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Lundi 31 décembre 2007

Et nous voilà le dernier jour de l'année 2007.

Une de passée et dix de retrouvées ? Euh oui peut-être...

Je n'ai pas de bonnes résolutions que je ne tiendrais pas, à faire, ni de décisions déterminées à prendre, la vie se charge de faire zigzaguer les lignes droites, pas d'autres souhaits que d'espérer pour mes proches qu'ils soient encore autour de moi l'an prochain à la même date. 

Comment ? 
Si certains étaient de retour, ce serait sympa aussi ? 

- Les copines d'enfance qu'on n'a pas vues depuis moultes alors que petites on était unies commes les trois Mousquetaires - qui étaient 4 -, 
- Les copains éloignés qu'on se promet d'appeler tous les mois sans le faire, 
- Les fâchés (on ne sait même plus véritablement pourquoi ils le sont et surtout si ça valait la peine de l'être si longtemps et on se demande même si eux s'en souviennent aussi et s'ils n'ont pas oublié le plus important mais bref) 
- et The Only One qu'on voudrait près de nous tout en se demandant si tous les horoscopes et  toutes les Esmeraldas de la terre n'ont pas les ondes brouillées par le réchauffement de la planète tant leurs prédictions piétinent dans la semoule mais on ne va surtout pas leur dire de peur de les vexer et parce que l'optimisme est la meilleure chose qui ait été inventée pour nous faire avancer malgré tout.

Oui ce serait "sympathique" aussi - ce serait le rêve en couleur et en 16/9è mais comme adultes, nous sommes censés ne plus croire au Père Noël, nous restons lucides ( sauf que quand même le mien ne s'appelle pas Noël donc j'ai le droit d'y croire encore m'enfin ! il n'a rien à voir avec le vieux barbu dans ses grosses bottes rouges alors j'ai le droit d'y croire hein ? Ben tiens ! J'vais m'gêner !!! ) 

Enfin 2007 est bientôt derrière avec son lanscinant bilan auquel on n'échappe pas :

Bilan professionnel : on n'a pas été "plus pire" ni "plus mieux" que les années précédentes, on a perdu un grand homme et on a eu du mal à se recamper mais cette année, on va resserrer les boulons, on va être plus ordonnée (ouh la la) plus méthodique et surtout développer le coté "assistant de direction" quand la direction  court partout comme une petite froumi (je sais que le mot est fourmi mais c'est plus mignon "froumi"). Merdum, j'avais dit : pas de bonnes résolutions ! Ben oui quoi, de toute façon, on fera comme on pourra ! 
 
- Bilan régime et santé : Bon là, après les kilos à perdre, les lunettes à réajuster et le sport à faire, faudrait aussi arrêter le vice pernicieux. Bon alors là, dans la série résolutions "de la mort qui tue" y a pas pire ! Tout ça ne serait possible que si The only one comes back. Comment ça, c'est de la mauvaise foi personnifiée ? Ben non c'est vrai, si j'arrête tout, il ne me restera bientôt plus que le tricot et le sudoku devant la Starac !!!
 
- Bilan amis : Sur ce coup là, on a appris pleins de choses, entre autre que les préjugés sont mauvais pour le développement personnel ! (c'est à la mode ça le développement perso et le coaching aussi, moi je veux bien être coacher à condition que je le choisisse le coach en question, Only one... Je sais je vous bassine avec celui-là mais j'aime bien !). On a aussi appris que trop en faire nuit et que ceux qui vous aident quand c'est Scarface dans votre tête le font par amitié et non pas pour être payés en retour sinon ça ne s'appelle pas de l'amitié. On a appris aussi à être a little sélectif parce qu'on n'est pas des bouche-trous ni à contrario, des sangsues. On a cessé de penser que le monde entier est fait de potes potentiels et qu'il y a affinités ou y a pas et qu'il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes, non pas pour des raisons de hiérarchie sociale mais quand les torchons brûlent, les serviettes se tordent et réciproquement, alors il faut s'initier à l'art du cocktail amical.
Ne pas non plus trop diffuser au large nos états d'âme, ou alors avec parcimonie comme dirait un pote à moi "discrétion =  sécurité". Bon parfois, on a failli à cette régle quand on était trop content ou trop souffreteux pour taire cette joie ou cette douleur intenses mais on ne recommencera plus, c'est promis... Euh...

- Bilan coeur : ............ pulsations 80 par minute, couleur rouge, muscle un petit peu écrabouillé et essoré parfois mais pour le moment tient encore la route, parfois enflé comme une baudruche, gros souvent mais moins ouvert par réflexe de protection.  Rien à dire d'autre...

- Bilan social : pas trop mal intégrée à la caste sociale, détestée par certains et un chouilla appréciée par d'autres, pas plus ni moins que d'autres, je pense.  Satisfaction d'avoir fait partie d'une chouette aventure humaine avec le Téléthon, rapprocher les gens pour une bonne action, c'est toujours bénéfique pour le moral et le reste.

Projets : - Aller voir ailleurs pour se renouveler, rester solidaire et aimer toujours, sans arrêt, d'amour, d'amitié, de fraternité, de convivialité, de puérilité pour ne pas oublier pourquoi on est né -


Bonnes fêtes de fin d'année à tous et une prière particulière pour toux ceux qui sont seuls, ceux qui nous manquent et que l'on retrouve dans nos pensées pour se réchauffer.


Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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Samedi 22 décembre 2007

Ah les fêtes ! Période cruciale si on en croit les médias.

Vie de fou oui !

Courir les boutiques à la recherche du cadeau qui fera tilt, qui plaira et qui n'explose pas le budget, là c'est carrément mission impossible : on dirait que Noël c'est la valse des étiquettes, pire on nous culpabilise, un savon à 18 euros, une bougie à 30 euros ! Ben oui, mais il ne faut pas avoir l'air radin alors on nous fait croire que la valeur d'un morceau de paraffine augmente à Noël ! C'est de l'arnaque totale ! Et on tombe dans le piège, on n'a pas le choix ! Le salaire de décembre fond comme beurre au soleil dans tout un tas de dépenses futiles et superflues mais qu'on nous fait croire comme indispensables ! Sans parler des impôts et moultes factures qui tombent en même temps en cette fin d'année !

Et le plaisir de tourner trois heures dans les parkings bondés des centres commerciaux, de suer sang et eau dans des magasins surpeuplés et faire la queue aux caisses où les caissières ont été choisies pour le lenteur zen, c'est un sport ultra fatiguant. En une après-midi, on trouve trois cadeaux sur 12 ! Il va falloir recommencer le week-end prochain ! Argggg !

Les menus prennent une vague forme dans notre tête, on finira par modifier des trucs au dernier moment, on se dit que les deux dernières semaines de décembre mériteraient qu'on s'offre un Palm pour s'organiser ! Aller chez le coiffeur, finir d'acheter les accessoires de la table, retourner fouiller les magasins parce qu'on a oublié deux cadeaux, faire le ménage pour le jour J, décorer la maison, sortir le sapin de sa réserve, foncer au supermarché repérer les victuailles tant et si bien qu'on rentre à la maison en réalisant qu'on n'a pas rempli le caddie avec les courses "normales" pour la semaine. Résultat : on grignotte les fonds de congelo et de placard jusqu'à Noël !

Quand je pense que certains partent aux sports d'hiver à Noël ! The horror pour moi. Non seulement il faut embarquer toute la table du réveillon et les cadeaux dans la voiture pas faite pour déménager le 54ème R.I. mais en plus, il faut caser les combinaisons de ski, les skis, les après-skis, les bottes etc et se retrouver dans les embouteillages sur une autoroute overbooked. Un cauchemar d'après moi ! Surtout que je n'aime pas le ski, et encore moins la transpiration excessive dans les combinaisons de ski lorsqu'on s'arrête au chalet du coin pour manger une tartiflette ou boire un vin chaud, l'odeur divine des bottes de neige après une journée ski, les démarches chaloupées dans lesdites bottes inconfortables, Bibendum se traîne lamentablement du chalet aux pistes de ski et réciproquement. On oublie les gants dans la neige, l'écharpe qui se coince dans la fermeture éclair de la combi, le bonnet qui nous donne un air sexy en diable, les lunettes qui finissent indéniablement sous les skis d'un expert petit con qui vient effectuer un schuss qu'il trouve digne de Jean-Claude Killy devant nous, nous soufflant à la figure une gerbe de neige mouillée et sale.

****
J'aimais tellement mieux les vrais Noëls de mon enfance, où je regardais mon père peindre aux magnifiques santons de terre des vêtements et des chapeaux qui leur donnaient l'air vrai.  Avec une minutie étonnante pour ses gros doigts de maçon, il peignait de minuscules fleurs sur le tablier de la poissonnière et des étoiles d'or sur la cape de Melchior. 
Il en achetait un ou deux par an, pour grossir le groupe ou remplacer les éclopés. La crèche était décorée de mousse fraîche qui séchait au pied d'un vrai sapin diffusant un parfum de forêt délicieux dans toute la salle à manger. 

Il disposait les santons comme dans un conte, attirant mon attention sur les expressions de ces petits personnages qui prenaient vie sur le petit sentier de gravier qui menait à l'étable. 

Le sapin me semblait immense et merveilleux, les décorations étaient tous les ans les mêmes mais conservées avec soin, on coulait de la bougie dans des coques de noix  et on écoutait les chants de Noël en boucle pour se baigner dans l'atmosphère.

Et quand la fête était finie, on rangeait les santons dans leur boîte de coton, et à chacun je souhaitais un bon repos avant Noël prochain.

Depuis, presque tous les ans, j'achète un santon d'artisans de Provence peint par eux - Carbonel et Escoffier sont des artistes incontournables en la matière - pour recréer cette féérie dont je me souviendrais toute ma vie comme d'un moment privilégié. 
Bizarrement, ils restent chaque année dans leur boîte de coton, et je n'ai pas encore acheté Marie, Joseph et leur bébé....

L'enfance est finie et pour ce qui est de la famille, il en manque une à chaque fois mais qui sait, un jour peut-être, bergers et petits moutons, arlésiennes, vieille femme portant fagots de bois, anges, boulangers et rois mages s'éveilleront et reviendront sur le petit sentier de mes plus beaux Noëls d'antan...

PrixSantons.jpg

Dans une boîte en cartons, sommeillent les petits santons,
le berger, le rémouleur et l'enfant Jésus Rédempteur,
Le ravi qui le vit est toujours ravi, les moutons en carton sont serrés au fond
Gloire alors, paraît l'étoile d'or
et tous les petits santons quittent la boîte de carton...

"Le Noël des petits santons " Alibert


Joyeux Noël à tous.

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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Samedi 15 décembre 2007

Ari attendait le bus avec fébrilité ce matin là sur la place de Garance. Il répondait distraitement à ses camarades et fixait le haut de la grand'rue. Satine n'était pas arrivée et le transport scolaire serait là d'une minute à l'autre. Lorsqu'il se gara sur la place, Ari hésita à monter et se pencha une dernière fois en montant les quelques marches qui le hissaient dans le bus. Mais Satine était invisible. Il faillit rebrousser chemin et foncer chez elle, inquiet mais les portes se refermèrent dans un claquement sec et il alla prendre sa place. Le véhicule s'ébranlait et allait quitter la place lorsqu'un des passagers interpella le chauffeur pour qu'il fit une halte.  Satine arrivait en courant. Il lui ouvrit les portes, lui fit promettre d'être plus ponctuelle la prochaine fois et le bus prit la route. La jeune fille passa devant Ari sans le regarder et s'assied sur un fauteuil à quelques rangées derrière lui. Il n'osa pas se retourner pour attirer son attention, il craignait son indifférence. Il décida d'attendre l'arrivée au lycée pour lui parler.

Assise à son bureau de maire, Charlotte écoutait le silence du lieu et ne parvenait pas à rédiger un banal courrier administratif qu'elle recommençait pour la énième fois. Lorsque la porte s'ouvrit, elle échappa un petit soupir de soulagement : enfin quelqu'un qui allait dissiper le malaise qu'elle ressentait dans cette mairie vide. Baptiste passa la tête par la porte.
- Ah c'est toi ! dit elle en se levant. Tu veux un café ?
Il accepta et remarqua les traits tirés de la jeune femme.
- Fatiguée ?
- Cyprien est à bout, son enquête n'avance pas et Lucy Mayeur m'a laissé un message obscure sur mon répondeur. Je voudrais que cette histoire soit réglée, d'une part pour la paix des défunts mais aussi pour celles des vivants,dit elle en apportant deux tasses et la cafetière fumante sur son bureau.
- Ca, ça va pas être possible, dit il en utilisant son expression favorite. A la veille des élections, les esprits s'échauffent et il va falloir être patient avant que tout cela se tasse. Que disait Lucy ?
- Que parfois la solution est en face de nous mais tellement près que nous ne la voyons pas.
- Esmeralada n'aurait pas fait mieux avec sa boule de cristal, dit Baptiste en portant la tasse de café à ses lèvres. Il faillit cracher la gorgée qu'il venait d'avaler.
- Pouach ! Tu veux nous empoisonner ou quoi ? dit il avec une grimace de dégoût. C'est quoi ce café?
Charlotte constata qu'elle n'avait pas changé le filtre à café de la veille et que l'eau avait traversé une poudre déjà utilisée.
- Je suis perturbée décidément...
Baptiste et elle virent passer derrière les stores mis clos du bureau la vieille Lucy qui descendait au cimetière.

Ari suivait Satine qui avait pris la direction inverse du lycée en sortant du bus. Il marchait dans ses pas à bonne distance et elle ne semblait pas s'être aperçue de sa filature. Elle marchait vite vers le centre social de l'enfance et il comprit qu'elle avait décidé de mettre son plan à exécution. Elle arriva devant la pouponnière et resta un moment à observer la façade, les entrées et sorties et le passage du personnel qui se rendait à son travail. Elle allait pénétrer dans le bâtiment par l'entrée principale lorsque qu'un bras enserra le sien.
- Attends, regarde !
Elle sursauta et vit Ari derrière elle qui lui indiquait une petite porte sur le coté d'où un agent venait de sortir du linge.
- En passant par là, on se fera moins remarquer.
Elle lui décrocha un sourire qui le fit fondre et accepta de suivre son idée. Le jeune homme pensa confusément qu'il s'embarquait dans des histoires compliquées et illégales mais il était décidé à ne pas laisser Satine gérer ça toute seule. Ils s'introduirent dans la buanderie de l'établissement sans problème. Cachés derrière d'énormes paniers de linge, ils attendirent de ne plus entendre de bruit dans le couloir pour se risquer dans l'établissement.
- Tu sais où est Cloé ? demanda Ari dont le coeur battait à tout rompre à la fois de sentir Satine serrée contre lui et de commettre un acte répréhensible et grave.
- Au rez-de-chaussée, au fond du couloir, nous y sommes presque, il faut se dépêcher avant que les nurses ne l'emmènent  au Jardin des Jouets.
Ari pensa qu'elle n'en était pas à sa première visite, à la manière dont elle décrivait les lieux.
- Ok, on y va...
Les tambours du Bronx au fond de sa poitrine, il passa devant Satine et ils se glissèrent dans le couloir, filant comme des ombres jusqu'au dortoir des bébés. Celui-ci était vide mais on entendait la voix chantante de la puéricultrice dans l'office, pièce ouverte sur les berceaux alignés.
- Elle est là, chuchota Satine en montrant le troisième petit lit. Il faut faire vite, la puéricultrice peut revenir d'une minute à l'autre.
Ari sentait son sang battre comme un fou dans ses tempes. Il vit Satine s'approcher du berceau, soulever un paquet de couverture et le blottir entre ses bras, puis elle revient vers lui.
- Vite ! Heureusement on est arrivés avant elle ! Vite, il faut la mettre en lieu sûr !
Ari faillit lui dire que pour l'heure c'étaient eux les criminels et que la prise d'otage portait leur signature et non celle du pseudo meutrier mais il fallait sortir de cette souricière avant de se retrouver devant le Capitaine Antinace qui était suffisamment à cran en ce moment pour les mettre en garde à vue pour le restant de leurs jours.
Le jeune garçon fut fasciné par la facilité avec laquelle ils réussirent à sortir de la pouponnière avec le bébé.
Ils se retrouvèrent derrière le parc de la petite ville et se cachèrent sur un banc entouré d'une haie touffue.
Satine posa le bébé sur ses genoux et découvrit le petite frimousse enfouie sous les cotonnades. L'enfant ouvrit les yeux , bougea ses petits bras et lui sourit alors que la jeune fille posait un baiser sur son front.
Ari restait accroché au visage de la petite fille et lorsque Satine se tourna vers lui pour lui demander d'aller acheter un biberon de lait à la pharmacie, ce qu'elle lut dans ses yeux la fit sourire.
- Tu as compris maintenant ? 
- Je crois que oui, dit il. C'est la fille de Nathan c'est ça ? Elle lui ressemble, c'est dingue.... Mais comment tu le savais ?
- On jouera aux devinettes plus tard, il faut pas rester là. Lucy m'a promis de m'aider, il faut rentrer à Garance. Elle va venir la chercher et ils se rendront vite compte qu'elle a disparu. Vite !
- Mais, tu dis "elle" ? Qui, elle ?
- Celle qui a tué Alicia !
- C'est une femme ??? Tout le monde disait que c'était Mattéo !
- Tout le monde dit  tout et n'importe quoi, vite Ari ! Il faut mettre cette petite poupée en lieu sûr !
 

Plume

par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange communauté : Les blogopotes de Cali
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Vendredi 14 décembre 2007

L'automne est passé dans un tourbillon, l'effet de masse, les rassemblements, la solidarité Téléthon. Resserrer les rangs, voir les gens se réunir pour rire, plusieurs soirs par semaine, et ne pas lâcher, assumer, assurer au mieux la cohésion, se battre sur plusieurs fronts, travailler comme une damnée à tous ensemble rester, marmonner aussi, rire et s'épuiser, pour avancer.

Mot d'ordre : regrouper, faire d'un individu une foule, mélanger les genres et les idées, les caractères et les talents, les âges la pluie et le beau temps et immortaliser tous les instants, pour rendre la vie un peu moins noire, certains soirs.

Il ne faut pas se leurrer, biensûr, je me suis donnée à 1000 % pour y arriver et tant mieux si ça a marché mais je ne me suis pas trompée, c'est d'abord moi que j'ai aidé, que j'ai regroupé, comme un puzzle inachevé.

Le jour de la grande fête, toutes les pièces étaient assemblées mais il en manquait quelques unes dans ce feu d'artifice de convivialité. Mais personne n'a vu, celle qui manquait le plus, celle qui donnait au décor, caché dans un coin, l'image d'un rideau de velours lacéré. 

J'avais mis tant d'énergie à rassembler, à espérer la bonne entente jusqu'au bout, à caler les clichés, la musique et les bonnes volontés qu'il n'y avait qu'une chose qui pouvait m'essorer le coeur, que l'on parle de moi comme celle qui fut l'instigatrice de tout ça. 

Mettre le doigt sur le rideau déchiré, me rendre à mon individualité, alors que je veux seulement me fondre dans la foule et faire partie des gens, de la vie et  de ce que le mot "ensemble" peut réaliser dans ce monde où souvent l'égoïsme est de mise.
 
Mais ca n'a pas duré et je suis retournée danser avec un groupe que j'espère soudé, ouf...

Ai-je la faculté de regrouper les gens, moi l'isolée ? Je ne sais ... C'est ce qu'on dit, dans les milieux 'autorisés"...

Peut-être est ce un acte désespéré ? Je ne crois pas...

Un vieux monsieur très sage m'a dit un jour " Vous avez la foi"

Alors il était une fois, plusieurs personnes à la fois qui suivaient la foi sans voir que parfois, celle qui sourit, dynamise, pétille et ouvre grand les bras, pour faire de ce monde un rêve de collective foi, aimerait juste une fois, que celui qui manque toutes les fois qu'elle sourit, moteur de ses actes de foi et qui lui manque tant quelquefois, fasse d'elle une seule personne à la fois, dans ce monde cruel sans loi sans foi ni toi... 

Derrière le nez rouge de l'acteur, n'oubliez pas... 
Il y a toujours un clown qui pleure, tout bas
Mais qui ne le montre surtout pas 
Car le spectacle, de continuer se doit...


Plume Mission Impossible... possible


souris-mission.jpg 

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Figer le monde...
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Mercredi 12 décembre 2007

En voyant Satine entrer dans le commissariat avec Charlotte, Cyprien Antinace sut qu'il ne pourrait pas refuser ce qu'il s'acharnait depuis des semaines à nier. Il allait entendre la déposition de la jeune fille puisque Charlotte le voulait et quitte à perdre du temps à interroger des pseudos témoins aussi muets que des carpes et menteurs commes des arracheurs de dents, il était prêt à entendre des propos incongrus.

- Asseyez-vous, dit il en leur avançant deux fauteuils.

- Gisèle, sa mère autorise Satine à témoigner à condition qu'un adulte l'accompagne, dit Charlotte pour justifier sa présence.

- Ca tombe bien, c'est la loi. Alors, demoiselle, qu'as-tu à me dire ?

Satine lui décrocha un petit sourire et dit :

- Je voudrais que vous m'accordiez une entrevue avec Monsieur Messager, j'ai des choses à lui dire.

- Tu réalises que cet entretien sera filmé et écouté ? Il est hors de question que nous te laissions avec lui sans protection.

- Je sais. Ce n'est pas grave.

-Ok ! dit Cyprien en se levant d'un bond. Et bien, nous allons le faire tout de suite. Je vous emmène au centre pénitenciaire.

Dans la voiture, Satine ne dit mot, Charlotte la surveillait du coin de l'oeil. Jugeant la jeune fille particulièrement fragile, elle espérait que cet épisode de l'enquête ne la perturberait pas trop. 
A la prison, elles attendirent dans le hall, le temps qu'on installe Nathan Messager dans une cellule d'interrogatoire qui permettrait à Cyprien et Charlotte de voir et entendre la conversation derrière des vitres sans tain. Lorsque Nathan fut informé de ce qui allait se passer, il haussa les épaules et accepta de s'asseoir sur la chaise faisant face à la table où une autre chaise accueillerait Satine. Celle-ci entra, très calme, lui sourit et s'assied à son tour. Elle attendit que le gardien sorte de ce parloir pour prendre la parole. Charlotte sentait son estomac se tordre au fond de son ventre, elle pressentait que des choses importantes allaient se dire.

- Je sais que vous n'avez pas tué Alicia, commença Satine.
- Comment le sais-tu ? Tu ne me connais même pas, répondit Nathan un peu bourru.
- Je ne peux pas encore vous expliquer mais je le sais c'est tout. Alicia m'a dit de vous dire...
- Tu la connaissais bien ? Tu l'as vue avant sa mort ?
- Non, je la croisais parfois mais sans plus.
- Et elle t'a dit de me dire des choses ? Ca ne tient pas debout ton histoire.
- Est ce que je peux poursuivre ? demanda poliment Satine sans se démonter.
Un peu dérouté par le calme serein de la jeune fille, Nathan se laissa aller contre le dossier de la chaise inconfortable et lui fit signe qu'elle pouvait.
- Il y a quelques semaines, un bébé a été trouvé à l'église de Garance, une petite fille...
- J'en ai entendu parler oui et alors ?
- Cette petite fille s'appelle Cloé, insista Satine en plantant ses yeux dans les siens.
- Et alors ? Qu'est ce que tu veux que ça me fasse ? 
Satine se montra un instant déconcertée, elle passa une main dans ses cheveux et secoua la tête. Puis elle se leva très doucement et murmura :
- Je ne sais pas.
- Ce n'est pas cette information qui va me sortir d'ici. Je croyais que tu connaissais le meurtrier, je pensais que tu pouvais m'aider.
- Je le croyais aussi... murmura t-elle encore plus bas. Excusez-moi. Je suis désolée...
Elle s'approcha de la porte et attendit que le gardien lui ouvre.
- Eh ben ! lâcha Cyprien derrière le miroir sans tain. Nous voilà bien avancés !
Charlotte ne fit aucun commentaire, elle regardait Nathan qui semblait fouiller dans sa mémoire pour y trouver des indices qui expliqueraient la venue et surtout le message de cette gamine.
- Laissons lui un peu de temps, dit elle avant de sortir de la pièce.
- C'est ça, grommela Cyprien sur ses talons. Et en attendant, toujours pas de coupable avéré. Je vais passer pour un charlot auprès de tous mes collègues.
Lorsqu'ils sortirent du commissariat, Satine était prostrée sur le banc du jardinet. Charlotte tenta de la rasséréner en la ramenant chez elle sans trop savoir pourquoi elle réagissait ainsi.

Il était plus de 3 heures du matin lorsque Ari entendit comme une pluie de cailloux lancés contre le volet de sa chambre. Il descendit de son lit et ouvrit prudemment la fenêtre. Le bruit était plus fort et ressemblait à de petits grêlons martelant le bois des persiennes. Il poussa doucement le volet et se pencha pour voir ce qui se passait dehors.
- Ari ? Ari, c'est moi, Satine !
Rassuré, le jeune homme se pencha davantage.
- Qu'est ce qui se passe ? Tu as des problèmes ?
- J'ai besoin de toi, tu peux descendre ?
- J'arrive !
Il bondit dans son jean, chaussa ses basketts sans les attacher et descendit à pas de loup à la cuisine où il ouvrit la porte de derrière à son amie.
- T'as vu l'heure ? Qu'est ce qui arrive ?
- Je sais qui a tué Alicia.
- Quoi ??? dit il éberlué et pas très réveillé. Et tu sais ça comment ?
- Je le sais, c'est tout. Demain, au lieu d'aller au lycée, il faudrait que j'aille à la pouponnière.
Ari leva un sourcil inquiet, l'engouement de Satine pour le bébé trouvé le mettait mal à l'aise et comme elle semblait ne plus en parler, ce revirement de situation l'inquiétait.
- Tu sais, elle a sûrement été adoptée la petite Cloé, elle ne doit plus y être.
- Alors c'est qu'elle aura été enlevée ! Il faut aller la chercher !
Ari pensa dur comme fer que sa camarade délirait. Son entretien avec Nathan l'avait laissée très abattue et très triste et il pensa qu'elle avait atteint un point de non retour dans ses idées fantasques frôlant la schizophrénie.
- Satine, tu n'y penses pas ! Et que vas-tu faire d'un bébé ?
- Tu ne m'écoutes pas ! dit elle en haussant le ton, ce qu'elle ne faisait que très rarement. je te dis que je sais qui a tué Alicia et que Cloé est en danger !!!
- Mais comment tu le sais ? Enfin, c'est ridicule !
- Ok, dit elle en se levant. Je me débrouillerai sans toi. Oublie tout ce que j'ai dit et va dormir. Merci !
Ari en resta bouche bée et le temps qu'il réalise qu'il venait de voir Satine en colère pour la toute première fois, celle-ci avait disparu dans la nuit. Il n'osa pas la suivre de peur que le bruit réveille ses parents mais se jura de la retrouver dans le bus le lendemain. Il ne réussit pas à se rendormir avant l'aube, bouleversé par le comportement de son amie.

Plume

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