Quand le monde tourne bien, ou simplement quand le monde semble avancer vers de belles aubes, que les trains semblent remis sur leur rail et que les avions
décollent et se posent sans encombre, je me sens délivrée d'une mission et je suis heureuse pour ce monde qui va bien.
Et je me retourne sur mes propres pas, je me dis que le temps que j'ai passé à vouloir le bonheur de ceux qui m'entourent m'a empêché de penser à moi et à ce que je ne sais faire pour moi même et
c'est bien.
Cela dit, que pourrais je faire d'autre que d'attendre ? Et en attendant, je peux occuper le temps avec de douces satisfactions et avoir une utilité sur cette terre en attendant d'être un être
cher et d'exister vraiment. Dans la série "Soeur Anne ne vois-tu rien venir ? C'est Palme d'Or pour moi mais je m'en fous, je ne suis pas du genre à laisser croasser les oiseaux de mauvaise
augure qui disent que si j'attends toute ma vie, je ne serai jamais heureuse. Et ben c'est que ça devait être ainsi, et puis qu'est ce que ça peut leur faire ? C'est ma vie, pas la leur.
Sur un point ils ont raison, un peu comme l'acteur sur la scène au théâtre, quand le public est parti et que les projecteurs s'éteignent, il est tout seul sur scène ou dans sa loge et ça c'est
inéluctable. Mais "le spectacle continue" et de jour en jour, les salles se remplissent, parfois les applaudissements retentissent, parfois les sifflets, c'est la scène de la vie. Et
demain est toujours un autre jour.
De cette satisfaction, je me nourris chaque jour pour avancer, me doper, car mon soleil perso est un peu voilé et j'ai besoin de faire du bruit dans son silence qui m'assourdit.
Et pourtant, il ne se passe aucun matin, aucun soir où je ne m'endorme sans le voir sur l'écran de mes rêves éveillés.
Si je voulais être très "spiritualiste", je dirais que c'est grâce à lui que j'avance, à cette énergie qu'il m'a donné, même si parfois le souffleur oublie son texte ou que le rideau retombe
lourdement sur la scène, à travers les rayons de lumière, je crois apercevoir son regard, son sourire et sentir sa force.
Je ne sais si on a bien fait de me dire qu'un jour, il réapparaîtra, si on n'a pas coulé ma vie dans un espoir sans fond qui est peut-être sans nom et sans raison, mais ça ne sort jamais de ma
tête. Constamment, à chaque instant et ça me fait avancer, ça m'aide à supporter (parfois ça craque et ça marche pas trop bien mais bon). Ce qui m'a été
donné, même si peu de temps, je veux le distribuer, je veux faire savoir que ça existe et que même une heure, un jour, une semaine, ça illumine ma vie ,de souvenirs, enrichie.
L'amour qu'on m'a porté, de qui que ce soit, a toujours été mon "moteur". Au bout de la 12 5698 scènes, il y aura peut être la scène dont je serai le personnage principal mais sans public, sans
bravo et sans projo, l'Oscar dont rêve tout acteur, la suprême récompense.
En attendant, chaque jour, j'avance grâce aux étoiles qui parsèment mon Hollywood Boulevard et tant qu'elles scintillent devant moi, j'avancerai jusqu'à demain...
Plume
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