Si je me la jouais peste ?
Histoire de voir si les autres auraient de la patience, de la résistance et suffisamment d'affection pour me supporter...
Si je passais mon temps à tout critiquer?
A faire la tête et à m'interdire de sourire histoire d'inquiéter les autres et de les stresser ?
A me rendre invivable, insupportable par mon silence, mes non-dits, mes soupirs sentis et mes grommelages ?
A assurer que personne ne me dérange mais à tirer une bobine de trois mètres de long toute la soirée ?
A ne surtout pas rire des blagues de mes potes mais à mesclaffer devant les nullités de la télé ?
A refuser en bloc tout ce qu'on me demande, ce qu'on me propose, même ce qu'on m'offre ?
A dire noir, puis blanc, puis gris et noir 3 secondes après et finalement à tous les envoyer ch... (peste mais polie quand même)
A trouver tout nul à commencer par moi et à les faire flipper tous les trois jours que je ne veuille en finir ?
A me cloîtrer sans rien expliquer et à les laisser déployer les Plans Rouge Orsec et Vigipirate pour me dénicher, à rire en douce de les voir rassurés, les yeux embués de me
retrouver en l'état surtout de ceux qui n'osent même pas m'engueuler ?
A marmouiner contre ceux qui me gavent et que je voudrais parfaits, à leur demander moultes efforts et clâmer ne pas vouloir en faire moi même ?
A néanmoins me rendre attendrissante, d'une parole retournée, d'un sourire, de deux mots ajoutés pour être sûre que les crabes ne vont pas tout de suite fuir le panier ?
A être exigente et les voir se démener pour au bout du compte de rien être satisfaite et ne surtout pas complimenter ni encourager ?
A me sentir forte en criant qu'on me foute la paix et les faire fuir avec un sourire, de toute façon ils vont revenir ?
A penser pire : que s'ils ne reviennent pas, j'en trouverai des biens mieux que ça et que je préfère mourir que d'aller les rechercher ?
A dire oui, et puis non ou mouais ou bof et à les emmêler ?
A les envoyer promener quand ils me demandent ce que je veux et répondre la phrase tueuse " je ne veux rien, qu'on me foute la paix" ?
A trouver agaçant de les voir s'inquiéter pour moi ?
A votre avis, que penseraient ceux qui sont proches de moi ?
Penseraient ils que je ne mérite pas leur attention ?
Que je suis trop chiante, trop pénible, trop odieuse pour qu'on s'occupe de moi ?
Que je fais semblant et qu'à force de crier au loup, la prochaine fois ils ne seront plus là ?
Que je mérite quelques claques dont ils craignent le retour malgré ça ?
Que je dis le contraire de ce que je pense mais qu'ils en ont assez de décoder sans connaître mes pensées ?
Que je joue avec eux, que je suis odieuse parce qu'ils me sont attachés, par amour, par amitié ou parce qu'ils n'ont pas le choix ?
Qu'ils finiront par s'en aller, que je vais les lasser ?
Que leurs efforts sont peine perdue puisque je fuis leur main tendue ?
OU BIEN
Comprendraient-ils qu'en fait je ne déteste que moi ?
Que je me sens prisonnier de mon propre état mais que je ne peux pas le gérer d'une autre façon que ça ?
Que je ne sais plus où j'en suis car je me suis déjà senti trahie ? Meurtrie ?
Que je fais subir à la terre entière de ne pouvoir me débarasser de ma souffrance et de mes colères ?
Que je ne peux parler car je ne saurais que dire de ce mal être qui m'étouffe ?
Que je suis peut être trop orgueuilleuse pour croire que quelq'un saura un jour m'aider ?
Que je puise dans mes rêves les illusions d'un monde que je sais d'avance désenchanté ?
Que je me refuse à aimer qui que ce soit qui de toute façon un jour me quittera ?
Que sans eux je ne suis rien et que c'est pour ça qu'ils sont encore là le lendemain ?
Que je n'ai ni ironie, ni hypocrisie, que le reflet du miroir me pourrit la vie ?
Que je m'enferme par déraison et sans vouloir les entamer ?
Qu'ils peuvent tout supporter, puisqu'ils me savent sans méchanceté ?
Incontestablement, s'ils me sont attachés, ce serait la deuxième solution mais alors, pourrais-je essayer d'au moins leur expliquer, pour éviter de les blesser ?
De me faire violence pour faire taire mon orgueil déplacé et démesuré, et évoquer mes peurs, mes difficultés, mon imagination, mes rêves de perfection, sans me haïr au point de leur mentir, de
les snober, de les fuir et de m'énerver ?
Si je n'y parviens pas, peut-être me faudra t-il accepter qu'ils aient aussi leurs coups de gueule, leurs ras-le-bol, les portes qui claquent, les "j'en ai ma claque" et avoir un peu de recul
pour apprécier mon quotidien, au lieu d'attendre de mourir chaque matin ...
Plume qui n'a rien à apprendre à personne mais qui n'aime pas quand la souffrance éclabousse de noirceur celui qui plonge et tout autour.La douleur
n'excuse pas tout, il y a toujours une solution, mais quand les mains tendues finissent broyées à la mâchette. Basta. Un peu de recul, ça éclaire, ça ne veut pas dire
qu'on n'est plus là...
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