses en face » et ça pilonnait à donf. Je ne devais pas accepter ça et encore moins ça. Et ça ? C’était pas une preuve que c’était pas ça ? Oser faire ça ? Ca s’est dég, parfaitement dég ! Kouaaaa ? Oser dire ça et raccrocher comme ça ? Ca franchement, ça craint ! Tu ne peux pas accepter ça !!! Faut l’faire ça ! Bref j’en passe et des meilleures.
Quand au bout d’une longue tirade de « ça », je concluais d’une petite voix « Mais ça ne veut rien dire… » ils m’auraient bien collé deux baffes et les bras leur en tombaient. La suprême réplique qu’ils lâchaient « T’es blonde ou quoi ? » Et ça, j’aime pas, non ça j’aime vraiment pas…
Le « On t’a menti », on pense comme toi et ça nous fait bien ièch, on en a gros sur la patate aussi. De toute façon, on sait qui est qui. Dans ce cas là, je me sens en phase avec eux. Je n’ai plus droit au super conseil « Je serais toi, je laisserais passer du temps et ensuite… j’attendrai »
Et les soirées à thème ! Ils ont tout inventé mes copains ! Sont bien hein ?
- La soirée « Pétage de plombs maison » consiste en : Dire des horreurs horrifiantes, sémaphorer des gestes d’apocalypse, jurer par les grands Dieux qu’on n’est pas des neuneux, dire pire et ricaner comme des dindons. Faire des jeux de mots débiles que l’on croit être les seuls à comprendre et ça nous fait rire aux larmes ! Trouver un sobriquet nouveau tous les quarts d’heure et se lâcher ! Yeaaah. Finir par « Et si t’es éternellement malheureuse, t’es d’accord ? » et s’entendre répondre « Oui… » et tomber raide sur le carrelage de dépit ! Yo !
- La soirée « My tailor is rich » consiste en : Tout baragouiner en anglais afin d’être les seuls à se comprendre, du « Stop this stupid dream immediatly now » devenu culte aux insanités les plus imagées (en anglais, c’est moins hot). Et à se tirebouchonner comme des escargots en mini jupe, morts de rire de notre don pour les langues étrangères. Crétiniser au max et fiers de l’être. Humeur killer en anglais, on trust plus personne, c’est « Kill Bill » et « Dallas » réunis. C’est l’fun et on est LOL…
- La soirée « Esprit es-tu là ? » consiste en : Revenir à la rationalité, se marrer comme des baleines des verres qui écrivent (pfff), lire l’horoscope à la fin de la journée pour se bidonner si tout était aussi faux qu'un jeton, jouer aux tarots devineurs et s’improviser Madame Irma. Comparer les signes astrologiques et y trouver des exactitudes pour clamer ensuite que ce ne sont que des bouffonneries gondolantes. Faire peur, dire que c’est du pipeau mais quand même espérer qu’après la mort, la vie ne s’arrête pas… Contradictions et tralalas…
- La soirée « Columbo » consiste en : Disséquer, examiner, autopsier, suggérer, enquêter. Noter tout dans un petit carnet, les indices, les vraies questions « Pourquoi plus sur le trottoir ? », « Pourquoi à cette heure ? ». Faire des rapports circonstanciés : à midi, à 6h, à 13h04, à 13h14, à 23H20, - à quelle heure ? - Je m’en souviens plus … - Punaise tu crains ! C’est vachement important ! - Ok, ça y est, ça me revient, c’était à 8H24 que je suis sortie et que j’ai vu. - T’as vu quoi ? - Rien ! - Ah ben c’est ça ! Je m’en doutais !!! - Attends, c’était mardi ? - Ben oui ! - T’es sûre ? - C’était jeudi ! Et qu’est ce que ça change que ce soit mardi ou jeudi ? - Ben… ça voudrait dire que tu ne nous as pas tout dit… Mince, vite, rewind, se repasser le film, c’était bien jeudi matin que j’ai bu un café à 11H42 ? Angoisse, faut être sûr, sans quoi l’enquête n’avancera pas.
Et faire des conclusions hâtives : - Tu vois ! je te l’avais dit !- Punaise, je suis pas là ! - Je vous l’avais dit, vous m’avez pas cru !!! - Je l’savais, ah ben ça !
Et quelques jours après, en avoir le fin mot : - Ouais mais… t’es sûr que c’est vrai au moins ? - T’y crois toi ? - Attends, c’est pas possible ça… Taratata, de toute façon, j’ai bien vu. - T’as vu quoi ? - Personne ! - Ah ok… c’est important ça… Le F.B.I. nie totalement les faits, alors ça doit être vrai !
- La soirée « On n’en parle pas » consiste en : Ne faire que ça. Ramener ça sur le tapis et se prendre les pieds dedans en permanence. Reposer les mêêêêêêmes questions et y trouver à chaque fois des réponses différentes, faire les mêêêêêêmes constatations et énerver tout le monde. Compter les trucs nouveaux toutes les 6 minutes, les retourner et chercher à leur faire cracher la solution avec un grand S. Remâcher les mêmes scènes et hop on recommence, on récapépette depuis le bédut et on y voit toujours pas plus clair. Croire apporter des éléments nouveaux mais qui ne mènent nulle part. Finir la soirée par « Y a longtemps que je ne cherche plus à comprendre… » Oufffff
- La soirée « Casse-pieds ». En prendre une au pif (mais alors au pif) et lui dire ses quatre vérités et jouer par là même les faux concernés : « Tu t’en remettras », « Ca me gave grave », « Passe à autre chose ». Ces soirées là, j’aime poa… Genre – Tu radotes là ? Ne serait ce pas un symptôme de la démence ? Et répondre (au mieux de sa forme) –Ne serait ce pas plutôt de t’adresser la parole qui me rend ouf ? …La comptabilité des coups fourrés devient un sport national et moi ça m’amuse poa, ben non, quoi, on peut plus rêver dans ces cas là.
- La soirée « Délires en famille » consiste en : Dire tout comme moi et même pire, imaginer des trucs impossibles, me faire jurer sur la tête de ma matoute chérie d’être mes témoins (???), choisir son costume et les invités (non mais ça va pas ?), trouver des prénoms pour des futurs bébés (débranchez les !!!), promettre de tout oublier (ça, c’est déjà le cas), connaître mon mot de passe compte en banque (au cas où je ferais des stupidités stupides), demander à être couché sur mon testament (parce que de toute façon, ça n’arrivera jamais) Sont gonflés !!!! Ha ha ha ha !
Alors voilà, pour tout le temps qu’ils passent avec moi,
je les aime, mes copains de moua !
Plume