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Mercredi 24 octobre 2007

Une fois n'est pas coutume, je me suis interrogée (à la façon de Sex and the city peut être ?) sur mes capacités à gérer les sentiments amoureux.

J'en suis venue à une conclusion qui plongerait certaines de mes consoeurs dans un désespoir Prozac - thé citron - Valium pour les unes et choucroute, Nutella, séries TV à la chaîne pour les autres : je crois que je fais partie de la caste Néenderthalienne des Juliette (oui celle de Roméo) et je ne suis pas loin d'en éprouver une satisfaction particulièrement fascinante et éprouvante mais surtout épanouissante (enfin bon, il y a des choses à revoir mais...).

Il y a là paradoxe total, je sais. Mais je m'en suis aperçue en faisant le tri de mes vieux CD, sachant que vieux va de 6 mois à 3 ans, et en écoutant des chansons qui étaient censées me retourner les tripes et m'écharper le coeur à grands coups de hachoir sanguinolent, je ne me suis plus sentie du tout concernée par ces gémissements d'un autre monde qui ne m'évoquaient plus rien. 
Je m'étais pourtant mise en condition, consciente que ce bond dans un passé toujours vivant, pouvait être une porte ouverte sur l'enfer larmoyant du paradis perdu : " Attention ma vieille, ça va claquer lorsque tu vas entendre ces mélodies qui ont baigné l'ambiance de ces moments sublimissimement difficiles, prépare toi, t'es prête ? Ok, appuie sur ON".

Et bien, je m'étais trompée. Non seulement lesdites chansons ne m'ont pas dépecée l'âme sans anesthésie (au moins locale) mais j'ai zappé assez vite sur des refrains qui ne me disaient  plus rien. 
Et bien non, je ne me sentais pas comme une ville en ruines, ni comme une fervente croyante à genoux en pleurs dans une église, ni comme une revancharde assoiffée de vengeance, ni comme une pauvresse abandonnée sur un trottoir. 
J'ai levé un sourcil étonné et amusé. Les chansons qui me parlaient à présent étaient plus déterminées, plus solides. 
J'ai quand même poussé mon investigation jusqu'au bout en écoutant toutes les paroles mais c'était peine perdue. Fi de ce desespoir haut perché qui m'obligeait à me ridiculiser en sautant pour l'atteindre, fi de vengeance ( je me demandais même de quel type de représailles je me serai contentée vu qu'il n'y avait rien ni personne à blâmer), fi des bouffées de souvenirs envahissantes. Cette période là était out.

Pourtant, je savais où j'en étais, tous les rêves que je faisais, éveillée ou non, toutes les choses qui font que j'aurais sans doute du me sentir abusée par le seul monstre immonde et odieux de la planète qui avait croisé mon chemin à moi (chanceuse !) et que cela m'aurait sûrement valu un Oscar à l'Hollywood des Rateaux d'Or. 
- Ca, c'est la version formatée de Meilleure Potesse. Je crois qu'elle aurait sa place dans la série Sex and The City, Si Jessica Parker rend les armes, je l'inscris au casting ! Du point de vue de Meilleure Potesse, je mériterais aussi le Prix Nobel de Gourdasse de Platine. 
Du point de vue des autres aussi, en un peu plus édulcoré peut-être, Genre Meilleure actrice féminine dans un rôle d'Amoureuse stupide et têtue mais gentille -

C'est dommage, je déteste les trophées quels qu'ils soient et je trouve ça d'un hideux confondant sur une cheminée. Ca donne l'impression d'être mort avant l'heure. Genre hommage posthume, ce qui restera de nous quand nous serons ad patres! Cela dit, ce genre de récompenses sur une tombe peut faire rire les promeneurs du cimetière. Des idées me viennent, les épitaphes pourraient être vraiment trucculentes. 

Donc nantie de ces Victoires virtuelles rutilantes, je ne m'en sens pas plus mal. Je me rends compte que je me suis débarassée des sentiments négatifs : la révolte, la déconfiture avec pépins, la mortifiante tristesse, la dénégation et toutes leurs copines. J'ai même passé le stade de l'acceptation. J'en suis au stade bouddhiste de l'affaire : Zénitude et mutisme. Et de temps en temps, sourire en coin quand les passions se déchaînent chez les autres et que je les vois sémaphorer des angoisses grandiloquantes qui ne me concernent plus.

Le dernier warning en date a même failli me faire exploser de rire tant c'était gros, clinquant, toutes sirènes hurlantes. 

Je n'en veux plus à personne de rien. Simplement, je me suis débarassée des Encombrants, de ceux qui croient avoir bien fait et qui me considèrent comme une pauvre fille qui n'est que la énième sur la liste mondiale des nouillasses qui ont cru et se sont retrouvées trop cuites. Ceux là, j'ignore même jusqu'à leur existence, je les attends au tournant avec sérénité et je leur réserve un chien de ma chienne. L'heure sonnera un jour, c'est d'une limpidité éblouissante pour moi.

Et tant que mon âme se proménera confiante dans les sentiers ombragés, sous les arbres dorés de l'automne, je ne donnerai à personne la chance de me vampiriser, mourante sur le macadam. 

Pourquoi est ce que je ne me vexe plus, pourquoi les allusions directes ou non me donnent- elles une répartie assurée ? Parce que je nourris en mon sein le plus doux des secrets que le silence auréole chaque jour et dont la place publique et ses potences ne peuvent s'emparer car il n'appartient qu'à moi et j'aime cette idée là. 

Alors je lève bien haut le César de la Pauvresse du Siècle et comme Maurice Pialat au Festival de Cannes, je dis "je sais que certains ne m'aiment pas mais rassurez vous, je ne vous aime pas non plus" à la différence que je pourrais ajouter " Rendez-vous sur la Place des Amours Broyées, dans 10 ou 20 ans, on fera les comptes de ce que sont devenus les donneurs de leçons et si la vie se dérobe à nous avant, moi je resterai celle qui a vécu ça avec fierté et bonheur".

Je n'ai qu'un mot à la bouche : "MERCI" car qui peut se vanter d'avoir un jour sauvé une âme, sans jamais le savoir ?


 

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Plume and the Country

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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