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Dimanche 2 novembre 2008

Le poison distillé, c'est ça :

Dans la douleur, on prend tout. On attrape, on étreint, on pleure et on trouve ça bien, humain. On fait du morse, on passe par la Corse pour arriver à Panama. On se nourrit d’autre énergie, on prend tout ce qui passe et on dit rien : encore, encore, ça fait du bien.  On paiera tout quand on y sera mais pour le moment, faut pas crever, c’est d’abord ça. On plante nos dents comme un vampire, tout fait ventre.  La bouteille d’oxygène, on la courtise, elle est bien conne de rester là, qu’elle gère aussi ceux qui prennent les éclats, ben c’est ça. On souffre tant qu’on devient rat. On déploie la grande panoplie, les yeux mouillés, les fausses amitiés. On veut juste que s’arrête cette souffrance de damné. Après on verra, on verra…

Dans le bonheur, on ne voit plus rien. On ironise, on stigmatise, on s’débarasse de ceux qui nous ont vu à la ramasse. On les oublie même s’ils trouvent ça bien dégueulasse. On s’en fout, eux c’est pas nous. On est guéri, c’est grâce à nous. Tant pis pour eux s’ils sont vidés, on n’a jamais eu rien à donner et on a pris comme un voleur. Qu’est ce que ça peut foutre, on n’a pas d’cœur. On l’avait pas dit ? Et ben tant pis. On s’gargarise, on est debout. Le prix que ça coûte, on s’en fout. C’est comme ça la vie, tu bouffes les autres et tu survis. Comme ça on est ragaillardi, on est fier d’être devenu tout seul un grand décisionnaire, on a gagné la guerre. Les pertes collatérales, c’est banal. La perf d’amitié, on la met au panier. Elle a servi à rien, on n’en a jamais eu besoin. De toute façon, c’était pas vrai. On en vient même à s’demander, si elle au fond c’est pas elle qui s’est servie et qui voulait son paradis.

Moi j’men fous tellement de tout ça. Ce que je donne, je l’reprends pas. Je savais ce que je faisais, j’en connaissais même la fin : le jour où tout irait bien, je s’rai plus bonne qu’à jeter aux chiens.

Z’aviez raison de vous méfier, j’ai juste fait ça pour occuper mon temps piétiné, pour que passe encore un automne et un été. J’attends rien d’autre que toi. Le vieux mage me l’a dit : il reviendra en attendant faites confiance à la vie. Alors j’essaie de faire du bien, pour mon coeur exsangue qui se vide chaque jour, en attendant qu’une pompe d’amour le regonfle un jour. Je donne parce que j’ai rien à recevoir, j’attends juste derrière mon miroir sans tain que son sourire me rende l’espoir…   



Plume
Par Plume - Publié dans : Griffesdeplume - Communauté : Les blogopotes de Cali
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