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Samedi 22 décembre 2007

Ah les fêtes ! Période cruciale si on en croit les médias.

Vie de fou oui !

Courir les boutiques à la recherche du cadeau qui fera tilt, qui plaira et qui n'explose pas le budget, là c'est carrément mission impossible : on dirait que Noël c'est la valse des étiquettes, pire on nous culpabilise, un savon à 18 euros, une bougie à 30 euros ! Ben oui, mais il ne faut pas avoir l'air radin alors on nous fait croire que la valeur d'un morceau de paraffine augmente à Noël ! C'est de l'arnaque totale ! Et on tombe dans le piège, on n'a pas le choix ! Le salaire de décembre fond comme beurre au soleil dans tout un tas de dépenses futiles et superflues mais qu'on nous fait croire comme indispensables ! Sans parler des impôts et moultes factures qui tombent en même temps en cette fin d'année !

Et le plaisir de tourner trois heures dans les parkings bondés des centres commerciaux, de suer sang et eau dans des magasins surpeuplés et faire la queue aux caisses où les caissières ont été choisies pour le lenteur zen, c'est un sport ultra fatiguant. En une après-midi, on trouve trois cadeaux sur 12 ! Il va falloir recommencer le week-end prochain ! Argggg !

Les menus prennent une vague forme dans notre tête, on finira par modifier des trucs au dernier moment, on se dit que les deux dernières semaines de décembre mériteraient qu'on s'offre un Palm pour s'organiser ! Aller chez le coiffeur, finir d'acheter les accessoires de la table, retourner fouiller les magasins parce qu'on a oublié deux cadeaux, faire le ménage pour le jour J, décorer la maison, sortir le sapin de sa réserve, foncer au supermarché repérer les victuailles tant et si bien qu'on rentre à la maison en réalisant qu'on n'a pas rempli le caddie avec les courses "normales" pour la semaine. Résultat : on grignotte les fonds de congelo et de placard jusqu'à Noël !

Quand je pense que certains partent aux sports d'hiver à Noël ! The horror pour moi. Non seulement il faut embarquer toute la table du réveillon et les cadeaux dans la voiture pas faite pour déménager le 54ème R.I. mais en plus, il faut caser les combinaisons de ski, les skis, les après-skis, les bottes etc et se retrouver dans les embouteillages sur une autoroute overbooked. Un cauchemar d'après moi ! Surtout que je n'aime pas le ski, et encore moins la transpiration excessive dans les combinaisons de ski lorsqu'on s'arrête au chalet du coin pour manger une tartiflette ou boire un vin chaud, l'odeur divine des bottes de neige après une journée ski, les démarches chaloupées dans lesdites bottes inconfortables, Bibendum se traîne lamentablement du chalet aux pistes de ski et réciproquement. On oublie les gants dans la neige, l'écharpe qui se coince dans la fermeture éclair de la combi, le bonnet qui nous donne un air sexy en diable, les lunettes qui finissent indéniablement sous les skis d'un expert petit con qui vient effectuer un schuss qu'il trouve digne de Jean-Claude Killy devant nous, nous soufflant à la figure une gerbe de neige mouillée et sale.

****
J'aimais tellement mieux les vrais Noëls de mon enfance, où je regardais mon père peindre aux magnifiques santons de terre des vêtements et des chapeaux qui leur donnaient l'air vrai.  Avec une minutie étonnante pour ses gros doigts de maçon, il peignait de minuscules fleurs sur le tablier de la poissonnière et des étoiles d'or sur la cape de Melchior. 
Il en achetait un ou deux par an, pour grossir le groupe ou remplacer les éclopés. La crèche était décorée de mousse fraîche qui séchait au pied d'un vrai sapin diffusant un parfum de forêt délicieux dans toute la salle à manger. 

Il disposait les santons comme dans un conte, attirant mon attention sur les expressions de ces petits personnages qui prenaient vie sur le petit sentier de gravier qui menait à l'étable. 

Le sapin me semblait immense et merveilleux, les décorations étaient tous les ans les mêmes mais conservées avec soin, on coulait de la bougie dans des coques de noix  et on écoutait les chants de Noël en boucle pour se baigner dans l'atmosphère.

Et quand la fête était finie, on rangeait les santons dans leur boîte de coton, et à chacun je souhaitais un bon repos avant Noël prochain.

Depuis, presque tous les ans, j'achète un santon d'artisans de Provence peint par eux - Carbonel et Escoffier sont des artistes incontournables en la matière - pour recréer cette féérie dont je me souviendrais toute ma vie comme d'un moment privilégié. 
Bizarrement, ils restent chaque année dans leur boîte de coton, et je n'ai pas encore acheté Marie, Joseph et leur bébé....

L'enfance est finie et pour ce qui est de la famille, il en manque une à chaque fois mais qui sait, un jour peut-être, bergers et petits moutons, arlésiennes, vieille femme portant fagots de bois, anges, boulangers et rois mages s'éveilleront et reviendront sur le petit sentier de mes plus beaux Noëls d'antan...

PrixSantons.jpg

Dans une boîte en cartons, sommeillent les petits santons,
le berger, le rémouleur et l'enfant Jésus Rédempteur,
Le ravi qui le vit est toujours ravi, les moutons en carton sont serrés au fond
Gloire alors, paraît l'étoile d'or
et tous les petits santons quittent la boîte de carton...

"Le Noël des petits santons " Alibert


Joyeux Noël à tous.

Plume

par Plume publié dans : Griffesdeplume communauté : Les blogopotes de Cali
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