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Lundi 26 novembre 2007

comme dirait quelqu'un que je ne citerai pas !

Non, ca va pas être possible de partir en vrilles toutes les trois tasses de café, le passé c'est le passé, le futur c'est... le futur ! Super, vous suivez ! Ouais, ouais ouais ouais ouais ! Tu m'en diras tant ! Faire place nette et tant qu'à faire se faire lobotomiser l'encéphale de façon à ce qu'aucun truc n'évoque de souvenirs trucidatoires (pour les puristes, ce mot n'existe pas mais rien qu'à l'entendre, on comprend tout de suite le sens). Ca va pas être possible... ben non, les souvenirs c'est trèèèèèèèèèès sournois, ça se cache dans un répertoire, dans l'histoire d'amour pourrave que vous raconte une copine (idem pour les histoires d'amour idéales, ça marche aussi !), ça se cache dans des films à la noix, avec des histoires tout aussi pourraves que celle de la copine en question (à moins de limiter ses choix télé à Soeur Thérèse.com ! et encore !), ça s'infiltre même au boulot dans des listes qui n'ont plus rien à voir avec le schmilblik. Ca se glisse dans des itinéraires, dans des calendriers (ô Rage et Désespoir que le calendrier, celui-là mériterait un Scarface comme dirait quelqu'un d'autre que je connais).

Y a des jours, y a tellement de trucs supers bien cachés que je trouve du premier coup que je me demande encore pourquoi je ne suis pas plus chanceuse (ça marche beaucoup moins bien avec les trèfles à quatre feuilles, bizarre non ?) ou embauchée par le Fbiaille ! 

Non mais, je ne vais quand même pas vivre avec cette histoire pendant 50 mille ans ! ( 49 950 ? ah ouf ça diminue !). Ca ne m'ennuie pas outre mesure à condition que cela ne me fasse pas souffrir et comme c'est le cas, comment pourrais-je me débarasser de la douleur ? 

That is zeu Question ! 

Pour revenir sur Scarface justement, je pourrais utiliser la technique explosion massive sans les sommations d'usage. C'est pas mon genre pis j'aurais l'air malin à piquer ma crise des mois après, comme ça, d'un coup, pour faire joli ! Attends, ils vont m'enfermer à la fabrique à grimaces !

Ou alors la technique Cold Cases, on revient sur des affaires non résolues depuis des années et on fouille. Vouais, vouais, vouais, les heures de planque dans une voiture gelée, habillée comme le Bibendum Michelin, lunettes noires et perruque blonde (ah ah ah je voudrais voir ça tiens !) ça ne me tente pas pour mes samedis soirs.
 
J'ai quand même pensé à éviter une douleur fraîche superflue, un gourdin (type Obélix) sur la table de chevet afin de s'endormir tout de suite sans réfléchir le soir. Sauf que je préfère encore me réveiller sur mes illusions qu'avec un mal de crâne carabiné.

Pis, je macère dedans tous les jours, je ne parle que de ça sur ce blog (psy-blog la technik), de là à penser que je crois encore au Père Noël, il n'y a qu'un pas.

Il serait peut-être temps que je me résignationne comme Jauny "Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ! Yeah !" mais je vous jure que je fais moultes et moultes efforts ! Et j'y arrive poa !!!

Et vous savez pourquoi ? Ben moi, j'm'e dis que je ne suis ni accro, ni toquée, entichée etc mais que c'est piiiiiiiiiiiiiire que ça. Je suis piégée, le coeur harponné, les mains liées, limite prête à être saucissonnée chez Justin Bridou !

Bon ben tanpis, de toute façon, je ne m'en sortirai pas indemne, alors inutile de lutter.

Sur ce, je vous laisse, je ne veux pas louper Soeur Thérèse.com, le seul programme télé qui m'est autorisé !

Plume no possibile not en taule
 

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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Vendredi 23 novembre 2007

Les interrogatoires se succédèrent ce jour là et Cyprien Antinace finissait par y perdre son latin. Excédé par la prudence excessive de certains, les mensonges et les dissimulations des autres, il décida de durcir le ton au moment des confrontations qui devaient avoir lieu le lendemain. Il était plus de 20h et il refermait le dossier avec lassitude alors que sa collègue de la criminelle semblait, elle aussi, perplexe en relisant certaines dépositions lorsqu'il sentit une présence devant lui. Il leva les yeux de son bureau et les posa sur une jeune fille d'apparence plutôt frêle qui le regardait avec de grands yeux verts d'une pureté étonnante. Elle esquissa un sourire en voyant son attention portée sur elle.
- Tu voulais quelque chose ?
- Je voudrais voir Nathan Messager.
- Rien que ça ! dit l'Inspecteur de la Crime, fatiguée et amusée du culot de la jeune demoiselle.
- Je voulais dire, je souhaiterais faire partir des audiences de confrontation qui ont lieu demain.
Antinace et sa collègue échangèrent un regard surpris.
- Ecoute Satine, dit il avec gentillesse. Nous savons que tu ne te sens pas très bien depuis quelque temps, essaie de ne pas focaliser sur cette histoire, d'accord ? Rentre chez toi et laisse nous faire notre enquête. Nous trouverons le meutrier d'Alicia Fairise, tu n'as aucun souci à te faire. Pense à autre chose, tu veux bien ? 
  
- Est-ce-que la loi interdit aux personnes mineures de rendre visite à un détenu dont le procès n'a pas encore eu lieu ?
- La loi interdit aux adolescentes fantasques de faire perdre leur temps aux hommes de loi, répondit un peu séchement l'inspecteur qui venait d'identifier la jeune fille. Il est tard, le Capitaine te l'a dit, rentre chez toi.
A la suprise générale, Satine baissa les yeux, recula d'un pas et sortit du bureau sans rien dire.
Cyprien échangea un regard avec sa collègue qui haussa les épaules et se replongea dans la lecture des interrogatoires. Il pensa confusèment qu'il aurait peut-être du faire l'effort d'écouter la jeune fille mais la pile de dépositions qui lui restait à éplucher tomba sur ses épaules comme une chappe de plomb. Un problème après l'autre.

Le lendemain, un article du journal local mis le feu aux poudres. Le journaliste relatait l'état psychologiquement fragile d'Alicia Fairise et son caractère obsessionnel. Tout Garance lut avec stupeur un portrait peu flatteur d'une des leurs. L'article laissait sous-entendre que la victime était loin d'être la personne que tous avaient connue : une femme dangereuse, instable et dont le cas relevait de la psychiatrie. 

Charlotte resta scotchée au journal, non seulement on salissait une défunte mais on récupérait un crime pour faire du sensationnalisme à outrance. A la brigade, Cyprien était quelque peu effaré. Il décida d'aller interroger une énième fois Nathan Messager. 

Lorsqu'il le vit apparaître dans le local du centre pénitenciaire prévu à cet effet, il observa sa réaction lorsqu'il posa les yeux sur le journal étalé sur la seule table de la pièce.

- Monsieur Messager, je voudrais que vous preniez connaissance de cet article, dit il en pointant le doigt sur la Une et la page qui suivait. Asseyez-vous. Prenez votre temps.

Il attendit, adossé dans un angle de la pièce nue, que celui-ci eut terminé de lire puis s'approcha sous la lumière crue du plafonnier.
- Pourriez-vous confirmer ce qui est écrit là ?
- Je ne sais pas, répondit Nathan. Je la connaissais très peu.
- Cela vous parait-il plausible ? Alicia Fairise souffrait-elle d'après vous de graves troubles psychologiques ?
- Je ne sais pas je vous dis, je la cotoyais à peine.

Cyprien se redressa et poussa un soupir senti. Entre ceux qui mentaient pour bien faire, ceux qui cachaient visiblement des faits pour protéger on ne sait qui et on ne sait quoi et le présumé coupable qui niait tout en bloc, l'enquête piétinait. On finirait par enfermer tout ce ramassis de témoignages contradictoires dans une boîte à archives qu'on coincerait sur le rayonnage des affaires classées et non résolues. Exaspéré, il se propulsa en avant et posa ses mains avec force sur le journal.

- Monsieur Messager, votre silence ne joue pas en votre faveur ! Vous êtes en contradiction permanente avec les témoignages que nous avons recueillis. Vous la connaissiez à peine ? Tout le village peut témoigner que vous étiez amis. Alors ? A quel jeu morbide jouez-vous ? Vous avez envie de passer les 30 années qui viennent entre des barreaux ? 

- Je n'ai pas tué Alicia. 
- Vous auriez pu ! Le harcèlement dont vous étiez victime serait une circonstance atténuante.
Nathan leva les sourcils d'un air supris mais repris aussitôt le masque de la passivité. Trop tard. Cyprien avait vu sa réaction.

- Elle vous harcelait depuis des mois, n'est ce pas ? 
- Je n'ai pas tué Alicia, répéta Nathan, apparemment décidé à ne rien dire d'autre.
Cyprien perdit son calme et abattit à nouveau ses mains sur le journal en se penchant à quelques millimètres du front de Nathan.
- Et bien prouvez le, bordel de merde !!! Sinon, je vous promets que vous allez pourrir en cellule jusqu'à la fin de vos jours, j'ai autre chose à faire que de jouer avec vous aux devinettes  !!!
Il se releva avec nervosité et tambourina à la porte pour interpeler le garde à l'entrée du parloir.
- Emmenez le !!! Qu'il disparaisse de ma vue ! 
Il hurlait presque, excédé par tant de mutisme et d'entêtement. 

Lorsqu'il se retrouva seul dans la pièce nue, il recouvra son calme. Il décida d'aller rendre visite à Charlotte. Il en avait assez des non-dits, il  allait faire cracher le morceau à tous ceux qui avaient défilé dans son bureau avec des airs d'innocents crédules. Le ton allait monter d'un cran. Sa patience était à bout.

- Ces imbéciles se comportent comme si on avait pris un môme en flagrant délit de piquer un bonbon dans la poche, d'un autre, ce sont tous des irresponsables ! Réalisent-ils qu'il s'agit d'un meurtre ??? On a tué une jeune femme, bordel de bordel !!! C'est pas rien, il s'agit d'un crime, nom d'un chien ! D'un crime !!! On a ôté la vie à quelqu'un !!! Ils le savent ça ???

Charlotte regarda son ami avec circonspection. Cyprien avait raison. Le mystère qui entourait la mort d'Alicia Fairise était fait de cachotteries de cour d'école et il était probablement temps de dire les choses telles qu'elles étaient vraiment. 

- Pour la paix de son âme et afin qu'elle repose tranquille, serait- il possible qu'au moins un de tes administrés prenne ses responsabilités ??? Ils sont là, les uns après les autres, avec des mines de martyres romains, à me raconter des trucs invraisemblables  qu'ils ont piochés dans le polar de la veille  et rien ne tient debout !!! Je me contrefous que ce soit une histoire de fric, de sexe, politique ou autre. Ce que je veux, c'est mettre le salopard qui a fait ça sous les verrous ! Le reste m'est égal !!!

Son emportement était à la hauteur de sa déception du comportement humain. Charlotte n'essaya pas de le calmer, sa fureur allait redescendre toute seule, comme du lait sur le feu.

- Qui protège t-on derrière tout ça ? Tu peux me le dire ? Pourquoi ne lui rend-on pas justice ? Au nom de quoi ? De la paix sociale ??? Elle est morte, bon sang ! M.O.R.T.E !!! 

- Calme toi, Cyprien. Dit Charlotte. On va essayer de prendre le problème à l'envers. Si tu veux mon avis, je ne crois pas que Nathan soit coupable.
- Ah ben c'est un scoop ça !!! s'exclama le Capitaine en se renversant sur sa chaise. Figure toi que moi non plus !!! Mais je voudrais savoir pourquoi il ne se défend pas, pourquoi certains chargent Alicia comme la dernière des psychopathes et surtout je te rappelle que, en admettant que nous ayons raison, le coupable, lui, court toujours !!!

- Tu devrais peut-être accepter d'auditionner Satine Carmi...

- Ah nous y voilà ! dit il toujours aussi véhément. "Esprit es-tu là" à présent ! Un peu de bon sens, Charlotte ! Franchement !!!

- C'était juste une suggestion, avança prudemment la jeune maire.

- Je vais faire un procés aux Etats-Unis, à force de diffuser des séries télé sur le paranormal, ils rendent les gens irrationnels et frappa dingues !

Cette dernière réplique non dépourvue d'humour rassura Charlotte sur les intentions de Cyprien. Il était louable qu'il se défende d'utiliser de telles méthodes, mais à la pensée que cela pourrait peut-être accélérer la résolution de cette affaire, il en viendrait à étudier le sujet, elle en était persuadée.


Plume
 

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange communauté : Les blogopotes de Cali
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Dimanche 18 novembre 2007

Vous êtes impatients d'avoir des nouvelles de Monsieur Titus himself ? 

Titus travaille comme un forcené pour le Téléthon qui aura lieu les 7 et 8 décembre 2007 et vous fait un petit coucou amical !

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Il a mis sa belle écharpe Téléthon !

Plume

par Plume publié dans : Clichés de Plume communauté : Les blogopotes de Cali
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Jeudi 15 novembre 2007

Mattéo Lesco prit place dans le fauteuil que le capitaine Antinace lui indiquait de la main. Il s'assied, regarda un instant autour de lui l'austère bureau qui servait de salle d'interrogatoire. Une homme était assis à un autre bureau, près du Capitaine et s'ingéniait à mettre en route un ordinateur portable, nécessaire à la prise de notes de la déposition. Une femme était debout les bras croisés dans le dos, adossée au mur sans couleur et se présenta comme inspecteur de la brigade criminelle. Mattéo ne laissa rien transparaître mais ce jury inattendu le mettait profondément mal à l'aise. Mais il avait croisé le regard perdu de Nathan, dans la cellule d'à coté, lorsqu'ils l'avaient amené du centre pénitenciaire, menottes au poignet et cette vision l'avait débarassé de toute appréhension. Il était fermement décidé à sortir son ami de ce bourbier. Il le croyait à 1000 % innocent et se sentait prêt à déplacer des montagnes de paperasseries administratives pour obtenir sa libération. Il s'était même surpris à penser qu'en supposant qu'il soit coupable, il y aurait forcément des circonstances atténuantes. Il ne souhaitait pas charger la victime mais peu s'en fallait. Il se gratta la tête dans un geste qui lui était familier. Au pis aller, il se dit, pour se donner bonne conscience, qu'Alicia lui donnerait raison et que, morte ou non, elle n'aurait pas voulu que Nathan soit ainsi traîté. Contrairement à ce qu'il avait cru d'abord, il n'avait pas dormi de la nuit, retournant cette histoire comme un plastron gênant et concluant aux petites heures du matin de l'absurdité de cette histoire. Il se redressa dans le fauteuil, cala sa détermintation en même temps que ses reins contre le dossier et attendit patiemment qu'on veuille bien commencer l'interrogatoire. Il débuta avec les préambules d'usage : décliner son identité, sa profession, sa situation de famille et son âge. Les hostilités commencèrent alors. La femme inspecteur lui demanda de quelle nature étaient ses rapports avec la victime.
- Amicale, répondit il, très brièvement.
- Vous êtes certain de cela ? Demanda t-elle en plantant ses yeux dans les siens.
- Absolument.
- Pourtant il semblerait que vous n'appréciez pas vraiment sa compagnie. Elle vous dérangeait tant que ça ?
Mattéo écarquilla les yeux. Alors qu'il pensait être venu pour Nathan, il se rendit très vite compte que l'enquête sur le meutrier continuait à travers ce fallacieux prétexte. Il était vrai qu'il appréciait modérément Alicia, il n'aurait pas su dire pourquoi. Peut-être parce qu'elle avait la fâcheuse tendance à mettre les gens en face des problèmes sans s'en détourner et il détestait avoir à exprimer quoi que ce soit. 
- Nous n'étions pas grands amis, si c'est ce que vous voulez dire...
- C'est vous qui le dîtes, Monsieur Lesco, pas moi, répondit l'inspecteur sans un sourire.
- Est-il vrai que vous avez tenté d'influencer Nathan Messager sur le choix de ses relations ? renchérit-elle sans lui laisser le temps de souffler.
- Non, il est assez grand pour savoir à qui il a affaire.
- Mais vous l'avez conforté dans sa décision de partir. Pourquoi ? 
- Je n'ai jamais dit ça.
Mattéo sentait le sac de noeuds s'épaissir, il fallait recentrer son attention sur le sujet principal, sur la raison pour laquelle il acceptait de se prêter à cet étalage de sa vie qui s'annonçait incisif.
- Nathan n'a pas tué cette fille, j'en suis persuadé.
- Et pourquoi donc ? demanda la femme en indiquant au policier qui tapait sur les touches de son clavier de consigner mot à mot les paroles de Mattéo. Le fonctionnaire souligna en gras l'appellation "cette fille".
- Parce qu'il en est incapable ! Il habitait à des kilomètres d'ici et n'avait plus acuun contact avec les gens d'ici.
- Avec personne sauf  vous.
- Et alors ?
- Monsieur Lesco, ici c'est moi qui pose les questions ! Je trouve juste étrange que vous sembliez vous réjouir d'être la seule personne à être resté en contact avec Nathan Messager alors que brutalement, toutes les connaissances qu'il avait dans ce canton n'ont plus eu de ses nouvelles du jour au lendemain.
- Je n'y peux rien moi, c'est lui qui l'a choisi.
- Lui ou vous ? N'auriez-vous pas scrupuleusement fait le ménage autour de lui pour le garder pour vous tout seul. Eloigné de tous, vous aviez facile de lui raconter des faits ou des paroles qu'aucun d'entre eux ne pouvait corroborer.
- Vous plaisantez ??? Quel intérêt aurais-je eu à faire ça ?
- Nous ne savons pas, Monsieur Lesco, mais peut-être qu'Alicia Fairise, elle, le savait.
- Nathan n'a pas revu Alicia depuis plus de 5 ans ni aucun autre habitant du coin.
- Pour votre gouverne et afin d'éviter de nous faire perdre notre temps, je vous affirme que Nathan Messager a eu une conversation téléphonique avec Alicia Fairise la veille de sa mort. Cela remet-il l'église au milieu de votre village de certitudes, Monsieur Lesco ?
Mattéo cligna des paupières comme il le faisait lorsqu'il se sentait nerveux. La femme flic le dévisagea et il sut qu'elle l'avait vu vaciller.
- Vous l'ignoriez apparemment ? ajouta t-elle avec un premier sourire teinté de sadisme.
- C'est elle qui l'a appelée sans doute, il n'avait plus son numéro dans son portable.
Mattéo sut instantanément qu'il en avait trop dit et que le cliquetis des touches du clavier qui semblait s'emballer le fixait à jamais dans un interrogatoire sans fin.
- C'était bien tenté mais non, l'appel émanait du mobile de votre ami. Vous avez probablement été dérangé le jour où vous avez voulu effacer le répertoire de son téléphone.
Mattéo s'empourpra. Comment ces maudits flics pouvait-il savoir qu'il avait effectivement "joué" un soir avec le portable de Nathan et qu'il avait effacé quelques numéros sans importance.
- Dans certains cas, les numéros s'inscrivent à la fois dans la mémoire du téléphone et dans la carte Sim, Monsieur Lesco. Vous avez fait le travail à moitié.
Mattéo sortit son brelan d'as, c'était le moment.
- Elle le harcelait depuis des mois et il en souffrait. Il ne savait pas comment s'en débarasser.
- Le harcelait, tiens donc !
- Elle voulait savoir ce qui s'était passé, pourquoi il avait planté là ses copains et elle lui réclamait de l'argent aussi.
Il pensa confusément qu'il y allait peut-être un peu fort mais le jeu en valait la chandelle. Après tout, cette fille était venue semer le trouble dans une vie tranquille et confortable et il avait très mal vécu le désordre qui avait suivi. Tout ce qui dérangeait sa petite existence bien réglée et sécurisante le rendait nerveux. Elle avait été la cause d'un éclatement de tout son univers et il lui en voulait pour ça.
- Monsieur Lesco, vous êtiez jaloux d'Alicia Fairise ?
- C'était une emmerdeuse, elle changeait toute la donne, on n'avait pas besoin d'elle et elle a pourri la vie de Nathan et elle continue encore.
- Vous êtes conscient que vos propos peuvent vous ouvrir toutes grandes les portes de la garde à vue ?
- J'ai un alibi, j'étais à Paris le soir où elle est morte, vous pouvez vérifier.
L'inspecteur et le Capitaine Antinace le savaient. C'était une tentative de destabilisation qui échoua. 
- Nous vérifierons, dit Antinace sans se laisser démonter. Mais revenons à Nathan Messager, il aurait voulu la tuer pour que cesse ce harcèlement, c'est tout à fait plausible.
- Mais non, il était déjà incapable de lui raccrocher au nez, comment voulez vous qu'il tente de la tuer ?
- Il aurait pu changer de téléphone mobile, de numéro et le problème était réglé non ? dit la femme.
Mattéo sentit le piège se refermer sur lui mais l'évita d'une pirouette.
- Elle savait où il habitait, elle venait parfois se garer sur le trottoir d'en face sans bouger pendant des nuits entières, cela n'aurait rien changé.
- Dans ce cas, pourquoi n'at-il pas porté plainte ?
- Vous en voyez souvent, Inspecteur, des hommes venir se plaindre du harcèlement d'une femme ?
L'inspecteur sourit et hocha la tête, elle sembla se détourner de la conversation et Antinace reprit.
- Est ce que d'autres habitants du coin étaient au courant de cette situation ?
- Je ne sais pas. Mais Nathan n'est pas coupable, j'en suis certain, il a subi la situation.
- En somme,  d'après vous Alicia Fairise était une psychopathe qui ne laissait pas les gens en paix avant d'en avoir extrait la cervelle, c'est ça, d'autres auraient subi sa folie et s'en seraient débarassée, c'est bien votre théorie ?
- J'ai pas dit ça, j'ai juste dit qu'elle était obsessionnelle. Nathan ne l'a pas tuée.
- Le problème c'est qu'il y a de grosses zones d'ombre dans l'agenda de votre ami dans les jours précédant le meurtre et tant qu'elles ne seront pas éclaircies, nous aurons des difficultés à vous donner raison. Vous pouvez disposer, merci Monsieur Lesco.
Mattéo sortit de la gendarmerie comme un boxeur d'un ring. Il avait fait tout son possible, au grand pire de l'accusation de crime, Nathan bénéficierait de circonstances atténuantes, donc d'une remise de peine. Au fond de lui, il sentit comme un courant d'air glacial tourbillonner dans sa poitrine. Il leva les yeux et vit Satine Carmi, assise sur le banc des jardins de la gendarmerie, elle ne le regarda même pas. Il lui sembla être transparent devant ses yeux.
- Salut Satine, ça va ?
Elle ne répondit pas. Il pensa qu'elle ne l'avait pas entendu et monta dans sa voiture.

Plume

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange communauté : Les blogopotes de Cali
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Jeudi 15 novembre 2007

Il faudrait juste que tu reviennes

une seconde...

Pour que le souffle me revienne, que je respire à nouveau, mieux qu'à petit feu, mes yeux s'ouvrir sur ta beauté, sans ta lumière, tout est noir et sans attrait

une heure...

Pour te voir dans mes miroirs, marcher, rire, regarder, sourire et si apaisée me sentir

une minute...

Pour que je prenne ton coeur entre mes mains, réchauffer le mien de ce sang qui te rend si vivant

un matin...

Pour que j'ai confiance à nouveau en demain, voir à nouveau sourire ton copain,  dessiner enfin une journée comme la promesse de toute bonté

en été...

Pour ensoleiller mon hiver, dessiner des joues rouges à mes bonhommes de neige et me donner l'envie de profiter des fêtes de fin d'année

un instant...

Pour sentir tes mains emprisonner les miennes et me sentir irréprochable, intouchable et "adorable"

une nuit...

Pour dissiper la brume et le gris, les drôles d'insomnies et ces rêves prémonitoires de fantômes envahis

en hiver...

Pour jeter ce manteau inutile, contre ce froid qui me mine, dénouer les écharpes autour de mon cou, cordes que je serre comme un joug

en janvier...

Pour qu'enfin cette coutume débile de "Bonne année", ait enfin un sens affirmé

Il faudrait juste que tu reviennes, une journée...

Pour entendre ta voix me charmer, poser tes lèvres sur mon front enfiévré et me dire qu'il faut du temps laisser, que je suis la personne vers qui vont tes pensées.

en novembre...

Pour souffler ces macabres bougies qui n'ont ni sens ni vie, et faire de ce mois sombre autre chose qu'une cérémonie, commémoration de ceux qui sont morts sans un bruit

dans un flash...

Pour voir tes yeux se poser sur moi, sans mot souffler, effrayer mes angoisses revenues à la mêlée et je saurai alors que tu es encore là 

Je pourrais sans doute continuer à vivre, sans doute, sans doute, toute une année...

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Plume "comment s'écrit "nos futures" ? A l'anglaise...... No future....
  

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Figer le monde...
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Dimanche 11 novembre 2007
Il ne me manque pas

- Sa présence est avec moi, chaque seconde, du matin au réveil, jusqu'au soir en sommeil, et parfois dans la journée, sur les jours du calendrier que je barre comme font les prisonniers, bien que le compte à rebours n'a pas fixé la date de son retour

- Son regard azur, si pur, où je plonge chaque soir où il fait noir, comme dans les eaux idéales des mers tropicales et j'oublie les ténébres et le vide abyssal quand je revois le bleu indigo chavirer, avant de partir, sans se retourner

- Sa voix douce aux accents de miel, qui murmure à mon oreille, de regarder le soleil, pour éclairer ses doutes et nos longues routes

- Sa tendresse rassurante, si sécurisante, broyée par les spectres d'un passé qui font de lui un comdamné à rester à genoux jusqu'au bout


"Je te suis fidèle à l'infini, ça me suffit"

Elle ne me manque pas

- Elle est en moi comme en elle je l'ai été, et je profite chaque jour de tout ce qu'elle m'a donné avec tant de générosité

- Elle est partie trop tôt mais elle a fait de moi l'adulte que je suis, le long d'une enfance dorée où sa bonté et sa confiance en l'autre furent mon livre de chevet

- Elle est l'éclat de ses rires joyeux, message d'amour de foi et de tendresse : aimer est le bien le plus sacré, nous sommes si riches de tout ce que nous avons perdu

- Elle m'appelle parfoit du haut du ciel pour me souvenir de ne pas oublier, que l'amour autour de moi prodigué est le cadeau de la vie, celui qui nous est rendu ici ou dans le coeur des disparus

"Je te suis fidèle à l'infini, ça me suffit"

Vous ne me manquez pas

- Vous êtes ma petite douleur, mon infime émoi, de vous regarder fuir pour m'oublier, pour ce matériel, ce lien empoissonné que vous avez noué vous même à vos pieds, ce boulet dont vous avez perdu la clef, ensemble on peut la retrouver. Je ne crois pas mériter des autres la culpabilité.

- Vous êtes ma nostalgie, de tout ce que vous étiez, de ces bras qui me sortaient avec vaillance de l'ornière où je tombais, portés par vos propres illusions, voulant de suite la guérison

- Vous êtes ce silence imposé, derrière ce mur de plomb par vous érigé, je ne sais plus comment faire pour m'y glisser, vos portes sont closes et vos bras repliés. L'amour est un être qu'on ne peut enfermer, désolée de vous le confirmer. 

- Vous êtes restés dans le passé, mon âme, elle, je l'ai sauvée. Si votre choix est de vous détourner, je le respecterai. Je tends un grand piolet,  pour toutes ces briques casser, s'il reste en suspens, ce n'est plus de ma responsabilité, maintenant


 "Je te suis fidèle à l'infini, ça me suffit"


Je vends tout ce que j'ai
Contre tout ce qui me manque
Je vends ce qui s'achète
Contre ce qui n'a pas de prix


Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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