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Dimanche 28 octobre 2007

Le brainstorming entre potes, c'est quelquechose ! Quand l'automne menace la luminosité du soir et que le ciel est gris noir, on a tendance à se cocooner autour de la cheminée et refaire le monde.

Quand l'assemblée commence à faire de la psychologie de groupe, c'est là qu'on rit le plus !

On dissèque avec un délice un chtit peu sadique les défauts et qualités d'une personne de la tablée. Et on rit comme des baleines bossues de ce qu'on se croit capable de comprendre.

La situation est drôlissime quand chacun donne son interprétation des choses en faisant référence à des connaissances expérimentales, piquées dans les bouquins de psycho et récupérées à notre sauce ou simplement par constatations. 

La "victime" tente bien de se défendre et enfile les paradoxes comme certains les bouchons sur le fil de fer des guirlandes du Téléthon. 

On essaye de confondre le têtu qui s'obstine à être hallucinant de contradictions et qui se régale comme un petit chat devant un bol de crème frais, à entendre nos arguments. 

A la fin, fourbus et découragés, on en vient à lui proposer de devenir un cas d'école pour un étudiant en fin de hautes études de psycho qui va pouvoir rédiger une thèse de 3540 pages sans problème mais qui va en arracher pour écrire la conclusion !

Ladite victime se gausse et jubile : "Non non, pas de psy, le dernier que j'ai rencontré s'est pendu après m'avoir reçu !"

Les rires explosent et on acquiesce. On ne fera pas dire à un âne qu'il a de grandes oreilles tant qu'on ne l'aura pas collé devant un miroir, et encore ! Notre spécimen serait capable de dire que le reflet qu'on y voit n'est pas le sien !

Ma loooooongue expérience (mouarf !) du sujet me fait penser que c'est une caractéristique typiquement masculine, un kaléidoscope de paradoxes, entre Calimero et Di Caprio, Toto et G.I Joe.

Mélange d'orgueil (enormique l'orgueil chez un homme, c'est ... horrible ! ) et de devoir, de puissance et de fragilité camouflée ( bien planquée, ils en sont persuadés alors qu'on voit clair à travers et que même le plus silencieux du groupe, qui pense passer inaperçu, se réjouit du one man show de son copain, n'y échappe pas !), capacité à dire trois choses paradoxales en une seule phrase et de se sentir très à l'aise sur la scène du théâtre humain. 

Et ces "maudites nanas" qui ont toutjours la fâcheuse tendance d'appeler un chat un chat et qui leur balance des vérités moritifiantes qui dérangent leur fondation de coton qu'ils ont mis tant de mal (que cela en est pathétique, tic tic !) à construire ! Des péniblitudes sur pattes ces filles !!! Et ils ne se gênent pas pour nous le dire ! Surtout quand ils sont en groupe ! (à savoir un homme se sent en groupe et en force quand il se sent au moins deux !) parce que tout seul, ils sont trèèèèèèèèèès nettement moins incisifs : pas la peine de jouer les Tortues Ninja avec Charlotte aux Fraises, Barbie ou Candy !

Ils essayent donc de dégommer les belles théories (un peu altérées au fur et à mesure qu'avance la soirée !) de la gent féminine à grand renfort d'ironie. Mais elles sont blindées les madames et celles qui ne disent rien n'en pensent sûrement pas moins !

Vers minuit, la cohérence des propos est moins plausible mais qu'à cela ne tienne ! Au moins, on a  tellement bien ri !

Le brainstorming ne fait pas avancer le schmilblik de la vie mais on constate quand même que le sujet récurrent c'est "Parlez moi de moi, y a que ça qui m'intéresse !"

Je terminerai le chapitre par une citation qui va devenir culte :

" Je ne considère pas les êtres humains, toi, toi ou toi, plus que les mouches " (Offusquation de l'assemblée)
" Mais il y a des mouches que j'aime bien ! Sauf celles qui m'énervent.  Mais je les préviens toujours, je fais les sommations d'usage et si elles s'obstinent, hop ! Tapette !" (Assemblée gondolée de rire)

Plume au rapport d'une joyeuse soirée "psycholiquement" vôtre

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Figer le monde...
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Mercredi 24 octobre 2007

Une fois n'est pas coutume, je me suis interrogée (à la façon de Sex and the city peut être ?) sur mes capacités à gérer les sentiments amoureux.

J'en suis venue à une conclusion qui plongerait certaines de mes consoeurs dans un désespoir Prozac - thé citron - Valium pour les unes et choucroute, Nutella, séries TV à la chaîne pour les autres : je crois que je fais partie de la caste Néenderthalienne des Juliette (oui celle de Roméo) et je ne suis pas loin d'en éprouver une satisfaction particulièrement fascinante et éprouvante mais surtout épanouissante (enfin bon, il y a des choses à revoir mais...).

Il y a là paradoxe total, je sais. Mais je m'en suis aperçue en faisant le tri de mes vieux CD, sachant que vieux va de 6 mois à 3 ans, et en écoutant des chansons qui étaient censées me retourner les tripes et m'écharper le coeur à grands coups de hachoir sanguinolent, je ne me suis plus sentie du tout concernée par ces gémissements d'un autre monde qui ne m'évoquaient plus rien. 
Je m'étais pourtant mise en condition, consciente que ce bond dans un passé toujours vivant, pouvait être une porte ouverte sur l'enfer larmoyant du paradis perdu : " Attention ma vieille, ça va claquer lorsque tu vas entendre ces mélodies qui ont baigné l'ambiance de ces moments sublimissimement difficiles, prépare toi, t'es prête ? Ok, appuie sur ON".

Et bien, je m'étais trompée. Non seulement lesdites chansons ne m'ont pas dépecée l'âme sans anesthésie (au moins locale) mais j'ai zappé assez vite sur des refrains qui ne me disaient  plus rien. 
Et bien non, je ne me sentais pas comme une ville en ruines, ni comme une fervente croyante à genoux en pleurs dans une église, ni comme une revancharde assoiffée de vengeance, ni comme une pauvresse abandonnée sur un trottoir. 
J'ai levé un sourcil étonné et amusé. Les chansons qui me parlaient à présent étaient plus déterminées, plus solides. 
J'ai quand même poussé mon investigation jusqu'au bout en écoutant toutes les paroles mais c'était peine perdue. Fi de ce desespoir haut perché qui m'obligeait à me ridiculiser en sautant pour l'atteindre, fi de vengeance ( je me demandais même de quel type de représailles je me serai contentée vu qu'il n'y avait rien ni personne à blâmer), fi des bouffées de souvenirs envahissantes. Cette période là était out.

Pourtant, je savais où j'en étais, tous les rêves que je faisais, éveillée ou non, toutes les choses qui font que j'aurais sans doute du me sentir abusée par le seul monstre immonde et odieux de la planète qui avait croisé mon chemin à moi (chanceuse !) et que cela m'aurait sûrement valu un Oscar à l'Hollywood des Rateaux d'Or. 
- Ca, c'est la version formatée de Meilleure Potesse. Je crois qu'elle aurait sa place dans la série Sex and The City, Si Jessica Parker rend les armes, je l'inscris au casting ! Du point de vue de Meilleure Potesse, je mériterais aussi le Prix Nobel de Gourdasse de Platine. 
Du point de vue des autres aussi, en un peu plus édulcoré peut-être, Genre Meilleure actrice féminine dans un rôle d'Amoureuse stupide et têtue mais gentille -

C'est dommage, je déteste les trophées quels qu'ils soient et je trouve ça d'un hideux confondant sur une cheminée. Ca donne l'impression d'être mort avant l'heure. Genre hommage posthume, ce qui restera de nous quand nous serons ad patres! Cela dit, ce genre de récompenses sur une tombe peut faire rire les promeneurs du cimetière. Des idées me viennent, les épitaphes pourraient être vraiment trucculentes. 

Donc nantie de ces Victoires virtuelles rutilantes, je ne m'en sens pas plus mal. Je me rends compte que je me suis débarassée des sentiments négatifs : la révolte, la déconfiture avec pépins, la mortifiante tristesse, la dénégation et toutes leurs copines. J'ai même passé le stade de l'acceptation. J'en suis au stade bouddhiste de l'affaire : Zénitude et mutisme. Et de temps en temps, sourire en coin quand les passions se déchaînent chez les autres et que je les vois sémaphorer des angoisses grandiloquantes qui ne me concernent plus.

Le dernier warning en date a même failli me faire exploser de rire tant c'était gros, clinquant, toutes sirènes hurlantes. 

Je n'en veux plus à personne de rien. Simplement, je me suis débarassée des Encombrants, de ceux qui croient avoir bien fait et qui me considèrent comme une pauvre fille qui n'est que la énième sur la liste mondiale des nouillasses qui ont cru et se sont retrouvées trop cuites. Ceux là, j'ignore même jusqu'à leur existence, je les attends au tournant avec sérénité et je leur réserve un chien de ma chienne. L'heure sonnera un jour, c'est d'une limpidité éblouissante pour moi.

Et tant que mon âme se proménera confiante dans les sentiers ombragés, sous les arbres dorés de l'automne, je ne donnerai à personne la chance de me vampiriser, mourante sur le macadam. 

Pourquoi est ce que je ne me vexe plus, pourquoi les allusions directes ou non me donnent- elles une répartie assurée ? Parce que je nourris en mon sein le plus doux des secrets que le silence auréole chaque jour et dont la place publique et ses potences ne peuvent s'emparer car il n'appartient qu'à moi et j'aime cette idée là. 

Alors je lève bien haut le César de la Pauvresse du Siècle et comme Maurice Pialat au Festival de Cannes, je dis "je sais que certains ne m'aiment pas mais rassurez vous, je ne vous aime pas non plus" à la différence que je pourrais ajouter " Rendez-vous sur la Place des Amours Broyées, dans 10 ou 20 ans, on fera les comptes de ce que sont devenus les donneurs de leçons et si la vie se dérobe à nous avant, moi je resterai celle qui a vécu ça avec fierté et bonheur".

Je n'ai qu'un mot à la bouche : "MERCI" car qui peut se vanter d'avoir un jour sauvé une âme, sans jamais le savoir ?


 

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Plume and the Country

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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Mardi 23 octobre 2007

- Monsieur Delong ? Vous croyez que votre dissertation va s'écrire comme dans un rêve ?
Ari releva la tête. Son professeur de philosophie venait de le réprimander sèchement. Il réalisa qu'il avait perdu le fil de son devoir et que, regardant par la fenêtre de la classe sans même voir le paysage, ses pensées l'emmenaient bien loin de sa table d'élève de Terminal.
Il était hanté par une question qui le taraudait: Nathan Messager savait il que Satine le protégait ? Et Si oui, il était donc capable d'expliquer pourquoi et dans le cas contraire, il fallait le tenir informé de cette chance qu'il avait et qui venait du monde surnaturel, peut-être même d'Alicia Fairise ? Mais quel lien y avait il entre Alicia et Nathan ? L'avait il vraiment tuée ? Ou bien connaissait il le nom du meurtrier et en faisait secret ? Mais pour quelle raison ? C'était trop de questionnement dans son cerveau d'adolescent et la concentration lui manquait pour disserter sur une citation de Kant.
A la sortie des cours, il retrouva Satine dans le bus scolaire et se glissa à ses cotés. Il voulait lui proposer de rencontrer à nouveau Nathan afin de lui parler et ne pas se contenter d'être silencieuse en sa présence. Mais les deux enfants étaient mineurs et la visite ne serait possible car par l'entremise de Charlotte Magani. Mais Satine lui fit une réponse déroutante.
- C'est inutile, il ne sera pas content de me voir, il ne croira pas ce que tu dis et au contraire, il risque de me repousser. 
- Pourquoi dis tu ça ? Il ne te connait même pas !
- Je l'ai vu dans son regard à la prison, ma présence le mettait très mal à l'aise.
- Bon alors, allons voir Lucy ! Elle saura peut-être pourquoi toutes ces choses se produisent quand il est dans ton décor !
- Si tu veux...
Ari paraissait surpris du peu de passion qui animait Satine pour cette histoire qu'il trouvait hallucinante. Elle semblait la vivre avec résignation et naturel.

Léonie Desprès avait entendu, comme tous les habitants de Garance, que la procédure judiciaire concernant l'affaire Messager impliquait des interrogatoires mais aussi des confrontations. Elle ne se réjouissait guère de se retrouver en face de Nathan. La présomption d'innocence lui faisait la part belle mais elle savait qu'il aurait tôt fait de se faire une idée de ce qu'elle pensait, avant même qu'elle ouvre la bouche. Sa conscience étant ce qui restait de plus facile à convaincre, elle se dopa en répétant mentalement qu'elle n'avait que faire de cet homme qui les avait plantés là sans explication et qu'elle n'avait rien à perdre. Curieusement, le matraquage mental eut toutes les difficultés à faire plier son esprit rationnel et tranché.

Les convocations tombèrent le lendemain matin dans les boîtes aux lettres. Charlotte reçut la liste des soumis à la confrontation par email : Léonie Desprès, Lucy Mayeur,  Mattéo Lesco , Thomas  Desprès, David Delong et elle-même, en tant que maire. 
Thomas resta interdit devant le document qu'il avait entre les mains.
- Pourquoi moi ? demanda t-il à sa femme. Je ne suis pas conseiller, je n'ai rien à voir là-dedans !
- A première vue non, dit Léonie très justement. Mais à deuxième vue, si je puis dire, tu as été un des meilleurs potes de Nathan pendant plus de 5 ans. 
Thomas marmonna des grognements réprobateurs qui voulaient dire que le passé était enterré.
- Je suis obligé d'y aller ? J'ai rien à lui dire moi.
- Refuser serait te mettre au top de la liste des suspects, dit Léonie. Ils te pourriront de questions et notre vie privée sera disséquée, ajouta t-elle, dressant un portrait apocalyptique de la suite des évènements.
- En parlant de vie privée, il va nous interroger sur Alicia et nous confronter.... Tu crois que Mattéo va lâcher le morceau ?
- Sous la menace d'une garde à vue, j'ignore comment il réagirait, soupira Léonie en tournant les pages d'un magazine féminin qu'elle ne lisait même pas. Son front se plissa d'une ride de soucis. Cette histoire commençait à lui créer des problèmes qui allaient mettre en danger son intégrité et surtout, l'idée de trahir Alicia, même par delà la mort, lui déplaisait fortement. 
- On ne va pas devenir des balances quand même ? Ce serait chien... dit Thomas en se lavant les mains avec nervosité. 
- Il y a meurtre, Chéri, et dans ce cas, tout est étendu au grand jour jusqu'à ce que la vérité sorte des décombres, c'est comme ça.
- Tu regardes trop la télé... bougonna Thomas, pas convaincu.
- On va dire comme ça... soupira Léonie.

A Jonquières, Mattéo Lesco relisait sa convocation. Il pensa lui aussi que les confidences seraient de mise. Et qu'il lui faudrait trahir quelqu'un qu'il estimait beaucoup mais qui n'était pas forcément la même personne que les Desprès. Il  chassa le peu de scrupules qui lui restait et se jura de dire la vérité à la police. Il était persuadé de l'innocence de Nathan et sa version des faits pourrait le sortir de prison. Il suffisait juste de modifier un tant soit peu l'histoire et comme la principale intéressée n'était plus de ce monde, il n'aurait pas de contradicteurs.
Il regarda à nouveau la convocation et sentit comme un fourmillement dans sa main. L'instant d'après, la feuille de papier s'enflammait  sans raison entre ses doigts, l'obligeant à la lâcher sur le carrelage. Il regarda un instant la flamme qui dévorait le document et haussa les épaules. Il ne croyait pas aux fantômes et refusa de prendre ça pour un avertissement.

Plume


 

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange communauté : Les blogopotes de Cali
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Mardi 16 octobre 2007

Le tourbillon de la vie m'entraîne chaque jour un peu plus vite, un plus enivrant, un peu plus épuisant à chaque fois. 
Je le veux toujours plus rapide, toujours plus emballant, jusqu'à en avoir le vertige, pour que les jours défilent en accéléré et courent vers un avenir incertain et traversent l'automne sans rien en voir. Les pages du calendrier s'envolent et c'est mieux comme ça...

C'est un twister, une tornade qui me laisse épuisée sur mon lit lorsque vient la nuit, pour ne laisser au sommeil la moindre parcelle de rêve à squatter. 

Chaque jour, je me dis : je devrais ralentir, les sirènes des policiers vont finir par m'arrêter, quand j'aurais dépassé la limite mais aucune loi n'empêche cette course là.

Dans ce cyclone qui me sort de mon lit pour me jeter dans cette abîme de choses à faire, d'urgences à assurer, j'ai l'impression d'exister. Toujours plus vite, toujours plus d'activité, multiplier la liste des priorités, partir sur tous les fronts en même temps et de temps en temps, s'en plaindre, en disant qu'on ne va pas résister et qu'il faut un peu breaker. Mais, les deux pieds sur le frein, appuyer sur l'accélérateur avec ardeur.

Foncer et s'en plaindre pour le fun et ne pouvoir s'arrêter que lorsque le corps jette l'éponge, stop ! Il faut souffler.

Souffler n'est pas jouer, souffler c'est prendre un temps qu'on n'a pas à gâcher, à pleurnicher, à penser. Passez moi votre relais, je continue jusqu'au but que je ne connais même pas.

Se sentir en cavale, courir sans arrêt  sans se retourner, pour ne pas se laisser rattraper par le spleen qui grouille de tous les côtés, dans le moindre fossé, lui faire un pied de nez et passez la vitesse supérieure, pied au plancher. On se dit qu'à force, il va renoncer et peut-être nous oublier, au profit de la prochaine envolée.

Vivre dans l'urgence, tout le temps, sans s'arrêter, sans laisser à la pensée un seule chance de pouvoir me rattraper mais elle y parvient quelquefois, le matin, au réveil, quand elle me rappelle à ma conscience et fait couler des larmes acides sous mes paupières encores fermées. Les larmes qui brûlent, c'est un euphémisme, elles sont là pour apaiser, pas pour blesser...

Alors, on refait le plein de vitalité et on repart sur des chapeaux de roues, trouvant, comble de la mauvaise foi personnifiée, le toupet de se plaindre d'être overbookée.

Parfois se demander ce qu'on va y gagner, sauf le soulagement de n'avoir pas vu le temps passé et l'espoir qu'il aura estompé une douleur qui met des plombes à se résorber.

Parfois, alors que la course me laisse un instant arrêtée, le souffle coupé, penchée sur mes genoux pour le récupérer, elle se rappelle à moi avec intensité. Il faut courir plus vite, plus loin, plus, plus, plus.

Et quand le speed ne suffit pas, on voudrait courir plus loin, s'envoler, imaginer de belles échappées dans un pays qui ne nous connait pas, qui va effacer tout ça, y prévoir des visites, des activités, des mers de calme et de sérénité, des soleils couchés dans l'eau, de la quiétude à respirer sous les dattiers, et s'en contenter. On verra ça pour plus tard, pour jamais, pour l'instant le rythme ne doit pas retomber.

Le carburant est toujours au taquet du réservoir, il suffit de se gargariser des paroles d'une bohémienne, de s'en moquer et de crier bien haut qu'on n'en croit pas un mot, tout en sachant  qu'elles sont pourtant le seul moteur de notre puissante cylindrée.

Pied au plancher, serrer le frain à main pour faire des u-turn exaltants qui font fumer l'asphalte, on the road again...

Quand un van de grumes canadien hyperchargé arrêtera la course de mon bolide enfièvré qui viendra s'y écraser, au pire j'aurai fini d'échapper à mes poursuivants, au mieux l'un d'eux m'aura enfin rattrapée pour me retenir, m'envelopper et me rassurer. Dans les deux cas, la course folle sera finie et je n'aurai plus rien à fuir... au paradis...

Plume propulsée

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Figer le monde...
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Dimanche 7 octobre 2007

J'avais vécu des choses, des rencontres, ouais bref des trucs quoi.
Quand il est passé dans ma vie, j'ai laissé tomber mes vêtements de pluie, la carapace est tombée de mes épaules, naturellement avec aisance.

J'ai senti mes ailes se déployer comme dans un rêve et j'ai pu les défroisser, en lissant leurs couleurs éclatantes. Elles ont pris place dans mon dos pour me soulever de la terre boueuse et des flaques d'eau croupies.

Je me suis sentie si légère sans cette armure lourde et grise. 

Alors j'ai battu des ailes, sans y penser, et j'ai vu le monde d'en haut, dans un ciel si bleu et ma vision du monde en a été transformée : du monde j'ai vu la beauté, des hommes je me suis sentie plus proche, plus tolérante, pleine d'humanité. Et j'ai continué de monter. Sans voir que le soleil pouvait brûler le bout de mes ailes. Sa chaleur était si réconfortante, si douce, au-dessus de ce monde dont je ne percevais plus la grisaille et la tristesse. 

J'ai compris que cela devait être un avant-goût du grand Paradis.

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Puis, mes ailes ont ployé et je suis retombée sur cette terre que je n'étais pas pressée de retrouver.
Trop vite, bien trop vite mais j'avais touché le ciel et rien ne pourrait m'ôter cette vision irréelle.

Bien sûr maintenant, je suis à nouveau les pieds sur la pierre et les ailes de mes couleurs ont passé. Parfois, quand je les regarde, que j'en prends soin, que je les recouds - parfois en vain - car elles sont déchirées, je suis nostalgique des cieux où elles m'ont portée et je les arrose de larmes qui mélangent les couleurs en une palette barbouillée. J'ai voulu les plier, très soigneusement, pour les conserver en l'état, mais elles ne voulaient plus rentrer dans aucune chrysalide. Parfois, elles se secouaient toutes seules et s'étalaient en corolle dans mon dos, pour me faire comprendre que les souvenirs restent beaux et qu'ils doivent le rester malgré les apparences et la rigueur de la vie terrestre.

Elles ne se sont pas flétries, elles ne sont pas tombées, elles ne se sont pas collées à mon corps pour me rendre ma forme de larve avortée. 

J'ai du me résoudre à les laisser me suivre et parfois comme celles de l'Albatros de Baudelaire, ces ailes de géante me gênent pour marcher. Mais à aucun prix je ne m'en séparerai. Car je sais, si elles sont encore là, c'est qu'un jour, à nouveau, elles me feront voler vers ce ciel bleu qui parait si haut, si loin, si inaccessible vu d'en bas.

Et elles me tiennent hors de portée, d'un désespoir qui aimerait tant que je me réfugie dans ses bras. 
Elles me portent à chaque pas, et soulèvent parfois de quelques centimètres mes pieds de terre, pas plus que ça, mais c'est déjà beaucoup.

Aujourd'hui encore, elles se sont déployées le long de mes bras, pour ne pas laisser trop d'espace entre le ciel et moi, même s'il s'est éloigné de quelques pas encore...

Si j'ai pu traverser ça, c'est grâce au papillon que mon coeur protége. 

Alors, si jamais vous voyez mes ailes traîner sur le plancher, s'effilocher, et se ternir, prévenez-moi. 
J'irai chez le marchand de couleurs, comme on disait autre fois, tout au fond de mon coeur et chez la marchande de ruban où j'achéterai du fil coloré pour les réparer... 

Mais prévenez moi, prévenez moi s'il vous plaît...


Plume 

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par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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