J'ai tout compris... Enfin ça faisait longtemps que j'avais compris mais je n'arrivais pas à sortir mon raisonnement dans un tas d'enchevêtrement de sentiments
et surtout de douleurs.
J'ai tout compris et c'est un pote à moi qui m'a ouvert les yeux sans le vouloir.
Pour la première fois, j'ai vu de la peine, autre que la mienne dans cette histoire, des illusions, des attentes et une drôle de résignation. Et j'ai trouvé les mots pour expliquer que ça ne sert
à rien d'attendre mais que la peine peut s'exprimer. Mais que celui qui souffre le plus de nous tous, ce n'est pas nous, c'est lui. (Je vais me faire
écharper menue mais c'est ce que je pense). J'ai toujours en moi, ce que quelqu'un m'a dit une fois " Un jour, il finira pendu, il est trop malheureux, fragile et
déprécié..."
J'ai tout compris, que ça ne sert à rien de se compliquer la vie, qu'il faut agir par instinct, par amour ou amitié et ne rien calculer. Ne pas poser des questions définitives qui mettent les
personnes au pied du mur. La vie ce n'est pas blanc ou noir, soleil ou pluie c'est une nuance de tout ça et les mathématiques n'ont pas de place là dedans.
J'ai tout compris, que l'on peut ricaner, délirer, râler, hurler, blasphémer à l'occasion, se battre contre des moulins à vent mais c'est de l'énergie dépensée pour rien. Et ça n'aidera en
rien.
J'ai tout compris des redresseurs de tort : on aura beau dire ou faire, envoyer des gifles qui cinglent dans l'air, secouer, brutaliser pour faire sortir quoi ? De la rage qui ne sera
tournée que vers lui même ? Des larmes pour en être décontenancé et ne pas savoir les gérer ? Du désespoir et là, si ça finit mal, on aura gagné quoi ?
On ne s'improvise pas psy, tortionnaire si, et ça c'est hors de question !
J'ai failli dire il y a quelques jours... "Moi méchante ? Mais non, je t'aime bien trop pour ça " et c'est vrai... Ca servirait à quoi ?
Pourquoi n'avoir pas vidé son sac et fait la liste assassine de reproches légitimes ? Pourquoi ? Parce que ce n'est pas moi... Parce que je n'avais pas envie, je n'ai pas envie de
véhiculer la haine qu'engendre parfois la souffrance, je ne veux que transmettre l'amour et donner et c'est ce que j'ai fait, instinctivement, sans réfléchir, spontanément. Je me dis que si ma
rancoeur avait été si ancrée en moi, c'est elle qui serait sortie de ma bouche en vomissements continus et rien de ça n'est arrivé...
Tiens d'ailleurs, Salomé (Enlevez moi ce bouquin là ! Il me rend sage et me calme ! ha ha ! clin d'oeil à Nath la Carpe qui a trouvé une façon de m'aider, tout en
discrétion et en finesse...) a dit que donner vraiment c'est donner sans attente de retour, même inconsciente. Il a raison et puis qui sème la violence récolte la violence,
qui séme l'amour ...
Il a dit aussi que parfois on ne communique pas, on n'écoute que soi (je résume) et oui c'est vrai, notre voix nous casse les oreilles, Me Myself and I ! D'accord on souffre, on raye le plancher
avec les dents mais si on n'est pas capable d'entendre la souffrance de l'autre, c'est pas mieux et c'est pas de l'amour ça...
Alors quoi ? Ressortir les cadavres des placards, faire un rapport circonstancié de toutes les cruautés ? Non, on est pas aux Assises, ce n'est pas à moi de juger.
Et je crois que mon pote est comme ça aussi. Répondre à l'indifférence par le mépris ? A quoi cela sert-il d'attendre quelqu'un avec un couteau entre les dents ? Surtout, surtout quand on sait
que ce quelqu'un est plus malheureux que vous mais que la seule issue de sa vie a toujours été la fuite, à tout point de vue. Un jour, il ne fuira plus mais ce jour là n'est pas encore arrivé, il
a besoin de temps, en attendant il sait qu'on sera toujours là...
Etre direct avec quelqu'un qui est déjà à genoux, est ce pour le faire tomber plus bas ou lui permettre de réagir et de remonter ?
D'un sens oui, ça aurait pu marcher mais il y a des paramètres à ne pas négliger
Et pour l'heure ainsi soit il...
Merci à mon Grand Auteur du 21ème siècle... Une lueur a éclairé mon chemin, et même si la souffrance me raménera à d'autres extrêmes, je sais aussi pourquoi j'ai écrit l'article "Déception" car
je ne me déçois pas d'agir de cette façon...
Quant à ma potesse de Moua, je sais que ce que tu cries exprime la même chose, moi aussi je crie souvent, je hurle quand j'ai mal à en crever, c'est normal c'est fatal c'est le passage
obligé.
Tout sauf l'indifférence... Sinon tu ne t'y arrêterais même pas, n'est ce pas ...?
Moralité : L'amour, ça a quand même du bon.... Mouarf ! (clin de zyeux)
Plume