Il faut tenir debout, envers et contre tout, nous n'avons guère le choix. Mais parfois, nous faisons face sans savoir vraiment comment. Comme si nous nous regardions agir en étant soi même surpris de notre comportement. Et heureusement...
Sauf que parfois, ceux qui nous manquent paraissent un peu plus loin, un peu moins accessibles. On voudrait qu'ils soient là pour nous rassurer, pour nous consoler, pour nous sécuriser. Vous connaissez le vieil adage "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé..."
Il n'est pas certain que les personnes qui nous manquent pourraient agir mais leur présence nous insufflerait l'énergie dont nous nous sentons manquer, le soir quand tout se calme, quand tout s'arrête.
Alors on se demande ce qui est le plus dur, tenir debout dans les circonstances que la vie nous inflige ou souffrir de ne pas avoir ce soutien qui nous dévore...
Certains diront, les deux mon Général. Et ce n'est pas faux.
A certains moments, ceux qui sont loin le sont infiniment et nous ne sommes pas capables de leur faire un signe car nous pensons que cela les dérangerait. La pudeur des sentiments, vous savez.... l'orgueil humain et puis aussi l'idée que de toute façon, cela ne changerait rien ou au contraire, bouleverserait ceux qui ne sont pas près de vous et qui ne sauraient quoi vous dire ou quoi faire car leur vie est distante de la vôtre.
Et dans cette optique, on ne bouge pas, on reste là et on sent comme un vide froid au fond de nous mêmes. Et on se dit que ça passera, que l'on fera face encore et que de toute façon, on n'a pas le choix de faire sans ceux que l'on voudrait auprès de soi.
Vous allez me dire, mais pourquoi tant de retenue, pourquoi ne pas se lâcher et exprimer notre désarroi ? Sans doute par respect (le voilà encore celui-là) et parce qu'on a peur que la réponse que l'on attend soit pire que l'état présent et qu'on aurait vraiment, mais vraiment pas besoin d'une couche supplémentaire.
Il y a des jours où la lutte est plus difficile, où les doutes deviennent des certitudes effarantes, où tout espoir de voir le soleil rebriller disparaît, des jours où il tombe une neige glacée au printemps, des jours où l'on est conscient que l'affection dont on aurait tant besoin est absente et le sera encore pour d'autres épreuves.
Ces jours là, on ferme les yeux pour voir. Voir les sourires, les souvenirs, les images passées parce qu'elles sont les seules à illuminer notre esprit et encore... se retourner parfois rend le demi tour vers le présent plus compliqué à effectuer.
Les désillusions sont légions, mais en vieillissant je m'y suis presque habituée...
Je crois que j'ai trop rêvé... comme c'est dommage de croire aux promesses du destin quand on n'a plus 10 ans.
Plume