J’ai perdu un ami, qui avait de tous, l’extrême pudeur de ne pas parler de ce qu’il comprenait,
J’ai perdu un ami, avec qui j’ai partagé un long périple dans sa maladie, à qui j’espère j’ai offert les sourires des matins fatigués, pour avoir le courage d’affronter ses journées,
J’ai perdu un ami qui aimait la philosophie, la littérature, la poésie, qui les utilisait pour illustrer les moments de la vie,
J’ai perdu un ami qui faisait preuve avec habilité de beaucoup d’humaine psychologie,
J’ai perdu un ami qui maniait l’humour bien mieux que d’autres le fusil et en tirait tous les profits,
J’ai perdu un ami qui préférait admirer les chevreuils aux abois plutôt que de les tuer,
J’ai perdu un ami qui connaissait tous les noms des arbres des bois vosgiens, des champignons et des fleurs des champs en été,
J’ai perdu un ami, qui savait résumer d’un mot d’interminables discussions sans intérêt,
J’ai perdu un ami, qui ne jugeait personne, jamais, qui cherchait à comprendre, à écouter,
J’ai perdu un ami, qui tolérait tout sauf, ce n’est que justice, l’idiote méchanceté,
J’ai perdu un ami qui malgré la dureté de la vie croyait profondément en l’être humain et sa bonté et qu’il n’est jamais trop tard pour se relever,
J’ai perdu un ami, un professeur dont le départ provoque l’affolement désorganisé de ses élèves effarés,
J’ai perdu un ami qui doit lever un sourcil songeur en les voyant s’activer tels des petits insectes dont la fourmilière vient d’être bouleversée d’un coup de pied en l’air, comme s’ils n’avaient pas encore compris le message qu’il leur a délivré,
J’ai perdu un ami dont l’œil doit pétiller, la moustache frissonner en sachant qu’ils vont finir par s’épuiser de s’être bien énervés pour rien et qui attend patiemment et avec confiance de les voir plus sereins,
J’ai perdu un ami qui, dans ses derniers jours, a su encore écouter, analyser et me permettre de moins me disperser alors que sa vie à lui s’achevait,
J’ai perdu un ami, qui m’a expliqué ce que les hommes étaient, sans jamais leçon donner,
J’ai perdu un ami qui m’a laissé en héritage le message souverain « Quoi qu’il arrive, continue d’aimer ton prochain, tout est possible, tu le vois bien, ne désespère pas de l’être humain »,
J’ai perdu un ami, qui tel le phœnix, s’était relevé pour arriver à son apogée, et maintenant qu’il est en paix, peut être fier de ce qu’il a fait,
J’ai perdu un ami qui avait probablement terminé sa mission ici-bas et a passé le relais, avec confiance et générosité.
Soyons fidèles à sa mémoire, à son profond respect de nous tous car, une chose est sûre au plus profond de moi :
J’ai perdu un ami que je ne laisserai personne blâmer.
Je ne suis pas en état de supporter cela, alors ne m’en voulez pas si un jour, je sors de ma réserve pour vous rappeler qu’une équipe a un capitaine mais que sans elle, il n’aurait rien fait, il en était profondément respectueux et convaincu
Ne mettez pas en doute son intégrité, ne doutez pas de ses choix qui étaient aussi les vôtres, ne l'oubliez pas !
Même paniqués par son départ, faites vous, faites lui confiance comme vous l'avez toujours fait ou peut-être il vous faut, sur vous même vous retourner, car ces jours çi, je sens en moi monter une onde de mots révoltés…
Plume