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Jeudi 21 juin 2007

Je suis un paradoxe, c’est ce qui rend mes amis complétement oufs. Je suis un paradoxe et je m’en nourris.

Je m’explique : plus je vois la distance s’installer, la rancœur grossir et forcer l’oubli avec une rage inouïe chez les autres, moins je cherche à convaincre, à batailler, à argumenter. Plus cela me conforte dans mon instinct (d’autres diront :  « ouais, être raide dingue crapotte morte d’amour, c’est pas de l’instinct, c’est de la bêtise en tranche !) que comme dit Céline (vouais vouais Céline Dion) « s’il n’en reste qu’une, je serai celle-là ».

 

Mon entourage en est écrasé et confondu. Pour eux, il n’y a pas deux poids deux mesures.

-         Rien n’est excusable quand quelqu’un vous tourne le dos alors que vous avez toujours été là pour lui (encore faudrait il en avoir la preuve)

-         Pas de pitié pour ceux qui ne savent s’imposer et se battre pour leurs amis, c’est qu’en fait ils n’avaient pas d’amitié pour nous donc basta (Ses vrais amis comprendraient ça, et ne dîtes pas qu’il n’en a pas…)

-         A mort les lâches et les  peureux qui craignent leurs 4 vérités, qui flippent d’avoir à s’excuser ou à se justifier (Ils n’ont peut-être pas envie de jouer à « Qui veut gagner des gnons ? », surtout qu’ils le savent suffisamment alors pourquoi jouer ? )

-         Ceux qui ne savent plus que vous existez et qui oublient les bons moments que vous avez passés : rayés de la carte et pas par un simple trait, par un gribouillage enragé (même le stylo en a pâti et fait grise mine –ouah le jeu de mots glauquissime !)

-         Au pilori ceux qui ne tiennent pas leurs promesses et dédaignent leurs responsabilités, piétinement sauvage de cette catégorie de gens (pourtant y en a à foison partout autour de nous et on ne les en aime pas moins pour autant)

-         A la potence, même dans dix ans, même dans trente, ceux qui reviendraient après coup, sans s’excuser, sans avocat (c’est ptet plus la saison ? Ha !)

-         A la guillotine les pleurnicheurs, les enfoirés affectifs (comme dit Bridget), qu’on leur coupe la tête et le reste (oooooohhh !)

-         Au bûcher les hypocrites, les ironiques, ceux qui font du mal après avoir été bercés, qu’on crâme à petit feu leur inconscience et leur manque d’humanité (un lance flammes dans les mains et en un clin d’œil c’est Beyrouth !)

 

Ledit entourage est terrassé devant mon obstination paisible, au jeu infâme et adolescent de la vérité, même en y allant avec la pic de la pioche et même le manche, ils disent non et ils trouvent des arguments :

 

-         Non, je ne veux plus le voir chez moi ! (Et chez moi ? Silence…)

-         Non, je ne pardonnerai pas ! (Pardonner quoi ? Liste trop longue ou rien à énumérer ?)

-         Non, je n’écouterai pas ses arguments, je les connais par cœur et je vais en faire de la chair à pâté ! (Je demande à voir et pis d’ailleurs le chat n’aime pas ce genre de mets)

-         Non, de toute façon je l’ai déjà oublié (En en parlant au moins une fois par jour, ça va être difficile mais on veut bien se forcer pour y croire)

 

Ledit entourage s’aplatit dans des lapsus révélateurs de mauvaise foi extraordinairement insensés :

 

-         Je m’en fous mais alors je m’en fous ! J’ai même vu Truc et Machin à Chose et à 10h, j’ai vu ce qu’il faisait et je sais qu’il fera ça parce que j’ai remarqué ça, mais je m’en contrefous royalement ! ( C’est c’là même…)

-         C’est toi qui en parle, nous pas !(Exact, ça fait exactement 6 minutes qu’ils n’en ont pas parlé, c’était long ! Mouarf !)

Ledit entourage s’en sort en me tombant dessus à bras raccourcis (comme le druide du même nom) en ponctuant mes réponses par des grimaces outrancières et des ricanements effarés :

-         Ma parole, mais tu crois à ça ? (Euh ben, pourquoi pas ?)

-         Ma parole, mais tu le prends pour un Dieu ? (Euh non, un ange c’est plus juste- aux abris anti atomiques !  ils vont me trucider ! Hi, hi !)

-         Ma parole, mais tu rêves ? (Euh non, pas vraiment, sans quoi je pendrais déjà au bout d’une corde)

-         Ma parole, mais qu’est ce qu’il a de bien ? (Euh ben, vous pouvez pas comprendre) et là ils haussent les épaules, pas convaincus et ajoutent :

-         Ma parole, mais c’est quand même pas Bruce Willis ? (Euh ben je sais pas, je connais pas Bruce Willis dans la private life alors au bénéfice du doute, non c’est pas Bruce Willis c’est mieux - imaginez la tête de mes potes masculins ! – mélange d’envie et d’admiration – ha ha ha ! c’est drôle en tabarouette comme ils disent au Québec !)

-         Ma parole, mais tu crois qu’il pense à toi ? (Euh non, probablement pas… sans quoi il prendrait un peu plus soin de moi mais je préfère manger de la cervelle crue – beurk !- que de leur dire ça…)

-         Ma parole, mais tu penses qu’il t’épargne toi ? (Euh non plus, mais tous les hommes sont égoïstes n’est ce pas ?)

-         Ma parole, mais tu acceptes d’être giclée comme une bonne à rien comme ça ? (Euh bon, zavez pas une autre question là ?)

-         Ma parole, mais comment tu peux aimer un mufle pareil ? (Euh, j’aime bien les bovins, chuis taureau, ça doit venir de ça ! – là y m’énervent parce qu’ils me sapent le moral)

-         Ma parole, mais tu le défends encore après ça ? (Euh oui et je continuerai jusqu’à preuve du contraire et pour le moment, je ne l’ai pas)

-         Ma parole, mais t’es conne ou quoi ? (Euh conne ou quoi ? Voyons… je  choisis « quoi »)

 

Mon entourage préféré ne comprend pas, et quand les nuages sont très bas, moi non plus je ne comprends pas où je vais puiser tant de tolérance, tant de pardon, tant d’arguments, tant de bonnes raisons, mais quand le soleil brille, je sais précisément où je remplis mon cœur de tant de douceur, de compréhension et de raison : là où personne n’a vécu ce que j’ai vécu moi, là où une petite voix me dit que j’ai raison d’absoudre et d’oublier les mauvais pas, là où mon cœur s’affole lorsque j’entends sa voix, cet endroit qui ne sera jamais qu’à moi et à moi seule, là où je me réfugie loin des coups et des flèches empoisonnées de la vie, c’est de là que je suis, de l’amour et de ses bras…

Plume plus déterminée que jamais

par Plume publié dans : Griffesdeplume
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Jeudi 21 juin 2007

Thomas secoua la tête et fit le tour du rond-point.

-         T’es sûre que c’est par là le magasin de bricolage ? Parce que je crois me souvenir qu’il faut prendre la direction de Manet centre.

-         Ouais ouais, répondit Léonie évasive. Va par là.

Mila, plongée dans un dvd, jeta un œil sur la route et se permit de renchérir.

-         Papa a raison, c’est pas par là. C’est là-bas le magasin, on voit le panneau sous le pont !

Elle soutenait d’autant plus son père qu’elle détestait les longs trajets en voiture et n’avait qu’une hâte, c’était de sortir se dégourdir les jambes.

-         Ok, mais je voulais voir quelque chose avant.

-         Dans la banlieue de Manet ? Tu veux voir quoi ? demanda Thomas.

-         Pas quoi… Quelqu’un… dit Léonie en lâchant les informations avec parcimonie.

-         Quelqu’un… Punaise je sais ! répondit son mari soudain frappé par une révélation. Tu as retrouvé la trace de Nathan, c’est ça ?

-         Non pas lui, mais sa sœur habite… ici ! dit elle en pointant du doigt une petite maison aux volets verts sur le bord de la route.

-         Ca, j’aurais pu te le dire sans que tu en fasses un secret d’état. Je suis déjà venu avec lui ici à la grande époque. Et puis, on la connaît, on l’a vue une fois à une fête je crois…

Il évoquait ce temps où Nathan et lui étaient amis.

-         Ouais, bougonna Léonie. M’étonnerait qu’elle se souvienne de nous mais bon.

-         Tu veux lui demander où il est maintenant ??? s’étonna Thomas.

-         Tu ne m’aides pas beaucoup là ! s’écria Léonie qui doutait déjà du bien fondé de ses pérégrinations.

-         C’est débile, comment pourrait-il avoir un lien avec le meurtre d’Alicia ? Ca fait des années qu’il est parti.

-         Je ne dis pas qu’il y a un lien avec lui, je dis qu’il en sait peut-être plus que nous sur sa vie privée.

Thomas ouvrit des yeux grands comme des soucoupes.

-         Tu plaisantes ? Elle n’avait pas de nouvelles, ça la faisait assez flipper, rappelle toi !

-         Elle ne nous a peut-être pas tout dit…

-         Alicia nous a toujours tout dit.

-         Ouais, railla Léonie. C’est pour ça qu’elle est morte dans un bois, en pleine nuit, sans nous laisser un mot, ni quoi ni qu’est-ce, chez elle…

Thomas ne répondit pas. Léonie marquait un point. La zone d’ombre sur la mort d’Alicia était épaisse mais de là à penser que Nathan Messager, parti depuis plus de trois ans on ne savait où, pouvait être impliqué dans cette ténébreuse affaire, il y avait une marge. Il stoppa la voiture devant chez Sybille sans ajouter un mot. Le raisonnement de Léonie pouvait être juste à la condition sine qua none qu’Alicia ait maintenu un contact avec Nathan, à l’insu de tous. Plus il y réfléchissait, plus il trouvait ça improbable.

-         Elle nous l’aurait dit, c’est obligé…

-         Ouais, dit Léonie en sortant de la voiture. Sauf que je l’avais avertie que je ne voulais pas le revoir en face de moi tant que je vivrais… Et elle m’a crue, alors elle aurait agi en douce, sachant que je réprouverai catégoriquement ses actes. Et comme elle n’en faisait qu’à sa tête à ce sujet… Je me souviens de ce qu’elle m’a dit un jour, avec beaucoup de calme et de détermination « S’il n’en reste qu’une pour ne pas l’enfoncer, je serai donc celle là ».

-         Au bout du compte, ça t’arrangerait presque qu’il l’ait tuée, avoue ! dit Thomas qui partageait plus ou moins secrètement le point de vue d’Alicia concernant Nathan.

-         Tu dis n’importe quoi ! s’épouvanta sa femme en secouant la tête. Tu crois que je le rechercherais si c’était le cas ? Franchement ?

-         Franchement oui, dit Thomas en souriant pour dédramatiser le ton de leur échange. Plus forte que la police, ma chérie !!! Trop forte !

Elle haussa les épaules mais ne fut pas insensible au compliment même teinté d’une once d’ironie.

Mila sortit à son tour de la voiture.

-         C’est impossible que Nathan ait tué Alicia, c’est n’importe quoi !

Thomas et Léonie échangèrent un regard effaré : ils oubliaient trop souvent les oreilles « capteuses » et l’esprit vif et intelligent de leur fillette qui suivait tout cela comme un feuilleton télé en live.

- C’est vrai, dit Thomas. C’est de la daube, cette histoire, t’as raison ma Gribouille.

Plume
par Plume publié dans : Les ailes de l'Ange
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